Ce Jour-là

Louis de Buade de Frontenac

Gouverneur de la Nouvelle-France

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Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau, né le 12 mai 1622 au château de Saint-Germain-en-Laye (France) et mort le 28 novembre 1698 à Québec (Nouvelle-France), est un militaire et administrateur français. Nommé à deux reprises gouverneur de la Nouvelle-France par le roi de France Louis XIV, il développe la colonie et la défend contre les attaques anglaises, notamment lors de la bataille de Québec en 1690.

L'origine de sa famille se situe très certainement dans le Sud-Ouest de la France. L'historien William John Eccles rappelle que les Buade « appartenaient à une vieille famille de la noblesse d’épée, connue en Périgord depuis la fin du XIIIe siècle. Ils tiraient le titre de Frontenac d’un fief situé en Guyenne, entre Agen et Castillonès. » (Froutana à Cahuzac semble-t-il, et donc pas Frontenac ni Frontenac ; Buade peut évoquer un lieu-dit de Ginestet en Périgord, au nord de Bergerac ; en tout cas, la branche aînée des Buade avait Saint-Cernin-de-la-Barde, au sud de Bergerac et au nord de Castillonnès).

Le grand-père et le père de Louis, Antoine de Buade de Frontenac († 1626 ; en) et Henri de Buade de Frontenac († 1622 à St-Antonin ; en), sont gouverneurs de l'actuel château de Saint-Germain-en-Laye (« château vieux ») et sont très proches de la famille royale (Henri IV puis Louis XIII). C'est à Saint-Germain-en-Laye que naît Louis de Frontenac le 12 mai 1622. Déjà orphelin de père, il est baptisé dans la chapelle le 30 juillet 1623, Louis XIII, roi de France, devenant son prestigieux parrain, et sa marraine étant Catherine Henriette de Bourbon (1596-1663), épouse du duc d'Elbeuf et demi-sœur de Louis XIII.

Sa mère Anne Phélypeaux, fille de Raymond II Phélypeaux de La Vrillière, était la nièce de Jean Phélypeaux de Villesavin et Buzançais, et de Paul Phélypeaux (qui avait acheté en 1609 le château de Pontchartrain à Henri de Buade, le père de Louis).

Son grand-père Antoine de Buade avait acquis la terre de Palluau en 1606, et le château de Pontchartrain en 1598 ; les Buade de Frontenac furent titrés barons puis comtes de Palluau en 1622.

L'acte de baptême de Frontenac, conservé aux archives municipales de Saint-Germain-en-Laye, est rédigé de la façon suivante :

« Le dit jour (30 juillet 1623) furent administrées les cérémonies du sacrement de baptême par Monseigneur l’Archevêque de Tours, en la chapelle du Vieux Château, à Louis, né le douzième mai 1622, fils de feu noble homme Henri de Buade, de son vivant comte de Palluau gouverneur pour sa majesté des châteaux de Saint-Germain-en-Laye et premier maître d’hôtel dudit seigneur, et de Madame Anne Phélipeaux. Le parrain Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre. La marraine très haute princesse Henriette de Bourbon, femme de très haut Prince Monseigneur le Duc d'Elbeuf. »

Deux autres exemplaires de cet acte sont conservés aux Archives départementales des Yvelines.

Jeunesse et expérience militaire

L'incertitude plane sur les années de formation de Frontenac. Il semble qu'il aurait fréquenté un des collèges des Jésuites, très réputés à l'époque.

À l'âge de dix-sept ans, il se joint à l'armée française. Il participe à plusieurs campagnes lors de la guerre de Trente Ans. En février 1643, on lui décerne le brevet de maître de camp (colonel) au régiment de Normandie. Au siège d'Orbitello en 1646, il est blessé au bras droit, blessure dont il ne guérira jamais. On l'élève alors au grade maréchal de camp, correspondant à celui de général de brigade dans les armées actuelles.

Le 28 octobre 1648, en l'église Saint-Pierre-aux-Bœufs à Paris, Frontenac épouse en secret Anne de La Grange-Trianon, célèbre pour sa beauté physique et dont le portrait se trouve à Versailles. Elle est l'héritière d'une immense fortune. Le père d'Anne s'oppose violemment à ce mariage et quand il apprend que les noces ont quand même eu lieu, il déshérite sa fille. Le , à Clion-sur-Indre (Indre), Anne donne naissance à François-Louis, le seul enfant du couple Frontenac.

L'aînée des sœurs de Louis de Frontenac, Anne de Buade, marie en 1643 François II d'Espinay, marquis de Saint-Luc. Une autre sœur, Geneviève de Buade, épouse Claude de Bourdeille (1606-1663), comte de Montrésor, abbé commendataire de Brantôme. Une troisième, Henriette-Marie de Buade, est l'épouse de l'érudit et homme de lettres, Henri Louis Habert de Montmor.

Frontenac et la comtesse allèrent demeurer à Paris pour passer leur temps à la cour, où ils vivaient bien au-dessus de leurs moyens. La comtesse fut, avec Gilonne d'Harcourt, comtesse de Fiesque, qui demeurera sa grande amie, l'une des deux maréchales de camp de Mademoiselle de Montpensier pendant la Fronde, puis accompagna celle-ci dans son exil au château de Saint-Fargeau.

Les dettes furent une constante préoccupation de Frontenac au cours de sa vie. En 1653, pour cette raison, il vendit la charge de colonel de son régiment. En 1664, ses dettes dépassaient de beaucoup les 350 000 livres. Au cours de cette dernière année, il s’engagea à rembourser cette partie de ses dettes en quatre ans, mais il ne fit rien pour s'acquitter de cette obligation. Le moyen qu'il trouva d'échapper à ses créanciers fut plutôt d'accepter la charge de lieutenant général des troupes de Venise, en Crète, qui défendaient cette île contre les Turcs.

Le roi Louis XIV était sans doute pressé de le voir quitter la France pour une autre raison. Madame de Montespan ne laissa pas indifférent Frontenac, et il eut même une relation adultère avec elle avant qu'elle soit la favorite du Roi-Soleil. Mademoiselle de Montpensier relate avoir par inadvertance intercepté un billet doux de Frontenac à Madame de Montespan, où il dit qu'il en était « fort amoureux ». Le scandale éclata. Les chansonniers se moquèrent avec esprit de cette relation. On entend chanter :

Cette relation de Frontenac avec Madame de Montespan scandalisa sa femme la comtesse, qui allait lui en garder rancune.

En juin 1669, il part pour la Crète afin d'y prendre son commandement lors de l'expédition française pour secourir Candie, accompagné de son fils, qui serait un de ses aides de camp. Son tempérament querelleur lui attira des ennuis avec les autres officiers supérieurs de l’armée vénitienne. Le capitaine général Francesco Morosini, un militaire de grande réputation, fut excédé par son comportement. En septembre, il était limogé et recevait l’ordre de quitter l’île.

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Louis de Buade de Frontenac | World in Stories