Ce Jour-là

Louise d'Orléans (1812-1850)

Reine consort des belges

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Louise Marie Thérèse Charlotte Isabelle d'Orléans, née le 3 avril 1812 à Palerme (Sicile) et morte le 11 octobre 1850 à Ostende (Belgique), est une princesse française, devenue la première reine des Belges par son mariage en 1832 avec le roi des Belges Léopold Ier.

Ancêtre de la dynastie régnant sur la Belgique, Louise est également l'ascendante de l'actuel grand-duc de Luxembourg, du prétendant au trône d'Italie, ainsi que du prince Napoléon.

Membre de la maison d'Orléans par son père le roi des Français Louis-Philippe Ier, Louise est issue d'une fratrie de dix enfants élevés dans un esprit chaleureux en France à partir de 1817, lorsque son père revient définitivement à Paris. Elle grandit dès lors dans les diverses résidences royales. Sous la Restauration, les règnes de Louis XVIII et de Charles X, la popularité de Louis-Philippe s'accroît. À l'issue de la révolution de Juillet de 1830, ce dernier devient roi des Français.

Louise reçoit une éducation pieuse, rigoureuse et libérale dispensée selon les préceptes émanant de son père, hormis ceux inhérents à la religion, domaine qui relevait du champ de compétences de sa mère Marie-Amélie. Douée pour les arts, elle laisse quelques œuvres picturales de bonne facture, sans toutefois égaler le talent artistique de sa sœur Marie.

En 1832, elle épouse le roi des Belges Léopold Ier, un mariage politique, mais où la concorde règne entre les époux. Mère de trois enfants survivants : Léopold II, Philippe et Charlotte, sa santé s'altère prématurément. Sa volumineuse correspondance, notamment avec sa mère, la place au rang des épistolières et offre un témoignage de première main de la vie politique européenne de son temps.

Louise joue un rôle discret à la cour de Belgique, mais elle devient rapidement un efficace soutien pour le roi qui la consulte en raison de son entendement avisé des questions politiques et diplomatiques. Louise exerce, à plusieurs reprises, un rôle de facilitatrice dans divers mariages concernant sa fratrie. Au point de vue de ses idées, elle fait figure de progressiste en s'opposant à la peine de mort.

L'exil de son père après la révolution française de 1848 et sa mort deux ans plus tard en Grande-Bretagne, altèrent la santé déclinante de la reine qui meurt le 11 octobre 1850, à 38 ans, à Ostende. L'historiographie retient d'elle le surnom de « Reine bien-aimée ».

Ascendance et contexte familial

Louise d’Orléans, princesse du sang royal de France, est la fille aînée et le second des dix enfants de Louis-Philippe d'Orléans (1773-1850), duc d'Orléans, — futur roi des Français sous le nom de Louis-Philippe Ier en 1830 —, alors émigré en Sicile, et de son épouse la princesse Marie-Amélie des Deux-Siciles (1782-1866).

Par son père, Louise est la petite-fille de Philippe d'Orléans (1747-1793), dit « Philippe Égalité » qui vota la mort de Louis XVI et de la richissime Marie-Adélaïde de Bourbon, issue d'une branche légitimée. La mère de Louise, Marie-Amélie, est d'un rang plus élevé que son père puisqu'elle est fille du roi Ferdinand Ier des Deux-Siciles et de l'intrépide Marie-Caroline d'Autriche, sœur de Marie-Antoinette.

Comme l'écrit l'historien Olivier Defrance, si le mariage entre Louis-Philippe et Marie-Amélie, conclu à Palerme le 25 novembre 1809, n'est pas le résultat d'un « coup de foudre », il est toutefois célébré avec bonheur. Mia Kerckvoorde confirme que l'harmonie du couple persiste tout au long de leur mariage qui dure un peu plus de 40 ans.

En 1814, les parents de Louise reçoivent officiellement du roi Louis XVIII les apanages liés au titre de duc d'Orléans. Louise a un frère aîné, Ferdinand, duc de Chartres, puis duc d'Orléans (1810-1842) et huit frères et sœurs cadets : Marie (1813-1839), Louis, duc de Nemours (1814-1896), Françoise (1816-1818), Clémentine (1817-1907), François, prince de Joinville (1818-1900), Charles, duc de Penthièvre (1820-1828), Henri, duc d'Aumale (1822-1897) et Antoine, duc de Montpensier (1824-1890).

Entre Palerme, Twickenham et Paris

Louise naît à Palerme, le 3 avril 1812 à 11 h du matin. Elle est baptisée le lendemain à la chapelle palatine de Palerme ; ses parrain et marraine, absents à la cérémonie, sont le roi Louis XVIII et la duchesse d'Angoulême Marie-Thérèse de France, fille du roi Louis XVI. Elle est tenue sur les fonts baptismaux par son oncle maternel le prince héréditaire François de Sicile et sa femme Marie-Isabelle, en présence de sa grand-mère maternelle Marie-Caroline reine de Sicile, de son oncle maternel Léopold de Sicile et de sa tante paternelle Adélaïde d'Orléans.

Louise et les siens s'installent en France en juillet 1814 au Palais-Royal avant de devoir fuir de nouveau en raison du retour de Napoléon. En mars 1815, les Orléans partent donc s'établir outre-Manche à Twickenham, à l'Orleans House, sur les bords de la Tamise. Après la bataille de Waterloo et la nouvelle chute de l'Empire en juillet 1815, Louis-Philippe décide cependant de ne pas rentrer immédiatement en France. Durant cet exil volontaire, le prince attend l'évolution favorable et pérenne de la situation politique avant de revenir définitivement en France en avril 1817 où sa famille le rejoint le 15 août suivant, d'abord au palais royal, puis peu après au château de Neuilly.

Une éducation rigoureuse, mais libérale

À l'instar de ses frères et sœurs, Louise reçoit une éducation rigoureuse et libérale, calculée dans ses principes et la moindre de ses modalités par son père. Les enfants Orléans sont entourés d'affection chaleureuse. En famille, on se tutoie, signe d'intimité réelle, peu courante dans leur milieu. Les Orléans vivent dans une intimité souvent perçue comme « bourgeoise », notamment par l'aristocratie légitimiste qui s'étonne de leurs démonstrations d'affection mutuelle. Chacun a un surnom, celui de Louise étant : « Bobonne ». Bien que les enfants passent beaucoup de temps ensemble, leur différence d'âge engendre des regroupements : les quatre aînés (Ferdinand, Louise, Marie et Louis) forment un premier cercle. La proximité avec leurs parents s'exprime lors de petites fêtes célébrant les anniversaires et les fêtes patronales. Les enfants sont parfois invités à se produire sur une petite scène de théâtre improvisée au château de Neuilly ou au château d'Eu, afin d'illustrer des proverbes ou des maximes à caractère moral.

Marie-Amélie trouve beaucoup de satisfaction à être avec ses enfants : ils jouent en toute liberté, mais leur mère est constamment proche d'eux : c'est en compagnie de sa progéniture qu'elle se promène, monte à cheval ou prend des bains de mer. Cependant, Marie-Amélie et ses enfants doivent composer avec Madame Adélaïde, la sœur de Louis-Philippe et sa véritable égérie. Son frère débute habituellement sa journée en la consultant sur tous les sujets. Elle appartient à la « tribu » : Marie-Amélie a généreusement accepté la présence de cette « rivale » et les enfants lui sont attachés, bien qu'ils redoutent parfois son ingérence et son indiscrétion. À maintes reprises, Louise écrit : « N'en parlez à personne, et surtout pas à "ma tante"...!. »

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