Luis Sepúlveda Calfucura, né le 4 octobre 1949 à Ovalle (Chili) et mort le 16 avril 2020 à Oviedo (Espagne), est un écrivain chilien.
Son premier roman, Le Vieux qui lisait des romans d'amour, traduit en trente-cinq langues et adapté au grand écran en 2001, lui a apporté une renommée internationale. Son œuvre, fortement marquée par l'engagement politique et écologiste ainsi que par la répression des dictatures des années 1970, mêle le goût du voyage (en visitant l'Amérique latine, l'Equateur, la Colombie et le Pérou) et son intérêt pour les peuples premiers.
Luis Sepúlveda naît le 4 octobre 1949 à Ovalle., de José Luis Sepúlveda, membre du Parti communiste chilien et propriétaire d'un restaurant, et d’Irma Calfucura, infirmière d'origine mapuche. Son grand-père, Gerardo Sepúlveda Tapia, également connu sous son nom de guerre de Ricardo Branco, est un anarchiste andalou exilé en Amérique du Sud pour échapper à une condamnation à mort.
Le lieu de sa naissance porte un premier signe de l’engagement politique familial : Luis Sepulveda naît à l’hôtel suite à une plainte déposée par son grand-père maternel fortuné contre son père pour des raisons politiques.
Le jeune Luis grandit entre Valparaíso avec son grand-père paternel et un oncle, tous deux anarchistes, qui lui inculquent l'amour des romans d'aventures de Cervantes, Salgari, Conrad et Melville, et Santiago, dans le barrio Vivaceta, quartier ouvrier de la capitale. Enfant, avant de se tourner vers les livres, il se passionne pour le football qu'il pratique au sein des Unidos Venceremos FC. Dans un article écrit à l'occasion de la Coupe du Monde 2014 pour le quotidien argentin Clarín, il raconte d'ailleurs comment il est devenu écrivain grâce au football. Il ponctue ainsi son texte: « La vie est une somme de doutes et de certitudes. J’ai un grand doute et une grande certitude. Le doute, c’est de savoir si la littérature aura gagné quelque chose de mon engagement dans l’écriture. Et la certitude, c’est de savoir qu’à cause de la littérature, le football a perdu un grand attaquant. »
Il milite très jeune dans les Jeunesses communistes, à partir de 1961, et soutient le gouvernement de Salvador Allende au début des années 1970. Étudiant, il est emprisonné par la dictature du général Augusto Pinochet et séjourne deux ans et demi à Temuco, au sein d'une prison pour opposants politiques :
« À la fin d’un procès sommaire du tribunal militaire, en temps de guerre, à Temuco en février 1975, au terme duquel je fus accusé de trahison de la patrie, conspiration subversive, et appartenance aux groupes armés, entre autres délits, mon avocat commis d’office (un lieutenant de l’armée chilienne) est sorti de la salle — nous sommes restés dans une salle à côté — et, euphorique, m’a annoncé que ça s’était bien passé pour moi : j’avais échappé à la peine capitale et j’étais condamné seulement à vingt-huit ans de prison. »
Dans son livre Le Neveu d'Amérique, publié en 1995, il raconte son expérience dans la prison, notamment les tortures qu'il a subies et les rencontres qu'il a faites.
En 1977, grâce à l'intervention d'Amnesty International, Luis Sepúlveda est libéré. Sa peine de vingt-huit ans de détention est commuée en huit années d'exil en Suède. En fait, le jeune homme va voyager et sillonner l'Amérique du Sud. Il séjourne en Équateur, où il fonde une troupe de théâtre dans le cadre de l'Alliance française ; puis au Pérou, en Colombie et au Nicaragua. En 1978, il partage pendant un an la vie des indiens shuars dans le cadre d'un programme d'étude pour l'UNESCO afin d'étudier l'impact de la colonisation sur ce peuple. Au Nicaragua, il s'engage dans la lutte armée aux côtés des sandinistes (il intègre en 1979 la Brigade Internationale Simón Bolívar). Après la victoire de la révolution, il travaille comme reporter.
À partir de 1982, Luis Sepúlveda s'installe en Europe, d'abord à Hambourg en Allemagne et y travaille comme journaliste, voyageant souvent en Amérique latine et en Afrique.
Il y vécut 14 ans, se maria avec Margarita Seven, avec qui il eut trois fils.
Il travaille avec Greenpeace de 1982 à 1987 sur l'un de ses bateaux d'où il coordonne différentes sections de l'organisme. L'écrivain s'établit ensuite à Gijon dans les Asturies avec sa première femme Carmen Yáñez. Il milite à la Fédération internationale des droits de l'homme. Il contribue par ailleurs à l'édition chilienne du Monde diplomatique.
Le 27 février 2020, Luis Sepúlveda est hospitalisé à l'hôpital universitaire central des Asturies à Oviedo en Espagne. Son épouse et lui sont diagnostiqués positifs au SARS-CoV-2. Il meurt le 16 avril 2020 des suites de la maladie.
1969 : Crónica de Pedro Nadie, contes
Los miedos, las vidas, las muertes y otras alucinaciones, contes
1989 : Mundo del fin del mundo (dédié à Radio Ventisquero)
1992 : Un viejo que leía novelas de amor
1998 : Diario de un killer sentimental