Louis Trousselier, né le 29 juin 1881 à Paris et mort le 24 avril 1939 dans la même ville, est un cycliste français.
Professionnel entre 1901 et 1914, il a notamment remporté le Tour de France 1905 et terminé troisième de cette épreuve l'année suivante. Au total, il remporte treize victoires d'étapes en dix participations à la Grande Boucle. Il obtient par ailleurs de très bons résultats sur les classiques : vainqueur de Paris-Roubaix en 1905 et de Bordeaux-Paris en 1908, il monte plusieurs fois sur le podium de ces deux épreuves, de même qu'aux championnats de France. Il termine également troisième de la course aux points des Jeux olympiques de 1900.
Engagé comme motocycliste au sein de la 5e armée lors de la Première Guerre mondiale, il met un terme à sa carrière professionnelle à l'issue du conflit et reprend alors le commerce de ses parents, fleuristes sur le boulevard Haussmann à Paris.
Excellent tacticien mais grimpeur moyen, Louis Trousselier construit ses principaux succès grâce à ses qualités d'endurance. Il est également décrit comme un coureur fantasque, à l'esprit joueur.
Louis Trousselier naît le 29 juin 1881 au domicile de ses parents, au no 12 de la rue de Port-Mahon, dans le 2e arrondissement de Paris. Originaires du village de Vimenet dans l'Aveyron, ses parents tiennent un magasin de fleurs sur le boulevard Haussmann. Son père est également directeur d'un manège à Paris.
Louis est l'aîné des six frères de la famille, qui comprend Léopold, Marius, Albert, André, également cycliste professionnel et vainqueur de Liège-Bastogne-Liège en 1908, et Auguste. Dès son plus jeune âge, il aide ses parents en livrant à vélo des bouquets de fleurs dans tout Paris. La famille s'installe alors à Levallois, où son père cultive ses propres fleurs. Le cyclisme occupe une place importante dans la famille Trousselier : les frères participent le dimanche à des courses de quartier, tandis que leur père aménage une piste en terre battue pour permettre à ses fils de s'entraîner.
Louis Trousselier se distingue dès ses premières courses dans la catégorie des amateurs. Ainsi, il gagne Paris-Château-Thierry en 1897 et 1898, une épreuve que son frère Léopold avait déjà remportée en 1896.
En 1899, il termine 2e du Paris-Rouen, remporte Paris-Meaux en juin et la Coupe Galitzin le mois suivant, organisée par le Vélo Club de Levallois et disputée sur une distance de cent kilomètres de Paris à Rambouillet et retour. L'année suivante, il gagne le prix Dubonnet sur 50 kilomètres entre Rambouillet et Saint-Chéron-du-Chemin, Paris-Pontoise et le Grand Prix municipal couru entre Paris et Coulommiers.
Engagé aux Jeux olympiques de 1900 qui se tiennent à Paris en marge de l'Exposition universelle, il abandonne sur l'épreuve de 25 kilomètres mais prend la troisième place de la course aux points sur 5 kilomètres, une épreuve non reconnue par le Comité international olympique.
À la fin de l'année 1900, Louis Trousselier décide de passer professionnel et fait une demande de licence en ce sens à l'Union vélocipédique de France.
Passé professionnel en 1901, Louis Trousselier roule l'année suivante sur un vélo de la marque américaine Cleveland, qui engage également Lucien Lesna et Édouard Wattelier. Il remporte son premier succès majeur au mois d'août, la course Paris-Rennes, une épreuve longue de 344 kilomètres organisée par la Pédale rennaise sous le patronage de L'Auto. Échappé en compagnie du coureur suisse Michel Frédérick aux points de contrôle du Mans et de Laval, il franchit seul la ligne d'arrivée du vélodrome Laënnec avec treize minutes d'avance sur son rival.
Quelques jours plus tard, il s'impose devant Henri Gauban et Hippolyte Aucouturier sur Toulouse-Luchon-Toulouse, puis au mois de septembre, il bat le record du brevet routier organisé par l'Union vélocipédique de France sur 150 km entre Champigny-sur-Marne, Montereau-Fault-Yonne et retour. Il parcourt la distance en 4 h 49, améliorant ainsi le précédent record de douze minutes. Il est affecté à la fin de l'année 1902 au 102e régiment d'infanterie à Chartres pour y commencer son service militaire.
En avril 1903, après s'être classé 3e de Paris-Roubaix, il s'impose sur la course Roubaix-Anvers, devant le coureur belge Oscar Lepoutre, puis sur Guingamp-Lamballe-Guingamp devant Claude Chapperon. Au mois de mai, il prend la 2e place de la classique Bordeaux-Paris derrière Hippolyte Aucouturier, mais il est finalement disqualifié pour avoir été entraîné dans le sillage d'une voiture pendant la course. Cette disqualification entraîne dans un premier temps sa suspension à vie par l'Union vélocipédique de France, ce qui le prive d'un engagement sur la première édition du Tour de France.
Victoire sur le Tour de France et Paris-Roubaix (1905)
« La victoire de Trousselier échappe à tout éloge. Jamais un homme en une saison n'avait accumulé une telle quantité de victoires. [...] Nous tenons en Trousselier un homme de première valeur, l'un de ces athlètes qui marquent une place considérable dans l'histoire d'un sport. »
— Henri Desgrange, L'Auto du 31 juillet 1905
Âgé de vingt-quatre ans au début de la saison 1905, Louis Trousselier poursuit son service militaire au 101e régiment d'infanterie à Saint-Cloud, puis à Nogent-le-Rotrou où il office comme maître-nageur. Il bénéficie néanmoins de larges permissions pour s'entraîner et courir. C'est ce qui lui permet de s'aligner le 23 avril au départ de Paris-Roubaix, donné à Chatou par le double vainqueur de l'épreuve, Lucien Lesna. À Amiens, trois coureurs ont pris la tête de la course : Henri Cornet, René Pottier et Louis Trousselier. Ce dernier fait la différence avant le point de contrôle d'Arras et s'impose finalement au vélodrome de Roubaix avec sept minutes d'avance sur le second, René Pottier. Le 21 mai, Trousselier figure parmi les 36 coureurs au départ de Bordeaux-Paris, la plus longue classique de la saison avec un parcours de 592 kilomètres. Après sa victoire à Roubaix, il est logiquement cité parmi les favoris de l'épreuve, au même titre que ses coéquipiers Hippolyte Aucouturier et René Pottier. Peu après la mi-course, au passage de Tours, les trois hommes sont d'ailleurs en tête. Ils possèdent alors une avance de 22 minutes sur Henri Cornet et près d'une heure sur Paul Chauvet. À Blois, les trois coureurs de tête sont encore groupés mais Louis Trousselier lâche finalement prise avant Orléans. Il abandonne définitivement au contrôle d'Angerville. À l'arrivée, jugée à Ville-d'Avray, Hippolyte Aucouturier devance René Pottier d'une longueur.
À la suite du scandale du Tour de France 1904, le directeur de la course, Henri Desgrange, envisage un temps de renoncer à organiser une nouvelle édition de son épreuve, mais décide finalement d'en préserver la tenue. Il apporte un certain nombre de modifications au règlement afin de mieux contrôler le déroulement de la course et d'éviter les irrégularités constatées l'année précédente. Les étapes, désormais au nombre de onze, sont plus courtes, de sorte que les coureurs ne roulent plus la nuit. Le classement général au temps est remplacé par un classement par points.