Louis VIII dit « le Lion », né le 5 septembre 1187 à Paris et mort le 8 novembre 1226 à Montpensier (Auvergne), est roi de France de 1223 à 1226, huitième de la dynastie dite des Capétiens directs.
Il est le fils du roi Philippe II, dit « Philippe Auguste » (1165-1223) et d'Isabelle de Hainaut (1170-1190). Il est le premier roi de France qui descende à la fois d'Hugues Capet par son père et de son concurrent malheureux, Charles de Basse-Lotharingie par sa mère. Le court règne de Louis VIII fut cependant marqué par deux brillantes campagnes : l'une contre les Anglais en Guyenne, l'autre contre Raymond VII de Toulouse.
Premier roi capétien à ne pas avoir été sacré roi du vivant de son père, il avait cependant été désigné par Philippe II dans son testament rédigé en 1190 comme devant lui succéder. Le testament n'ayant pas été contesté après cette date, la cérémonie de l'adoubement des barons — héritage rituel des Capétiens — devenait inutile. L'archevêque de Reims, Guillaume de Joinville, le sacre à Reims le 6 août 1223.
Né le 5 septembre 1187, Louis est le premier fils de Philippe II. Sa naissance constitua un grand soulagement pour la dynastie capétienne d'autant que le mariage de Philippe II et son épouse Isabelle de Hainaut était en crise. Lorsque sa mère décède et que son père part à la croisade en 1190, Louis est recueilli et élevé par sa grand-mère Adèle de Champagne jusqu'au retour de Philippe en décembre 1191.
Il épouse le 23 mai 1200, en l'église Saint-Martin de Port-Mort, Blanche de Castille, fille du roi Alphonse VIII de Castille et d'Aliénor d'Angleterre, qui est donc la nièce de Jean sans Terre, roi d'Angleterre. Cette cérémonie est présidée par l'archevêque de Bordeaux en raison de l'absence des rois de France et d'Angleterre. Louis a 13 ans et Blanche 12 ans.
Prince héritier de la Couronne
Le roi Philippe II estimant que le principe héréditaire est définitivement établi, il refuse d'associer au trône son héritier et repousse son adoubement. Le prince Louis est fait chevalier dans le castrum de Compiègne le 17 mai 1209 mais son père lui a dicté de sévères conditions, notamment de ne plus jouter en tournoi.
Conquête partielle du royaume d'Angleterre
Surnommé « le Lion », c'est pendant le règne de son père que le futur Louis VIII obtient sa renommée en remportant sur Jean sans Terre, roi d'Angleterre, la victoire de La Roche-aux-Moines en 1214. Les barons anglais, révoltés et en guerre civile contre Jean sans Terre, promettent alors au prince Louis de lui donner la couronne d'Angleterre, étant d'ailleurs l'époux de Blanche de Castille, petite-fille du roi Henri II d'Angleterre et donc nièce du roi Jean. Acceptant cette demande, Louis débarque sur les côtes anglaises avec 1 500 soldats français auxquels s'ajoutent des mercenaires anglais. Il arrive à Londres le 2 juin 1216, s'y fait proclamer roi d'Angleterre — mais pas couronner car il n'y avait pas d'archevêque disponible pour effectuer l'onction — et prend rapidement le contrôle du Sud du pays.
À la mort de Jean sans Terre le 19 octobre 1216, la noblesse anglaise en profite pour refaire son unité autour d’un nouveau roi, le jeune Henri III d'Angleterre, fils de Jean sans Terre. Louis continue la guerre mais il est battu sur terre à la bataille de Lincoln en mai 1217, puis sur mer, d'abord lors de la bataille de Douvres puis surtout en août à la bataille des Cinq îles, lorsque les importants renforts que lui envoie Blanche de Castille sont anéantis. Le 11 septembre 1217, lors de la signature du traité de Lambeth, il renonce à ses prétentions et quitte le royaume d'Angleterre en contrepartie de 10 000 marcs d'argent.
Avènement et conquêtes des possessions anglaises en France
Philippe II Auguste meurt le 14 juillet 1223 et Louis VIII devient le nouveau roi de France. Il est sacré et couronné le 6 août suivant.
Sous prétexte que la cour d'Angleterre n'avait toujours pas exécuté toutes les conditions du traité de 1217, Louis VIII, profitant de la minorité d'Henri III, décide de s'emparer des dernières possessions anglaises en France. Au cours d'une campagne rapide, Louis VIII s'empare de la majorité des terres de l'Aquitaine : les villes du Poitou, de la Saintonge, du Périgord, de l'Angoumois et d'une partie du Bordelais tombent les unes après les autres. Henri III ne possède plus en France que Bordeaux et la Gascogne qui ne furent pas attaquées. Les îles Anglo-Normandes restent également sous sa souveraineté.
Croisade contre les albigeois et mort
À cette époque, le Sud de la France était le théâtre des combats de la croisade des albigeois.
En 1218, Amaury VI de Montfort, fils de Simon IV de Montfort, hérite du Languedoc en pleine révolte. Incapable de conserver son fief, il préfère quitter le Midi, acceptant de céder ses droits sur le Languedoc au roi de France (en échange de la dignité de connétable, première de la couronne).
Raymond VII, comte de Toulouse, était toujours soupçonné par l'Église d'abriter des cathares sur ses terres. Un concile fut donc tenu à Bourges, en 1225, où il fut déclaré que détruire l'hérésie était une nécessité et qu'une nouvelle croisade contre les cathares était indispensable. Louis VIII fut donc choisi pour diriger l'expédition.
Aux fêtes de Pâques de l'an 1226, des milliers de chevaliers se trouvèrent à Bourges aux côtés du roi. Cette armée se dirigea vers la vallée du Rhône, et à son approche, les seigneurs et les villes se hâtèrent de faire leur soumission au roi de France. La ville d'Avignon, qui appartenait à Raymond VII, refusa cependant d'ouvrir ses portes. L'on mit alors le siège devant la place forte qui était considérée à l'époque comme la clef du Languedoc. Au bout de trois mois, la ville fut prise, et aussitôt Nîmes, Castres, Carcassonne, Albi se rendirent à Louis VIII.