Louis de Potter, né le 26 avril 1786 à Bruges et mort le 22 juillet 1859 dans la même ville, est un journaliste, historien, homme d'État et révolutionnaire belge.
Il est demeure une personnalité notoire en Belgique pour avoir été emprisonné et exilé à la suite de son engagement et de ses écrits concernant la liberté de la presse, la responsabilité ministérielle et l’indépendance du pouvoir judiciaire dans le Royaume uni des Pays-Bas de Guillaume Ier dès 1828.
En 1830, il revient sur ses terres après le déclenchement de la révolution belge et, à son arrivée le 28 septembre 1830, il prononce un discours depuis le balcon de l’hôtel de ville de Bruxelles, resté célèbre pour avoir initié la future déclaration d'indépendance de la Belgique. Républicain convaincu, il s'oppose au projet du Congrès national de faire de la Belgique une monarchie et se retire petit à petit de la politique belge dès 1831.
Il est l’auteur de plus d'une dizaine d’ouvrages, dont le principal est « l’Union entre Catholiques et Libéraux » extrait de sa fameuse Lettre à mes concitoyens belges.
Louis Antoine Joseph de Potter de Droogenwalle nait le 26 avril 1786 à Bruges, alors située dans les Pays-Bas autrichiens. Il est le fils de Marie-Catherine Maroucx d'Opbrakel et de Clément Pierre de Potter de Droogenwalle, membre d'une ancienne famille aisée issue d'une lignée de Bruges et des villages de Keyem, Dixmude, Tourhout et Heule. Cette famille est alliée aux Maroucx, Van Oeye, Logghe, de Cupere, de Costere, de Pachtere, le Gillon, van Caloen, Odevaere, Brialmont.
Louis de Potter a une enfance mouvementée deux émigrations de ses parents. Proscrits comme Joséphistes, ils cherchent asile en France, puis revenus à Bruges après la révolution brabançonne, il émigrent en Allemagne jusqu'à l'époque du Consulat lorsque la Première République française annexe les anciennes provinces belges.
Au retour de ses parents en Belgique, il suit des études à Bruges puis à Bruxelles dans des institutions privées, mais peu satisfait de l'instruction qu'il avait reçue, il décide d'approfondir les langues anciennes et de s'initier en même temps à quelques langues vivantes. Autodidacte, ses goûts le portèrent aussi vers l'étude de l'histoire et de la politique.
Sur l'avis de ses médecins qui lui conseillent un changement de climat, il part pour l 'Italie en 1811 et vit d'abord à Rome pendant dix ans, puis à Florence pendant deux ans de 1822 à 1823.
A Rome, il eut l'occasion de parfaire sa formation classique et d'approcher des savants et des artistes.
En 1816, il fit paraître son premier ouvrage historique : Considérations sur l’histoire des principaux conciles depuis les apôtres jusqu’au Grand Schisme d’Occident. La préface de l'ouvrage permet déjà de discerner la position qu’il occupera plus tard sur la scène politique en dévoilant les aspects de l’actualité belge et française.
En 1818, grâce à son amitié avec Pierre-Joseph Meeûs, il devient l'un des fondateurs de la Société civile Meeûs, fondatrice de la première usine à gaz du continent européen. Elle était basée rue Saint-Roch à Bruxelles.
En 1821, il compléta ce premier travail par un autre ouvrage, en six volumes : L’Esprit de l’Église ou Considérations sur l’histoire des conciles et des papes, depuis Charlemagne jusqu’à nos jours.
À Rome, il fait la connaissance de la peintre Matilde Malenchini, de seize ans son aînée, avec qui il a une relation, partageant avec elle, de 1817 à 1820, une maison chez son compatriote, le peintre François-Joseph Navez. Ils vécurent ensemble à Florence de 1821 à 1823. Celle-ci réalisa son portrait, aujourd’hui dans la Collection d’Art flamande.
À Florence, il a accès à la bibliothèque de la famille Ricci et aux archives de l'évêque Scipione de' Ricci qui lui permirent de réunir les matériaux d’un troisième ouvrage
Vie de Scipion de Ricci, évêque de Pistoie et de Prato publié en 1825 et qui est immédiatement traduit en allemand et en anglais. L'objectif de l’auteur est la glorification du joséphisme, la justification des réformes accomplies en Toscane sous les auspices du grand-duc Léopold, frère de Joseph II. L'ouvrage fait sensation sur la scène des lettrés, mais aussi auprès des politiciens. Son « scepticisme voltairien », ainsi que ses propos violents dénonçant les abus de l’Église, démontrant sa position anticléricale, firent scandale
En 1823, Louis de Potter doit rentrer à Bruges en raison de la santé de son père. Après la mort de ce dernier en 1824, il s'installe à Bruxelles avec sa mère.
Opposé à l'Empire français, il est disposé à accepter l'union du nord et du midi des Pays-Bas réunis sous le sceptre de Guillaume Ier. « Je remercie le sort, écrivait-il, de ce qu’il m’a destiné à vivre sous des institutions libérales, qui, par des principes de modération et d’équité, ne mettent aucune barrière à la pensée... ».
Matilde Malenchini le rejoint à Bruxelles. Leur maison devient un lieu de rencontre pour les expatriés italiens et les réfugiés politiques. Il organise des cours de peinture avec François-Joseph Navez. Après avoir tenté, en vain, d’obtenir une annulation de son mariage auprès de la Curie, Matilde Malenchini s’impatiente et voyage sans interruption, avant de retourner à Florence. Frustré de ne pouvoir se marier, de Potter décide de mettre fin à leur relation en 1826.