Ce Jour-là

Ludwig Beck

Général allemand

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Ludwig Beck est un général allemand, né le 29 juin 1880 à Biebrich et mort le 20 juillet 1944 à Berlin. Il est chef d'état-major adjoint de l'Armée de terre allemande (la Heer) de 1935 à 1938.

Il a toujours refusé d'adhérer au parti national-socialiste, bien qu'il ait d'abord approuvé les prises de position du parti contre le traité de Versailles et en faveur de la reconstitution des forces armées allemandes. Mais, à la fin des années 1930, il devient un opposant déterminé au parti et à la politique expansionniste du Troisième Reich. Il se suicide peu après l'échec du complot du 20 juillet 1944 contre Hitler, dont il était l'un des principaux instigateurs.

Né en 1880 dans la Ruhr, à Biebrich, actuellement dans la banlieue de Wiesbaden, alors capitale de la province de Hesse-Nassau, Ludwig Beck est éduqué dans la tradition d'une vieille famille d'officiers prussiens. Il est le fils de l'industriel Ludwig Beck (de) et de son épouse Bertha née Draudt.

Après avoir obtenu son diplôme à l'école de Wiesbaden, le jeune Ludwig Beck intègre le 12 mars 1898 le 15e régiment d'artillerie de campagne de l'armée prussienne à Strasbourg en tant que cadet. En 1899, il est diplômé de l'Académie militaire de Neisse. Le 18 août 1899, il est promu au grade de lieutenant.

En 1902 et 1903, toujours dans l'artillerie, il suit les cours de l'École de génie de Charlottenburg, avant de rejoindre de 1908 à 1911 l'Académie de guerre de Berlin. Pendant cette période, il est toujours rattaché à son régiment stationné à Strasbourg et à Sarrebourg. En mars 1912, il est nommé au Grand État-Major général à Berlin, puis le 1er octobre 1913 il est promu capitaine (Hauptmann).

Il sert sur le front de l'Ouest durant la Première Guerre mondiale. En 1914, il devient officier-major général en second du 6e corps de réserve. En 1916, il est nommé premier officier-major général de la 117e division et plus tard de la 13e division de réserve.

Fin 1916, il rejoint l'état-major général du Haut-Commandement allemand du groupe d'armées du Kronprinz. Le 18 avril 1918, il est promu au grade de commandant (Major).

Le 12 mai 1916, il épouse Amelia Pagenstecher qui meurt en couches en janvier 1917 à la naissance de leur fille Gertrude.

À l'issue de la guerre, il est maintenu au service de l'État-Major général (le Truppenamt) de la nouvelle Reichswehr, au format extrêmement réduit dans le cadre du traité de Versailles.

Entre 1919 et 1922, il exerce divers commandements, et travaille aux côtés du général von Seeckt. À compter du 1er octobre 1922, il devient commandant du 6e régiment d'artillerie à Münster (Westphalie). Un an plus tard, il reprend la direction des formations au commandement à l'ancienne académie militaire, tout en exerçant le commandement militaire du district VI, également à Munster. Puis, il est pendant quatre ans chef de l’état-major général (Generalstabschef) de l'armée du district IV à Dresde. Après sa promotion au grade de colonel (Oberst) le 1er février 1929, il commande le 5e régiment d'artillerie stationné à Fulda pendant deux ans à partir du 1er octobre.

En septembre et octobre 1930, toujours au 5e régiment d'artillerie, il prend la défense de trois de ses subordonnés qui étaient accusés au tribunal de Leipzig d'appartenir au parti national-socialiste, appartenance alors prohibée au sein de la Reichswehr. Il témoigne autant pour défendre ses subordonnés que pour faire admettre que l'appartenance au parti nazi n'était pas en désaccord avec les objectifs d'un militaire (contre le traité de Versailles). C'est à ce moment qu'il rencontre pour la première fois Hitler venu lui aussi témoigner en faveur de ces soldats.

Il commande avec Werner von Fritsch la 1re division de cavalerie, puis devient général en 1932 et remplace Wilhelm Adam à la tête du Truppenamt ou quartier général non officiel.

En 1933, il est affecté au Quartier général de la Reichswehr. Il devient chef d'état-major adjoint de l'Armée de terre allemande deux ans plus tard sous les ordres de Fritsch, commandant en chef de l’Armée de terre. Il prône le développement de l'arme blindée et soutient Heinz Guderian dans sa conception de la tactique de guerre qui emploie largement les blindés.

Il fait partie d'un groupe de rédacteurs au sein de l'armée réduite qui met au point un manuel d'opérations, la Truppenführung (ce manuel est encore la base de celui utilisé par l'armée), qui a été publié en 1933 et 1934. Il est aussi à l'origine d'une note en 1934 sur les manœuvres militaires blindées britanniques.

Il exerce une grande influence sur le corps des officiers car il est reconnu comme l'un des hommes qui rend son importance à l'armée, la Reichswehr s'approchant de l'illustre renommée de la Deutsches Heer (pour le corps des officiers).

Au moment de la prise du pouvoir national-socialiste, il note : « J'avais espéré depuis des années une révolution politique, maintenant mes vœux s'exauçaient. C'était le premier rayon d'espoir depuis 1918 ».

En juin 1934, contestant la politique agressive de Hitler, il tire la sonnette d'alarme. Il pense que l'armée n'est pas prête à faire face alors que les alliances en Europe isolent l'Allemagne. Le 29 juin 1934, Beck fait part au chancelier Hitler qu'il avait accepté le poste de chef d’état-major adjoint de l'armée de terre pour construire une armée puissante, mais pas en vue de conquérir des territoires.

Hitler lui rétorque : « une armée pour préparer la paix n'existe pas, elle n'existe que pour la conduite triomphante de la guerre ». Beck rappelle la promesse de Hitler à Hindenburg de ne pas entraîner le pays dans une nouvelle guerre et lui déclare qu'un nouveau conflit porterait sur plusieurs fronts et que l'Allemagne n'y survivrait pas. Le même jour au quartier général, Beck, apprenant de l'amiral Canaris que Hitler s'apprête à déclencher les purges de la Nuit des longs couteaux pour anéantir l'opposition au régime (dont le précédent chancelier Kurt von Schleicher et l’assistant de ce dernier, Ferdinand von Bredow, faisaient partie), fait avertir Schleicher de la menace, mais celui-ci n'en tient pas compte.

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