Karen Louise Erdrich, née le 7 juin 1954 à Little Falls dans l'État du Minnesota, est une écrivaine américaine, auteure de romans, de nouvelles, de poésies, de critique littéraire et de littérature d'enfance et de jeunesse. Récompensée par de multiples prix dont le National Book Critics Circle Award for Fiction pour son premier roman Love Medicine (1984) ou le prix Pulitzer pour Celui qui veille (2021), elle l'une des figures les plus emblématiques du courant littéraire de la Renaissance amérindienne.
Louise Erdrich naît le 7 juin 1954 à Little Falls dans le Minnesota. Elle est la fille de Rita Gourneau Erdrich, une Ojibwa (famille des Chippewa) d'origine française, et de Ralph Erdrich, un Germano-Américain.
Elle grandit dans le Dakota du Nord, à Wahpeton, au pays des autochtones Chippewa ou Ojibwés, dans la Prairie, près de la frontière canadienne.
Ses parents travaillent au Bureau des affaires indiennes et enseignent en internat pour le Turtle Mountain Band of Chippewa Indians (en). Ils possèdent peu de livres mais l'emmènent souvent à la bibliothèque. Son père lui récite également des poèmes. Il lui donne en outre une pièce de cinq cents à chaque fois qu’elle écrit une histoire.
Parmi ses grands-parents, on relève Patrick Gourneau et Aza Erdrich. Le premier, grand-père maternel de l'autrice, maraîcher et membre du conseil de la réserve indienne de Turtle Mountain encourage, tout comme ses parents, son amour de la langue.
Louise Erdrich est l'aînée de sept enfants. Deux de ses sœurs sont également écrivaines : Lise Erdrich et Heid E. Erdrich (en) (née en 1963). Elle a quatre autres frères et sœurs : Mark, pharmacien ; Louis, ingénieur du service de santé indien, menuisier, vigneron et brasseur de bière ; Ralph David, infirmier gestionnaire du service de santé indien ; et la plus jeune, Angie, pédiatre du service de santé indien.
Après ses études secondaires, elle est acceptée par le Dartmouth College de 1972 à 1976. Elle fait partie de la première promotion de femmes admises à cet établissement universitaire. Au cours de sa première année, elle rencontre Michael Dorris, anthropologue, d'ascendance en partie Modoc, qui prend la direction du nouveau programme d'études amérindiennes. Alors qu'elle suit le cours de Michael Dorris, Louise Erdrich commence à s'intéresser à sa propre ascendance, ce qui inspirera son œuvre littéraire. Elle obtient le Bachelor of Arts en littérature anglaise.
Pendant ses études, elle occupe différents emplois dont serveuse et rédactrice pour le journal du Boston Indian Council, The Circle.
Après son diplôme du Dartmouth College, elle travaille au sein du programme Poets in the Schools du Dakota du Nord. Elle voyage à travers l'état pour parler de la poésie dans les écoles et les prisons.
En 1978, elle quitte son travail car elle est acceptée au sein du programme de Master of Arts à l'Université Johns Hopkins à Baltimore. Elle y écrit des poèmes et des histoires intégrant son héritage, dont beaucoup feront plus tard partie de ses livres.
Une fois son Master of Arts en poche, elle retourne au Dartmouth College en tant qu'écrivaine en résidence.
Louise Erdrich reste en contact avec Michael Dorris. Bien que ce dernier fasse des recherches en Nouvelle-Zélande alors que l'autrice vit à Boston, ils commencent à collaborer sur des nouvelles, dont une intitulée The World's Greatest Fisherman. La nouvelle remporte en 1982 cinq mille dollars au concours de fiction Nelson Algren. L'autrice déclare lors d'une interview : « Quand j'ai découvert le prix, je vivais dans une ferme du New Hampshire, près de l'université que j'avais fréquentée. J'étais presque fauchée (...). Ma mère tricotait mes pulls et tout le reste, je l'achetais dans les friperies (...). La reconnaissance m'a éblouie. Plus tard, je me suis lié d'amitié avec Studs Terkel et Kay Boyle, les membres du jury, envers qui je porte une gratitude éternelle. Ce prix a fait une immense différence dans ma vie ».
Louise Erdrich développe cette nouvelle pour en faire un roman, Love Medicine (1984), qui remporte le National Book Critics Circle Award for Fiction ainsi que le prix du meilleur roman décerné par le Los Angeles Times. La thématique est déclinée sur plusieurs romans indépendants renvoyant les uns aux autres, dans une suite qui comprend Le pique-nique des orphelins (1986), La forêt suspendue (1988) et Bingo Palace (1994). Les romans racontent la vie de quatre générations d'une famille amérindienne, « tissant ensemble leurs expériences, rêves, souvenirs et visions » ainsi que leurs efforts pour conserver leurs terres et leurs traditions. La série se termine avec Tales of Burning Love (1997), lauréat du Minnesota Book Award. L'action de ses romans se déroule principalement dans une réserve du Dakota du Nord entre 1912 et l'époque présente. Ils relèvent en partie du courant réalisme magique, avec une figure de trickster (fripon), et parfois du roman picaresque.
Louise Erdrich publie également en 1984 un recueil de poèmes intitulé Jacklight. Les poèmes du recueil sont centrés sur le conflit entre les cultures autochtones et non autochtones. Mais elle évoque également les liens familiaux et les légendes ojibwa.
En 1989, elle publie un second recueil de poésie, Baptism of Desire, qui évoque la spiritualité et une forme hybride de religion, mi-catholique mi-autochtone telle que l'a vécue enfant. Certains poèmes, que Louise Erdrich a rédigés enceinte, parlent également de la maternité et des enfants.
En 1991, Louise Erdrich et Michael Dorris, après avoir rédigé un certain nombre de textes ensemble, notamment des contes domestiques sous le pseudonyme commun de Milou North, publient un roman appelé La Couronne perdue. Le livre raconte l'histoire d'amour d'un couple parti en quête de vérité sur la vie de Christophe Colomb.
En 1998, L'Épouse antilope, son premier roman après son divorce avec Michael Dorris, est également le premier de ses romans à se dérouler en dehors de la continuité des livres précédents. Le livre lui vaut sa troisième nomination au National Book Award. Elle est également lauréate du prix world fantasy. Elle révisera ensuite l'histoire qui sortira sous le titre The Antelope Woman en 2016.
Elle publie ensuite Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse (2001), qui sera finaliste du National Book Award et lauréat du Minnesota Book Award, et La chorale des maîtres bouchers (2003). Les deux romans ont des liens géographiques et de caractère avec sa série de romans consacrée à la vie d'une famille amérindienne dans la réserve indienne Ojibwe du Dakota du Nord.