Ce Jour-là

Ludger Duvernay

Homme politique canadien

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Ludger Duvernay, né le 22 janvier 1799 à Verchères et mort le 28 novembre 1852 à Montréal, est un imprimeur, un éditeur, un journaliste, et un homme politique du Bas-Canada. Il est député à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada pour le Parti patriote, responsable de la publication du journal La Minerve et l'un des fondateurs de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.

Origines, enfance et formation

Du côté paternel, Ludger Duvernay est issu de la sixième génération de la famille Crevier-Duvernay. Son premier ancêtre en sol québécois était Christophe Crevier, arrivé en Nouvelle-France en 1639, accompagné par sa femme, Jeanne Énard. Boulanger de profession, Christophe Crevier s'installa rapidement sur une concession lui ayant été accordée à l'île Saint-Christophe, directement à l'embouchure de la rivière Saint-Maurice. De cette première souche familiale en Mauricie, les fils de Christophe s'établirent à Saint-François-du-Lac, au Cap-de-la-Madeleine et dans les environs de Montréal. C'est à cette dernière branche de la famille Crevier à laquelle se rattache Ludger Duvernay. Le patronyme Duvernay serait apparu une première fois comme surnom, en 1675, dans un acte de vente contresigné par le fils de Christophe, Jean-Baptiste. L'emploi du nouveau patronyme débuta alors ainsi.

La famille Crevier-Duvernay avait été active dans la traite des fourrures et le notariat. Ainsi, Jean-Baptiste Crevier sera un commerçant de fourrure dans la région de Montréal. Son petit fils, Jacques Crevier Duvernay reçut une commission de notaire royal de la part de l'intendant Gilles Hocquart en 1748. La charge se transmit ensuite au fils de Jacques, Pierre, qui pratiqua le notariat entre 1762 et 1801 sur la Rive-Sud de Montréal.

Du côté maternel, Ludger Duvernay est issu d'une famille de la « petite-noblesse » de la Champagne, en France. Le premier ancêtre maternel de Duvernay s'étant établi en Nouvelle-France était Étienne Rocbert de la Morandière, nommé garde-magasinier du magasin du roi à Montréal en 1690 et débarqué aussitôt pour y occuper ses fonctions. Rocbert de la Morandière mit ensuite sur pied une prospère maison de commerce et bénéficia d'une situation enviable sur le plan économique, héritage qu'il légua par la suite à ses fils, notamment Louis-Joseph, qui reprendra sa charge de magasinier du magasin du roi. Une des filles d'Étienne, Élisabeth Bégon, épousa un personnage important de la colonie, Claude-Michel Bégon de la Cour, lieutenant de vaisseau dans la Marine française qui était devenu gouverneur des Trois-Rivières en 1743. Élisabeth passa à la postérité pour ses relations épistolaires, dont les Lettres au cher fils, qui donnèrent un aperçu, à travers la correspondance, de la vie d'une laïque - fait rare - lors des dernières années du Régime français en Nouvelle-France. Le grand-père maternel de Ludger, François-Abel-Étienne Rocbert de La Morandière a pour sa part été lieutenant dans les troupes de la Marine, dirigeant un bataillon envoyé pour combattre Pontiac, en sa qualité de capitaine.

La famille Duvernay-Rocbert de La Morandière est établie dans le village de Verchères, sur la Rive-Sud de Montréal. Joseph-Marie Duvernay a uni son destin, en secondes noces, avec celui de Marie-Anne-Julie Rocbert de La Morandière, le 17 avril 1792, à Varennes.

Très peu de choses sont connues à propos de l'enfance de Ludger Duvernay. Son père, Joseph Crevier Duvernay, était à la fois cultivateur et maître-charpentier. Bien que la prospérité ne fut pas toujours au rendez-vous, il semble que le foyer réussissait à vivre dans une aisance relative. La famille Duvernay, comme toutes les familles de cultivateurs de l'époque, était soumise aux fluctuations de la demande du grain sur le marché impérial . Le début des années 1800 est relativement propice aux rendements, mais la chute des prix et de la demande des produits agricoles au début des années 1810 créent des conditions économiques bien plus difficiles pour les familles rurales de la vallée du Saint-Laurent.

Malgré la modestie dans laquelle évolue la famille, il semble que l'éducation était placée au premier rang des préoccupations des parents du jeune Ludger. Sa mère, Marie-Anne-Julie Rocbert de La Morandière, souhaitait ardemment que ses enfants puissent mener des carrières dans les professions libérales.

Il semble que le jeune Ludger reçut d'abord une éducation catholique assez rudimentaire auprès du curé de la paroisse Saint-François-Xavier de Verchères.

L'instituteur Labadie, une influence hâtive et un concours important pour la suite

En plus des cours rudimentaires qu'il reçoit de la part du curé du village, le jeune Duvernay bénéficie de l'enseignement d'un instituteur réputé du Québec d'alors, Louis Généreux Labadie.

Labadie était alors un instituteur de grand renom au Bas-Canada. En grande demande pour fonder et mener des écoles paroissiales, il fut instituteur dans de nombreuses villes telles que Rivière-Ouelle, Kamouraska, Berthierville, Saint-Eustache et Varennes. En dehors de ses activités d'enseignement, il rédigeait des poèmes patriotiques en l'honneur du roi George III et des gouverneurs de la colonie, ce qui lui valut le sobriquet d'« instituteur patriotique ».

L'instituteur, qui jouit d'une grande réputation à l'échelle du Bas-Canada, devient rapidement une référence en matière de pédagogie. C'est à Verchères, chez Ludger Duvernay qu'il trouve vraisemblablement un étudiant doué. Il est parfois noté que le seul véritable bagage intellectuel « scolaire » de Ludger se trouve dans l'enseignement de Labadie, et ce, malgré son caractère sommaire. En effet, le journal de l'instituteur démontre bien qu'il connaissait bien mal les règles de grammaire et de conjugaison du français écrit.

C'est probablement Labadie qui agit comme le plus grand partisan de l'introduction de Duvernay dans le monde de l'imprimerie. D'abord, il est vraisemblable que ce soit à l'école de l'instituteur que Duvernay se passionna pour la presse écrite. L'absence de livres, en raison de leur coût et de leur rareté, forçait l'enseignement de la lecture par le biais de journaux, moins coûteux et plus disponibles. Ensuite, Labadie encouragea son élève à se diriger vers le métier d'imprimeur. Selon ce dernier, l'imprimerie était la profession pour permettre à Duvernay de devenir « un homme de génie de Connaissance et de Lettre par la suite. Car dans cette vocation vous ne pouvez qu'être un homme éclairé ». En effet, le père de Ludger Duvernay était opposé à ce que son fils fasse l'apprentissage de l'imprimerie à Montréal, mais l'appui de l'instituteur Labadie achèvera de convaincre ce dernier, sinon, de taire son opposition.

Apprentissage de l'imprimerie au journal Le Spectateur

Ludger Duvernay effectue son apprentissage au journal Le Spectateur, fondé par Charles-Bernard Pasteur. Le journal, publié pour la première fois le 27 mai 1813, adopte généralement une tendance favorable envers le régime britannique, évoquant dans ses pages, à titre d'exemple, les exploits des troupes lors de la guerre de 1812. Au cours de son histoire, le journal changera de nom pour devenir à partir de 1815 Le Spectateur canadien puis The Canadian Spectator en 1820.

Dès le 3 juin 1813, une annonce est publiée dans ses pages concernant la recherche d'un nouvel apprenti à son imprimerie. Le propriétaire du journal ajoute quelques qualités aux considérations nécessaires pour le choix du nouvel employé : « On a besoin comme APPRENTI dans cette Imprimerie, d'une Jenne [sic] Garçon bien élevé et d'honnête famille. Il faut qu'il sache lire et écrire la langue Françoise ».

Ainsi, à l'âge de 14 ans, Ludger Duvernay est embauché comme apprenti dans l'imprimerie de Charles-Bernard Pasteur à l'été 1813. Le père du jeune homme, Joseph-Marie Duvernay, signe le contrat d'apprentissage engageant son fils vis-à-vis Pasteur malgré ses réticences. C'est dans cet atelier de Montréal qu'il apprendra les techniques de l'imprimerie de l'époque. Rapidement, il devient un élément essentiel au bon fonctionnement de la petite entreprise. Pasteur confie des responsabilités de plus en plus importantes à son jeune protégé. Duvernay devient la référence pour les questions d'impression en l'absence de Pasteur, ce qui semble témoigner de la confiance de ce dernier.

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