Lucien Hervé, né László Elkán le 7 août 1910 à Hódmezővásárhely en Hongrie et mort le 26 juin 2007 à Neuilly-sur-Seine, est un photographe d'architecture français.
Il est surtout connu pour sa collaboration avec Le Corbusier dont il est le photographe attitré.
En 1937, il obtient la nationalité française.
László Elkán est né le 7 août 1910 à Hódmezővásárhely en Hongrie, fils de Lajos Elkán, négociant en cuir, conseiller municipal, et de Nelly Ritscher.
Il se dit descendant d'une famille de banquiers juifs de la ville de Barcelone, qui subirent en 1492, l'Expulsion des Juifs d'Espagne. En 1918, a famille Elkán déménage à Budapest. Son père meurt le 3 mars 1920.
En 1920, il commence ses études de piano. Il part pour Vienne (Autriche) en 1928, où il s'inscrit en qualité d’étudiant en économie. Parallèlement, il suit des cours de dessin aux Beaux-Arts. En été 1929, rejoint son frère à Paris et fréquente assidûment les musées. À la fin de l’année, il regagne Budapest. Il retourne à Paris, en février 1930. Il est employé de banque.
En 1932, il travaille, comme représentant de modéliste puis comme modéliste lui-même pour des maisons telles que : Patou, Rochas, Lelong, Paquin, Worth, Schiaparelli, Molineaux, Lanvin, Chanel.
En juillet 1938, il commence à travailler avec Nicolás Muller, photographe hongrois, en qualité de rédacteur des textes des reportages photographiés pour Marianne Magazine. En septembre, à la suite des accords de Munich, Muller quitte la France.
En 1920, Il commence à pratiquer la lutte gréco-romaine parallèlement à beaucoup d’autres sports. En 1934, il est membre de l’équipe de France de volley-ball qui bat l’Allemagne en compétition officielle.
En 1939, après le départ de Muller, il devient lui-même reporter-photographe pour Marianne Magazine (pour raison de convenances, il conserve le nom Muller). Appelé sous les drapeaux, au cinquième régiment d’infanterie, il est photographe à l’armée sous les ordres du colonel de Lattre de Tassigny.
Le 4 juin 1940, il est fait prisonnier sur la plage de Dunkerque. Prisonnier de guerre à Hohenstein (Prusse-Orientale). Pendant sa captivité, il s’initie à la peinture. Porte-parole de la résistance au camp des prisonniers.
Le 2 février 1941, il est arrêté par la Gestapo pour ses activités de résistance à l’intérieur du camp. Il s’évade en septembre. Rejoint l’armée secrète à Grenoble. Responsable des ravitaillements des chantiers de haute montagne. À partir de fin 1941, appartient au maquis du Vercors. Il se fait appeler Lucien Hervé dans la Résistance.
En décembre 1943, il est appelé à Paris pour diriger l’activité clandestine du MNPGD (Mouvement national des prisonniers de guerre et des déportés).
En 1945, il travaille à la direction du MNPGD, tout comme François Mitterrand. Rencontre Deng Xiaoping, dont il dessine le portrait, aux congrès de fondation de la Fédération syndicale mondiale. Adjoint au président de la Croix-Rouge française. Secrétaire général de l’Association des prisonniers et déportés soviétiques en France,
En février 1946, il est envoyé par Georges Bidault en mission consulaire à Budapest, où il reste trois mois.
En 1947, il travaille épisodiquement comme affichiste de cinéma.
Il recommence à photographier puis est engagé par France Illustration pour couvrir la rubrique « Arts ». Parallèlement à la photographie, il rédige des articles sur des sujets artistiques. Travaille à Point de vue, Regards, Lilliput.
En 1949, il fait la connaissance du père dominicain Marie-Alain Couturier, qui le présente à Matisse.