Louis Van Lint, né à Bruxelles, le 26 décembre 1909 et mort à Bruxelles, le 27 décembre 1986, est un peintre belge chef de file de l'abstraction lyrique en Belgique. Il fut membre fondateur de la Jeune Peinture belge, inspira certains membres du mouvement CoBrA et participa à leurs recherches.
Louis Noël Van Lint naît le 26 décembre 1909 à Bruxelles d'un père flamand et d'une mère hennuyère. En 1934, il épouse Marguerite Lutte, une jeune fille qu'il connaît depuis l'enfance. En 1946, son épouse donne naissance à leur fille unique, Martine.
Très jeune, il commence à travailler dans la petite entreprise en bâtiment familiale. Dès 1924, il s'inscrit à l'Académie des beaux-arts de Saint-Josse-ten-Noode afin d'y suivre des cours de dessin et de peinture sous la tutelle d'Henri Ottevaere, puis de Jacques Maes. Il fréquentera l'académie jusqu'en 1937. Il a étudié aussi la sculpture (1935) et l'architecture. Dans ses œuvres de jeunesse, scènes d'intérieurs, paysages urbains et campagnards, il développe un style réaliste avec un travail de coloriste tout à fait remarquable.
Il fait ses débuts à l'exposition Art Jeune (1938) et, en 1940, il fonde le groupe La Route libre avec Gaston Bertrand et Anne Bonnet. De 1941 à 1948, il remporte plusieurs prix, participe à de nombreuses expositions, dont sa première exposition personnelle en 1942 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.
Il adhère à l'animisme (prise de conscience des valeurs humaines ) et participe avec ses tenants aux expositions de la Galerie Apollo. Mais dès 1943, comme en témoigne L'écorché, véritable manifeste, il fait volte-face et se libère de l'animisme. Commence une période pleine d'un univers carnavalesque qui rappelle Ensor. Il exécute des décors pour Le Baladin du monde occidental de Synge (1944) et pour l'Histoire du soldat de Ramuz (1945).
À partir de 1944-1945, son expression devint plus virulente (Autoportrait, 1944). En 1945, il cofonde avec Anne Bonnet et Gaston Bertrand la Jeune Peinture belge, dont Ensor devient le Président d'honneur. Cette association d'artistes, à la recherche d'une nouvelle vision de la peinture, se poursuivra jusqu'en 1949.
Sous l'influence de Bazaine, il évolue rapidement vers la Non-Figuration lyrique ("Symphonie en rouge", 1949), et collabore à des manifestations du groupe CoBrA (1948-1951). De 1952 à 1954, il tente l'expérience de l'Abstraction géométrique (Urbanisme, 1954), avant de renouer avec un lyrisme inspiré par la nature. Il s'inspirera de plus en plus de la frénésie de la nature dont il emprunte le dynamisme de la couleur et de la matière (Sauvagerie automnale, 1960).
En 1958, la Solomon R. Guggenheim Foundation lui décerne une distinction. Cette même année, un hommage lui est également rendu au cours de l'exposition organisée par Le Cercle Artistique et Littéraire de Charleroi.
En 1960, il est élu membre de l'Académie royale de Belgique et remporte le prix international de peinture Marzotto à Lugano. Entre 1958 et 1973, il fait de nombreux voyages (France, Grèce, Portugal, Tunisie, Espagne, Italie) qui sont autant de sources d'inspiration pour son œuvre.
Au début des années 1960, il fait la connaissance de Marcel Stal, propriétaire de la galerie Carrefour et collectionneur avisé, qui étend la renommée de l'artiste. Il lui présente en outre Hergé, avec qui Van Lint se liera d'amitié. Van Lint initiera Hergé à l'art abstrait et sera pendant un an son professeur de peinture particulier.
En 1974, il fait face à de graves problèmes de santé. En 1977, première d'une série d'expositions à la galerie Armorial, dirigée par l'historien de l'art Serge Goyens de Heusch.
En 1981, plusieurs de ces œuvres sont acquises par la Maison Grand-Ducale de Luxembourg. En 1982, le Sénat belge acquiert sa grande composition Ballet ou Conflit.
Louis Van Lint s'éteint le 27 décembre 1986, une semaine à peine après avoir terminé sa dernière toile, Seuil de l'Inexploré.
Une grande rétrospective de son œuvre a lieu à Bruxelles en 2003, et une nouvelle monographie est publiée.
En 2014, un autoportrait de Van Lint entre au Musée des Offices de Florence. L’œuvre rejoint la prestigieuse collection permanente du Corridor de Vasari, après avoir été exposée dans le hall de l’église San Pier Scheraggio.
Louis Van Lint a, tout au long de sa vie, collectionné les outils anciens, choisis pour leurs formes harmonieuses. Une partie de la collection ornait un mur de sa demeure et suscita souvent l'intérêt et le questionnement des personnalités en visite chez le peintre.
Prix de l'art populaire, Bruxelles, 1943
Prix Picard de la Libre Académie de Belgique, 1948