Ce Jour-là

Louis Verneuil

Auteur dramatique et scénariste français

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Louis Collin du Bocage, dit Louis Verneuil, est un auteur dramatique et scénariste français, également acteur, né le 14 mai 1893 à Paris et mort le 2 novembre 1952 dans la même ville. Il signe seul trente-huit pièces de théâtre et vingt-cinq autres en collaboration avec Georges Berr.

Louis Jacques Marie Collin du Bocage naît à Paris en 1893. Son père, Louis Georges Collin, fils d'Auguste Collin (1827-1862) et de Noémi Barbié du Bocage (1829-1904), avait modifié son patronyme en 1888 pour s'appeler Collin du Bocage, en souvenir de son bisaïeul, le fameux géographe Jean-Denis Barbié du Bocage (1760-1825), membre de l'Institut, et de son aïeul, Jean-Guillaume Barbié du Bocage (1793-1843), lui-même géographe réputé.

Louis Verneuil est dans les années 1930 l'un des rois du théâtre de boulevard, aussi souvent à l'affiche que Sacha Guitry, et l'un des champions, avec Marcel Pagnol, du théâtre filmé.

Il signe soixante-trois pièces en trois ou quatre actes, dont trente-huit seul, les vingt-cinq autres en collaboration avec Georges Berr (1867-1942). S'y ajoutent seize pièces en un acte, cinq revues et vingt-six films. Plus des trois-quarts de cette centaine d'œuvres, écrites et produites en vingt-cinq ans, sont des succès.

Parmi les plus connues, on trouve : Pour avoir Adrienne, Le Fauteuil 47, Azaïs, Maître Bolbec et son mari, toutes pièces devenues des films, de même que Ma cousine de Varsovie, L'Amant de madame Vidal, Une femme ravie avec la volcanique Elvire Popesco. La Banque Némo, autre film tiré d'une autre de ses pièces et réalisé par Marguerite Viel, est victime de la censure en 1934. Monsieur Lamberthier, jouée dans dix-neuf pays, manque d'être portée à l'écran par Carl Theodor Dreyer ; Alfred Hitchcock lui doit l'idée de I confess (La Loi du silence), et René Clair l'une des trouvailles de It happened tomorrow (C'est arrivé demain). Henri-Georges Clouzot réalise également, parmi ses premiers films, des adaptations de pièces de Louis Verneuil (Tout pour l'amour, Caprice de princesse, 1933).

En 1923, il prend la direction à la fois du théâtre de la Renaissance et du théâtre Antoine (du 1er octobre 1923 au 30 septembre 1928).

Estimant que « jusqu'en 1930, la collaboration avec l'Allemagne était souhaitable. Depuis 1933, elle était insensée. En 1940, elle est devenue criminelle », Louis Verneuil se réfugie, sous l'Occupation, aux États-Unis où son succès ne se dément pas, dont une adaptation en anglais de La Vie parisienne d'Offenbach (1941, 1942, 1945). En 1942, ses droits d'auteur sont confisqués par les autorités allemandes, qui bannissent ses œuvres l'année suivante.

Louis Verneuil avait établi l'édition de son théâtre complet en douze volumes ; quatre seulement sont parus, accompagnés de précieuses préfaces.

Il épouse, le 9 mars 1921 à Paris 17e, Lysiane Bernhardt (1896-1977), la petite-fille de Sarah Bernhardt (1844-1923) pour laquelle il écrit deux pièces : Régine Armand qu'elle joue le 20 avril 1922 au théâtre Sarah-Bernhardt, ainsi que Daniel (créée le 10 novembre 1920 au théâtre Sarah-Bernhardt) qui voit la dernière apparition en public de la grande tragédienne, à Turin, à l'automne 1922, avant sa disparition en mars 1923. Louis et Lysiane divorcent dès l'été 1923.

Il entretient ensuite une longue liaison de novembre 1923 à février 1937 avec Elvire Popesco (1896-1993), devenue son égérie et son interprète-partenaire fétiche dans une dizaine de pièces, de Ma cousine de Varsovie (théâtre Michel, 1923) à Pile ou face (théâtre de l'Odéon, 1934), en passant par L'Amant de Madame Vidal (théâtre de Paris, 1928) ou Une femme ravie (théâtre de Paris, 1932), et sept films (Dora Nelson, Sa meilleure cliente, Le Roi, L'Habit vert, Ma cousine de Varsovie, Une femme chipée et L'Amant de Madame Vidal).

Enfin le 22 juillet 1937 il épouse à Paris 16e, Germaine Feydeau (1890-1940), la fille de Georges Feydeau (1862-1921), dont Louis Verneuil avait été le jeune ami et un fervent admirateur.

Il écrit et publie également aux États-Unis, où nombre de ses pièces sont reprises entre 1919 et 1952, La Vie merveilleuse de Sarah Bernhard, et le premier tome d'un extraordinaire livre de souvenirs professionnels Rideau à neuf heures. Pour Broadway, dans les dernières années de sa vie, il écrit encore et met en scène Love and let love (jouée du 19 octobre au 1er décembre 1951, avec entre autres Ginger Rogers) et Affairs of State qui connaît un grand succès avec 610 représentations (jouée du 25 septembre au 4 novembre 1950 au Royal Theatre, puis reprise du 6 novembre 1950 au 8 mars 1952 au Music Box Theatre).

De retour en France, riche mais déprimé, il met en scène de nouveau Elvire Popesco dans une reprise de L'Amant de Madame Vidal (créée le 17 avril 1952 au théâtre Antoine), mais il se suicide le 3 novembre 1952 en se tranchant la gorge au Grand Hôtel Terminus, situé à proximité immédiate de la gare Saint-Lazare, où Feydeau avait lui-même vécu les dernières années de sa vie avant son internement à la clinique du docteur Fouquart. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise (division 84).

La famille Collin du Bocage, dont Olivier Collin du Bocage, commissaire priseur, descendant du frère de Louis Verneuil, est détentrice du droit d'auteur et des droits moraux de son œuvre.

De 1967 à 1985, seize de ses pièces sont diffusées à la télévision française dans la série Au théâtre ce soir, la première enregistrée au théâtre Marigny le 26 avril 1967 : Pour avoir Adrienne, dans une mise en scène de Pierre Mondy, avec Jean Poiret, Michel Serrault, Danièle Lebrun, etc.

En 1988, Ma cousine de Varsovie est reprise au théâtre de la Michodière.

« Les auteurs qui pillent sans vergogne leurs aînés ont parfois du talent : ils "volent" de succès en succès. »

« Les femmes ne se souviennent que des hommes qui les ont fait rire et les hommes des femmes qui les ont fait pleurer. »

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