Ce Jour-là

Louise-Bénédicte de Bourbon-Condé

Noble française

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Anne-Louise-Bénédicte de Bourbon-Condé, dite Mademoiselle d'Enghien puis Mademoiselle de Charolais, est née le 8 novembre 1676 à l'hôtel de Condé puis est décédée le 23 janvier 1753 à l'hôtel du Maine. Fille d'Henri-Jules de Bourbon-Condé, prince de Condé et fils du Grand Condé, et d'Anne de Bavière, elle est une princesse du sang. Elle devient duchesse du Maine puis princesse de Dombes par son mariage avec Louis-Auguste de Bourbon, fils légitimé du roi Louis XIV et de la marquise de Montespan. Elle participe à la conspiration de Cellamare et est de fait incarcérée. Elle est renommée pour les salons intellectuels qu'elle tient chez elle.

Louise-Bénédicte de Bourbon-Condé est née dans la journée du 8 novembre 1676 à l'hôtel de Condé. Elle est la huitième enfant d'Henri-Jules de Bourbon-Condé, fils unique du « Grand Condé » et devenu à sa mort cinquième prince de Condé, et de son épouse Anne de Bavière, fille cadette d'Édouard du Palatinat. Elle reçoit alors le prénom de sa tante maternelle, Bénédicte-Henriette du Palatinat. Elle est élevée à l'hôtel de Condé avec ses nombreux frères et sœurs, endurant les sévères crises de démence de leur père, très fortement atteint de lycanthropie. Il se montre ainsi extrêmement brutal et violent envers sa femme, ses enfants et ses domestiques.

À la cour, la jeune fille est d'abord surnommée « Mademoiselle d'Enghien » et porte le titre d'Altesse Sérénissime puisqu'elle est une princesse du sang. Lorsqu'elle est âgée de neuf ans, son père reçoit le comté de Charolais. Elle est alors surnommée « Mademoiselle de Charolais ». En raison de sa petite taille, alors la caractéristique commune des membres de sa famille, et de son apparence plutôt soignée, elle est surnommée « poupée du sang » par sa belle-sœur, Mademoiselle de Nantes, alors jalouse de sa naissance. Bien qu'ayant un bras quelque peu estropié, elle est par ses contemporains souvent considérée comme étant la plus belle fille du prince.

On proposa tout d'abord à la princesse d'épouser le jeune comte de Vermandois, le fils légitimé du roi Louis XIV et de sa maîtresse Louise de La Vallière. Cependant, le jeune homme meurt en exil en 1683. Le roi organise alors des mariages de certains de ses enfants légitimés avec des princes du sang, c'est ainsi le cas pour le duc de Chartres qui épouse Mademoiselle de Blois en 1692 ou encore le duc d'Enghien, le propre frère de Louise-Bénédicte, qui épouse Mademoiselle de Nantes en 1685. La jeune fille épouse ainsi Louis-Auguste de Bourbon, le 19 mai 1692 dans la chapelle royale de Versailles. Il est un fils légitimé du roi et de la marquise de Montespan.

Louise-Bénédicte est alors âgée de quinze ans et son époux de vingt-deux ans. Ce mariage n'est pas heureux, le couple ne s'appréciant pas. Cette dernière trouve son époux faible et abhorre son manque d'ambition. Quant à lui, il n'apprécie guère son caractère exécrable et ses nombreuses tentatives dans le but de l'humilier à la cour. Elle le surnomme « Gambillard » en raison de son boitement. Venant d'une famille profondément marquée par la folie, elle menace souvent le duc de devenir folle s'il ne se montre pas conciliant avec elle. Malgré ces vives tensions, les époux eurent ensemble sept enfants, mais la plupart moururent en bas âge ou sans postérité :

N… de Bourbon, dite Mademoiselle de Dombes (11 septembre 1694 - 15 septembre 1694) ;

Louis-Constantin de Bourbon, titré prince de Dombes (17 novembre 1695 - 28 septembre 1698) ;

N… de Bourbon, dite Mademoiselle d'Aumale (21 décembre 1697 - 24 août 1699) ;

Louis-Auguste de Bourbon, futur prince souverain de Dombes ;

Louis-Charles de Bourbon, futur prince souverain de Dombes ;

Charles de Bourbon, titré duc d'Aumale (31 mars 1704 - septembre 1708) ;

Louise-Françoise de Bourbon, dite Mademoiselle du Maine.

Afin d'échapper à la monotonie de la cour de la pieuse Madame de Maintenon, épouse secrète du roi Louis XIV, la duchesse du Maine crée une petite cour au château de Sceaux, acheté par le duc du Maine au marquis de Seignelay, le fils de Jean-Baptiste Colbert, pour neuf-cent-mille livres. La duchesse dépense quatre-vingt-mille livres supplémentaires pour l'ameublement et la décoration du château et elle s'y installe en décembre 1700. En 1703, afin de se divertir, elle créé l'ordre de la Mouche à miel, une parodie d'ordre de chevalerie, qui rassemble trente-neuf membres. Tous portent une robe brodée de fils d'argent, une perruque en forme de ruche ainsi qu'une médaille gravée au profil de Louise-Bénédicte. L'ordre est donc créé le 11 juin 1703.

L'abeille est leur symbole et est accompagnée de cette devise : « Piccola si, ma fa pur gravi le ferite » (« Elle est petite, mais fait de graves blessures »). De célèbres philosophes, artistes, écrivains et politiciens du XVIIIe siècle en sont ainsi membres comme Fontenelle, Montesquieu, Jean-Baptiste Rousseau ou encore Voltaire. En 1710, elle organise le mariage de sa sœur Marie-Anne avec le duc de Vendôme en son château de Sceaux. La duchesse souhaite alors, pour ses intérêts, un mariage sans descendance afin qu'elle ou ses enfants puissent hériter de la fortune et des domaines du duc. En effet, à trente-six ans Marie-Anne est considérée comme ayant dépassé l'âge de procréer, et le duc est homosexuel. Elle meurt alors sans descendance en 1718.

La duchesse du Maine est une bonne danseuse dans sa jeunesse. Elle joue aussi du clavecin, de la flûte et sait chanter. Elle sera également initiée aux sciences par Jean de La Bruyère lors de sa jeunesse. Sa bibliothèque, dont l'inventaire est dressé par le libraire parisien Louis Étienne Ganeau, rassemble plus de trois-mille ouvrages, dont cinquante-huit volumes dépareillés du Journal de Trévoux, trente romans brochés, des paquets de brochures et d'œuvres mises en musique, et des manuscrits de prière sur vélin. Elle est ainsi estimée à plus de quatre-mille-sept livres. Comme elle souffrait de terribles insomnies, elle obligeait parfois ses proches, et des intellectuels qu'elle recevait, à l'occuper durant la nuit.

Dans les années 1705 et 1706, la duchesse du Maine organise des bals masqués à l'occasion de Mardi gras. Souffrant d'insomnies, elle a ainsi l'idée d'organiser des grands divertissements et demande à son voisin, Nicolas de Malézieux, ancien précepteur du duc de s'en charger. En effet, il en avait déjà organisé de somptueux en sa seigneurie de Châtenay en 1699. Il écrit de nombreuses pièces, qu'il joue en compagnie de la duchesse. Les fêtes se succèdent donc en le château de Clagny, la résidence de Versailles du seigneur et en le château de Sceaux. Les Grandes Nuits de Sceaux ont lieu entre avril 1714 et mai 1715. En décembre 1714, l'opéra Les Amours de Ragonde de Jean-Joseph Mouret est ainsi créé pour ces grandes réceptions.

Nicolas Bernier crée également des cantates, intitulées Les Nuits de Sceaux. D'autres artistes, comme François Colin de Blamont ou Thomas-Louis Bourgeois y participent. Les festivités ne vont reprendre qu'en mai 1722 avec des vers de Malézieux qui sont mis en musique par Pierre Nicolas Marchand, des illuminations au Pavillon de l'Aurore, puis, même plus grandioses entre 1729 et 1731, des illuminations, feux d'artifice et pièces de théâtre. Elle fait jouer La Prude à Sceaux en 1748. Voltaire, à la suite d'une embrouille, ne reviendra au château de Sceaux que durant l'année 1750 pour la représentation de La Rome sauvée, qu'il donnait aussi à Paris.

Dans son testament, le roi Louis XIV accordait à son fils, le duc du Maine, le rang de prince du sang, ce qui le plaçait dans la ligne de succession au trône, et faisait de lui le régent de France dans l'attente de la majorité du jeune roi Louis XV. Cela dit, à la mort du monarque en 1715, le Parlement de Paris fait casser le testament faisant du duc d'Orléans, fils de Philippe d'Orléans, le régent de France. Profondément contrariée par cette décision qui réduisait leur rang et qui éclipsait leur famille du pouvoir, Louise-Bénédicte persuade alors son époux de participer à la conspiration de Cellamare dans l'espoir de transférer la régence au roi Philippe V. Afin d'avoir plus de soutien, la duchesse du Maine écrit au Premier ministre espagnol, Giulio Alberoni.

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