Ce Jour-là

Louis de France (1729-1765)

Dauphin de France de 1729 à 1765

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Louis de France, dauphin de France, né le 4 septembre 1729 au château de Versailles et mort le 20 décembre 1765 au château de Fontainebleau, est un prince français membre de la maison de Bourbon. Fils aîné du roi Louis XV et de son épouse la reine Marie Leszczynska, il est dauphin de France de sa naissance à sa mort.

Mort avant son père, il ne sera jamais roi mais est le père de trois rois de France : Louis XVI, Louis XVIII et Charles X. Homme cultivé et pieux, il est perçu comme un modèle à suivre pour beaucoup de ses contemporains.

Louis XV, marié en 1725 alors qu'il a à peine quinze ans, mais montrant un enthousiasme certain à remplir ses devoirs conjugaux, est père très tôt. Dès 1726, la reine est enceinte, la déception est grande car elle ne met pas au monde le fils attendu, mais des jumelles, Élisabeth et Henriette. Le jeune roi amoureux et galant fait taire les mauvaises langues en affirmant : « On avait dit que je ne pouvais pas avoir d'enfant, eh bien j'ai fait coup double ».

Peu de mois après, la reine de nouveau enceinte, donne encore une fois naissance à une fille, Marie-Louise. De nouveau, le roi défend sa femme et affecte de prendre les choses avec bonhomie en demandant à la reine de donner rendez-vous pour l'année prochaine à son médecin-accoucheur, mais cela n'empêche pas les médisances.

La reine se retrouve enceinte une troisième fois au début de l'année suivante et ce quatrième enfant, le premier fils du couple royal, naît le 4 septembre 1729, le roi Louis XV n'ayant alors que dix-neuf ans. Ondoyé dès sa naissance par le cardinal de Rohan, l'enfant est baptisé à Versailles huit ans plus tard, le 27 avril 1737 avec pour parrain le duc d'Orléans, et pour marraine, la princesse de Condé.

Le cardinal Melchior de Polignac, ambassadeur fastueux, organise à Rome, pour sa naissance une grande fête dont il demande la représentation au peintre Giovanni Paolo Pannini. Ce sera le tableau : Préparation du feu d'artifice et de la décoration de la fête donnée sur la place Navone à l'occasion de la naissance du dauphin. Ce tableau est conservé au Musée du Louvre.

Le dauphin a dès l'année suivante en 1730 un frère, Philippe de France, duc d'Anjou, qui meurt en 1733 à 3 ans, la même année que leur sœur aînée Marie-Louise, à 5 ans.

Le dauphin eut au total huit sœurs : les jumelles Élisabeth et Henriette, nées en 1727, Marie-Louise (née en 1728), Adélaïde (née en 1732), Victoire (née en 1733), Sophie-Philippine (née en 1734), Thérèse-Félicité (née en 1736) et Louise-Marie (née en 1737).

Seule l'aînée de ses sœurs (Louise-Élisabeth dite Élisabeth) se marie, les autres restent à la cour auprès de leurs mère et frère (les quatre plus jeunes ayant été élevées à l'abbaye de Fontevraud de 1738 à 1748/1750).

Quant à la reine Marie Leszczynska, d'aucuns prétendent l'avoir entendu soupirer : « Eh quoi, toujours couchée, toujours grosse, toujours accouchée ». Ayant appris qu'un onzième accouchement pouvait lui être fatal mais n'osant en parler au roi, elle lui condamna sa porte. Le roi afficha alors ouvertement ses maîtresses.

L'éducation du dauphin fut confiée à Jean-François Boyer, évêque de Mirepoix, homme vertueux mais au seuil de la vieillesse et de vues étroites. De fait, il eut pour sous-précepteur l'abbé Joseph de Giry de Saint Cyr, membre de l'Académie française. Il fut un élève très brillant. Ainsi, il avait une excellente connaissance du latin, il parlait couramment l'anglais, chose rare pour un prince de son époque et excellait dans nombre d'autres disciplines. En revanche, il détestait l'activité physique et renonça même à la chasse après avoir tué par mégarde un de ses hommes. Il accorda sa protection à la veuve et aux descendants du malheureux et une pension qui fut versée par les différents gouvernements jusqu'à l'extinction de la lignée de la victime sous la Troisième République. Le prince devint, comme ses sœurs, un excellent musicien.

Il eut également pour menin le comte du Muy.

Seul fils survivant du couple royal, adulé par sa mère et ses sœurs[réf. nécessaire], ce fut un enfant orgueilleux voire tyrannique, mais très pieux, désirant ressembler à son grand ancêtre, fondateur de sa lignée, Saint Louis[réf. nécessaire].

Il a 7 ans quand le roi son père fait paraître ouvertement à la cour sa première favorite, la comtesse de Mailly. Celle-ci est bientôt supplantée dans le cœur du roi par sa sœur, la comtesse de Vintimille, laquelle meurt en couches (1741). La sœur des deux précédentes, la marquise de La Tournelle (bientôt titrée duchesse de Châteauroux) lui succède.

Il a 9 ans quand ses quatre plus jeunes sœurs quittent la cour pour l'abbaye de Fontevraud où elles doivent être éduquées à moindre frais. Ne restent à la cour que ses aînées, les jumelles Mesdames Élisabeth et Henriette et sa cadette Madame Adélaïde.

Très affecté par la séparation officieuse de ses parents, l'adultère du roi et la résignation doloriste de sa mère, il s'escrima à ne pas ressembler à son père, optant dès son enfance pour une dévotion profonde et assumée.

Désirant laver l'affront que le duc de Bourbon avait commis envers la cour d'Espagne en rompant arbitrairement les fiançailles du roi, Louis XV s'était engagé à marier sa fille aînée à un infant d'Espagne et son fils à une des infantes. Ainsi Madame « Première » fut-elle mariée dès qu'elle fut nubile (à douze ans) à l'infant Philippe en 1739, mariage peu brillant pour une princesse de France puisque l'infant, étant le troisième des fils survivants du roi, était un cadet sans réel avenir.

En 1744, Louis XV tombe malade à Metz. Avant de lui donner l'extrême-onction, l'aumônier de la cour, François de Fitz-James, évêque de Soissons, exige le renvoi de la favorite du moment, ainsi qu'une confession publique. Entretemps, mené par son précepteur, le jeune Louis, qui a 14 ans et qui est donc apte à accéder au trône, est venu au chevet de son père, ce que le roi, comprenant les manœuvres intrigantes du précepteur, trouve fort mauvais[réf. nécessaire]… L'humiliante confession publique que le roi se doit d'effectuer devant les menins du Dauphin et la population messine fait un très mauvais effet sur l'adolescent[réf. nécessaire].

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