Louise Catherine Breslau, nom francisé de Maria Luise Katharina Breslau, née à Munich le 6 décembre 1856, et morte le 12 mai 1927 dans le 16e arrondissement de Paris, est une peintre allemande naturalisée suisse.
Également pastelliste et lithographe, elle produit surtout des portraits, souvent féminins, et des scènes intimistes, mais aussi des natures mortes. Elle fait partie des quelques femmes artistes parvenant à une grande notoriété en France à la fin du XIXe siècle.
Louise Breslau est née à Munich (Allemagne) le 6 décembre 1856 et passe son enfance en Suisse à Zurich et sa vie adulte à Paris. Asthmatique, Louise Breslau se tourne, enfant, vers le dessin pour l’aider à passer le temps alors qu’elle est confinée au lit.
Louise Breslau est élevée dans une famille bourgeoise. Son grand-père, Heinrich von Breslau (1784-1851), est un médecin militaire, professeur à l'université de Munich, chevalier de la Légion d'Honneur - récompense qui est également décernée à Louise, plus tard, en 1901 - et son père, Bernhard Breslau (1826-1866) est un obstétricien et gynécologue respecté à Zurich.
La Suisse devient la terre d'accueil de la famille Breslau lorsque son père accepte le poste de professeur et de médecin-chef du service d’obstétrique et de gynécologie à l’université de Zurich en 1858. Son père meurt soudainement le 31 décembre 1866 d’une infection staphylococcique contractée en effectuant une autopsie.
Après la mort de son père, Louise Breslau est envoyée dans un couvent près du lac de Constance dans l’espoir d’alléger son asthme chronique. Ses talents artistiques se seraient éveillés au cours de ses longs séjours au couvent.
En 1874, elle entre à l'école du portraitiste suisse Eduard Pfyffer, à Zurich, où elle se lie d'amitié avec une autre future grande artiste, Ottilie Roederstein, ainsi que la jeune peintre Marie Bertuch. Puis, à 19 ans, Louise Breslau comprend qu’elle doit quitter la Suisse si elle veut réaliser son rêve d’étudier sérieusement l’art et part à Paris avec sa mère Katharina Frein qui la soutient (« Je pressentis tout de suite qu'à Paris, je trouverais les moyens d'apprendre »).
Les débuts de sa carrière à Paris
À cette époque, l'École des Beaux-Arts de Paris n'accepte ni les femmes, ni les étrangers. À 20 ans, elle choisit d'intégrer l'académie Julian, très réputée, qui propose dès 1876 un cours ouvert aux artistes féminines. Maria Luise serait la première femme à entrer à l'Académie « vêtue », c'est-à-dire pas en tant que modèle.
À l’académie Julian, elle obtient rapidement l’attention des professeurs, particulièrement celle de Tony Robert-Fleury. Elle étudie dans le même cours que Marie Bashkirtseff, avec qui elle est rivale, dans le contexte d'un monde de l'art où les femmes sont peu nombreuses à être reconnues, avec des exceptions comme Louise Abbema, Rosa Bonheur, Mary Cassatt, Suzanne Valadon, Berthe Morisot, etc. Comme Breslau, Marie Bashkirtseff accède rapidement à la notoriété, mais l'artiste ukrainienne disparaît à l'âge de 26 ans.
Louise Breslau côtoie également l'artiste Amélie Beaury-Saurel, future épouse de Rodolphe Julian, grande pastelliste féministe éprise de liberté qui dirigea plus tard l'Académie. L'école accueille d'autres jeunes artistes étudiantes comme Magdeleine Real del Sarte, Marie Delsarte, Anna Klumpke, Agnes Goodsir, Jenny Zillhardt et sa sœur, Madeleine Zillhardt.
En 1879, Louise Breslau est la seule étudiante de l’atelier des femmes de l’académie Julian à faire ses débuts au Salon de Paris avec Tout passe, un portrait de la chanteuse italienne Maria Feller. Elle emménage avec cette dernière, qui fut également modèle de sa camarade et amie irlandaise Sarah Purser, et la Suissesse Sophie Schaeppi.
Breslau ouvre, très jeune, son propre atelier. Dès lors, elle contribue régulièrement au Salon annuel où ses portraits et ses scènes intimistes obtiennent des médailles.
En 1880, elle peint Portrait de Henry Davison, son ami poète, fils de la pianiste Arabella Goddard et du journaliste britannique James William Davison (en). Elle effectue également son premier séjour en Bretagne, où elle fait la connaissance de Jules Breton.
En 1881, à 25 ans, elle décide de franciser son nom en « Louise Catherine », signant dorénavant souvent ses œuvres « LCB ». Elle présente Le portrait des amies au salon de 1881 où elle se représente avec Maria Feller et Sophie Schaeppi. Cette œuvre fait d'elle, selon le critique d'art Ernest Heschedé, « une des victorieuses du salon de 1881 ». Elle collabore également à la revue des impressionnistes, La Vie moderne, dans laquelle Alphonse Daudet reproduit ses œuvres de 1881 à 1883.
En 1883, elle peint le Contre-jour, également appelé le Thé de cinq heures, influencée par Édouard Manet.
Grâce à l'accueil favorable de ses œuvres au Salon tant par le public que la critique, Louise Breslau reçoit de nombreuses commandes de clients parisiens fortunés.
L'un des premiers est l'homme de presse français Fernand de Rodays, qui lui passe commande en 1882 du portrait de sa fille, Isabelle de Rodays, tableau qui sera exposé au Salon de Paris de 1883, peint en quatorze jours. La même année, le musée des Beaux-Arts de Genève achète Portrait des amies, qui la représente dans son appartement parisien de l'avenue des Ternes (17e arrondissement) avec Sophie Schaeppi et Maria Feller, toile auparavant exposée à la Royal Academy of Arts de Londres et à l'Exposition nationale suisse de Zurich.