Louise Arbour, née le 10 février 1947 à Montréal, est une avocate, juriste, fonctionnaire internationale et femme d'État canadienne.
Avocate de formation, elle est procureur en chef du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie et du Tribunal pénal international pour le Rwanda, puis devient juge à la Cour suprême du Canada. Entre 2004 et 2008, elle est Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme. De 2017 à 2018, elle est la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour les migrations.
Le 5 mai 2026, le premier ministre, Mark Carney annonce sa nomination comme 31e gouverneure générale du Canada, fonction qu'elle exerce à partir du 8 juin suivant.
Issue d'une famille bourgeoise, ses parents étant propriétaires d'une chaîne d'hôtels, Louise Arbour reçoit son éducation primaire et secondaire à la Congrégation Notre-Dame du Collège Regina Assumpta, une école privée tenue par des religieuses. Durant ses études, elle dirige le journal de l'établissement, où elle se fait remarquer pour son irrévérence. Elle obtient un baccalauréat ès arts à l'Université de Montréal en 1967, suivi d'une licence en droit (LL.L.) avec la mention « Distinction » en 1970. C'est durant cette même année qu'elle entre comme avocate au barreau du Québec. Les deux années suivantes, elle est commise aux affaires légales pour le juge Louis-Philippe Pigeon à la Cour suprême du Canada, tout en complétant des études en Common Law canadien à l'Université d'Ottawa. Le Barreau de l'Ontario l'accueille en 1977.
De 1974 à 1987, Louise Arbour est officier de recherche pour la Commission de réforme du droit du Canada. Elle est aussi professeure adjointe et doyenne adjointe de la Osgoode Hall Law School à Toronto, où elle avait déjà été professeure adjointe, puis associée, de 1972 à 1973.
Elle est nommée juge à la Cour suprême de l'Ontario en 1987 ; elle est la première femme francophone à accéder à un tel poste. En 1990, elle est nommée juge à la Cour d'appel de l'Ontario.
En 1995, elle est nommée présidente d'une commission d'enquête ontarienne sur l'émeute survenue à la prison des femmes située à Kingston en Ontario. Le résultat du travail de cette commission (le rapport Arbour) entraine la fermeture de la prison en 2000.
En 1996, elle est nommée procureur général du Tribunal pénal international pour le Rwanda et du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. Son travail consistait à superviser le travail de ces deux tribunaux créés par les Nations unies. Pendant cette période, elle publie des textes sur les procédures criminelles, les droits de l'homme et les libertés civiles, tant en anglais qu'en français.
En 1997, dans le cadre de ses activités pour le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, elle accuse la France de « traîner les pieds » en Bosnie-Herzégovine en évitant d'arrêter les criminels de guerre.
Elle accuse le président de la Serbie, Slobodan Milošević, de crimes de guerre le 22 mai 1999 mais cela n'est rendu public que le 27 mai 1999.
Juge à la Cour suprême du Canada
Le 26 mai 1999, elle est nommée par le premier ministre Jean Chrétien juge à la Cour suprême du Canada (décret 1999-0941). Elle entre en fonction le 15 septembre 1999, succédant au juge Peter Cory. Cette année-là, elle reçoit 17 doctorats honoris causa, et en recevra dix autres les années suivantes. Elle quitte ce poste le 30 juin 2004.
Haut-Commissariat aux droits de l'homme
Le 20 février 2004, Louise Arbour est nommée haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, poste qu'elle occupe à compter du 1er juillet 2004. Elle remplace Sérgio Vieira de Mello, tué dans un attentat à Bagdad (Irak). En juillet 2006, dénonçant les attaques d'Israël contre le Liban, elle fait l'objet d'une campagne ayant pour objectif sa démission de ses fonctions onusiennes; ce qu'elle a fait le 30 juin 2008.
Elle participe à la « Conférence internationale sur les droits humains des LGBT » à Montréal le 29 juillet 2006, et joue un rôle important dans l'adoption de Déclaration de Montréal sur les droits humains des LGBT. Elle influence aussi fortement l'établissement des principes de Yogjakarta.
Louise Arbour démissionne de ses fonctions le 30 juin 2008. Contestée de toutes parts par les principaux gouvernements occidentaux et quelques pays émergents, elle avait déjà annoncé au printemps précédent son intention de quitter le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. Au cours de son mandat, elle émet plusieurs critiques à l'endroit de certains gouvernements, qui cherchent selon elle à contrôler, par leur politique, le Haut Commissariat. De plus, elle déplore vivement l'attitude des États-Unis dans leur lutte antiterroriste ainsi que dans le conflit entre l'État de Palestine et Israël. Elle critique également l'impunité dont jouit le régime de Paul Kagame malgré ses implications dans les violences et crimes de guerre au Congo. Enfin, elle fait du conflit au Darfour son cheval de bataille. Navanethem Pillay lui succède.
Gouverneure générale du Canada
Le 5 mai 2026, elle est annoncée comme étant la prochaine gouverneure générale du Canada. Elle succède à Mary Simon le 8 juin.