Lure (prononcé [lyʁ] ), également connue sous le nom de cité du sapeur, est une commune française située dans le département de la Haute-Saône, en Franche-Comté, dans la région administrative Bourgogne-Franche-Comté. Ses habitants sont appelés les Lurons. Elle est le siège de la communauté de communes du pays de Lure.
Troisième ville la plus peuplée du département après Vesoul et Héricourt et devant Luxeuil-les-Bains et Gray, et 12e de Franche-Comté, elle était la 1 175e ville de France en 2010.
Bien que les premières traces de civilisation datent de la fin de l'Antiquité, on s'accorde à faire remonter sa fondation, par le moine irlandais saint Colomban, à 610. Le Moyen Âge fut une sombre époque pour Lure ; la ville subit de nombreux pillages fréquemment accompagnés de destructions. Lure était une cité indépendante du comté de Bourgogne (Franche-Comté). En effet, son abbé était prince du Saint-Empire romain germanique soutenu et protégé par l'empereur et les princes de l'Empire. La cité changea souvent de protecteur mais il s'agissait principalement des comtes de Bourgogne ou des seigneurs lorrains. La ville fut rattachée à la Franche-Comté, lorsque cette dernière devint française sous Louis XIV, par les traités de Nimègue (1678 - 1679). Cette histoire tourmentée freina le développement de la ville qui, à plusieurs reprises, se retrouva très endettée. L'une des conséquences de la Révolution française aura été la dissolution de l'abbaye et la vente de son église comme bien national, ce qui mit fin à huit siècles de vie monastique.
Au XIXe siècle, la construction du chemin de fer de la ligne Paris - Mulhouse en 1858 et l'arrivée des entreprises venues d'Alsace-Lorraine permirent enfin à Lure de se développer tant économiquement que démographiquement et de passer du bourg rural et agricole à une ville moderne. Celle-ci est marquée par une désertification des services publics depuis la fin des années 1990. L'exploitation de granulats entre 1940 et 2018 a profondément marqué le paysage par la création d'une quinzaine de gravières-étangs et permis la création de vastes espaces de loisirs (pêche, cyclisme, activités nautiques, parc de jeux). L'activité économique repose essentiellement sur une grande usine de fabrication de panneaux en particules de bois pour meubles, alimentant notamment Ikea et sur une importante usine pharmaceutique vétérinaire, siège du groupe Vetoquinol.
Avec ses 7 877 habitants en 2023, Lure demeure prospère notamment grâce à une variété d'activités implantées à proximité d'un axe routier important. La ville est connue pour être la patrie du sapeur Camember, l'un des premiers personnages de la bande dessinée française.
Presque au pied des Vosges, à 80 km de Besançon et 30 km de Belfort, la ville de Lure se situe dans le département de la Haute-Saône, dans le nord-est de la Franche-Comté. À vol d'oiseau, Paris est à 333 km, Lyon à 248 km, Marseille à 494 km.
Les liaisons entre Lure, Vesoul et Luxeuil-les-Bains forment un triangle routier rapide et fréquenté. La ville est intégrée à un réseau de voies rapides et de grandes routes desservant l'Alsace et la Lorraine. L'autoroute A36 est à un peu plus de 40 km, en direction de Baume-les-Dames (sortie 5) au sud, mais elle est accessible plus rapidement par la voie express D 438 en se dirigeant vers le sud-est près de Montbéliard. L'autoroute A36 mène vers le sud à Besançon et vers le nord à Mulhouse. La ville est assez proche de la frontière franco-suisse : une soixantaine de kilomètres de Porrentruy et 180 km de Lausanne et distante d'environ 90 km de l'Allemagne. La gare ferroviaire de Lure est desservie par la ligne Paris - Mulhouse (dite aussi Paris-Bâle).
Roye et Magny-Vernois sont les deux seuls villages accolés à Lure. Le tableau ci-après présente les onze communes limitrophes de Lure.
Les communes limitrophes sont Bouhans-lès-Lure, Franchevelle, Froideterre, Frotey-lès-Lure, Magny-Vernois, Moffans-et-Vacheresse, Quers, Roye, Saint-Germain et Vouhenans.
Lure est construite sur le plateau de Haute-Saône, en bordure du plateau des Mille étangs, dans la dépression sous-vosgienne, à la frontière entre une dépression triasique et une dépression liasique. Localisée sur la vallée de l'Ognon, plus précisément dans ses synclinaux, la région luronne constitue la dépression de Lure. Dans le nord et l'est du territoire, le sol est constitué d'alluvions anciennes, provenant des Vosges, de type fluvioglaciaire (Fx) ont été exploitées comme granulats entre 1940 et 2018. Elles sont souvent recouvertes par des alluvions récentes (Fz) et des dépôts morainiques (Gx) déposées au Quaternaire sur l'espace du bassin de l'Ognon et sur les alentours de la Reigne, du Bourbier et du ruisseau Notre-Dame (Fz) — ces deux derniers se situant au nord-ouest des terres luronnes, en zone forestière —, ou plus en hauteur sur des terrasses (Fx). Des alluvions glaciaires sont également présentes entre le bassin de l'Ognon et les zones du nord-est correspondant aux bassins de deux ruisseaux. Certaines étendues sont constituées de grès et de marnes du Trias inférieur (t3-4, t5M, t5-6 et t6M). Très localement se rencontrent des placages d'éboulis.
Le 20 mai 1826, lors de l'ouverture d'une modeste carrière sur les flancs du mont Randon, quelques petits filons de houille appartenant au bassin houiller keupérien de Haute-Saône ont été découverts. Un ingénieur des mines du département a affirmé, après quelques examens, qu'il était nécessaire d'approfondir les recherches, ce que le conseil municipal fit. Cela n'a manifestement abouti à aucun résultat significatif. Ce gisement est exploité dans la proche concession de Vy-lès-Lure. Un autre gisement de charbon plus ancien, le bassin houiller stéphanien sous-vosgien, est découvert à plusieurs centaines de mètres de profondeur sous la ville et dans ses alentours, au début du XXe siècle. Il s'agit d'un prolongement du gisement exploité par les houillères de Ronchamp. Il y a donc superposition de deux gisements houillers de natures différentes, celui du Keuper (daté entre -220 et -230 millions d'années) qui repose sur la marne irisée et celui du Stéphanien, daté entre -307 et -299 millions d'années. Une tourbière était exploitée jusque dans les années 1910 dans la future rue Saint-Quentin.
L'espace urbain est bâti sur d'anciens marécages qui se sont asséchés au fil des siècles, ce qui explique que la nappe phréatique soit présente à 2 mètres environ sous la surface du sol. Lors des grandes canicules, il arrive qu'elle s'assèche partiellement, provoquant des mouvements de terrains. La nature du sol permet de cultiver la plupart des légumes tels que les tomates, courgettes, pommes de terre, salades, poireaux et autorise la culture d'arbres fruitiers tels que les pêchers, pommiers, châtaigniers, cerisiers, figuiers et autres.
La superficie de la commune est de 24,31 km2 ; son altitude varie de 284 à 353 mètres.
L'espace urbain est composé de plats et de vallons.
Dans le centre-ville et en descendant vers les étangs, au nord-nord-est, la topographie est relativement plane. Il y a quelques pentes très douces, presque imperceptibles, un peu avant la rivière Ognon. Toutefois, lorsqu'on s'approche de la RN 19, le terrain est de plus en plus pentu, que ce soit à proximité de la colline du Mortard, ou vers les extérieurs de la ville au nord. Lure est donc située dans une sorte de demi-cuvette à deux exceptions près. La première, la colline de l'hôpital, nommée mont Châtel, de forme oblongue, s'étend le long du chemin de fer qui coupe la ville sur près d'un kilomètre.
La seconde est le mont Randon. Il forme une élévation d'une vingtaine de mètres de hauteur sur une base longue, mais fine. La dénivellation y est importante. Au sud de cette élévation, le sol redevient très plat jusqu'à l'Ognon et bien plus loin que les étangs. La zone entre l'Ognon et le mont Randon est inondable.
En direction de Luxeuil-les-Bains, le terrain devient plus vallonné et l'altitude augmente de plusieurs dizaines de mètres après une plaine concave.