Louis Renault, né le 12 février 1877 à Paris et mort le 24 octobre 1944 dans la même ville, est un inventeur, pilote automobile et chef d'entreprise français. Il est le fondateur de l'empire industriel Renault, ce qui en fait un pionnier de l'industrie automobile française.
Avec son entreprise, il contribue intensivement à l'effort de guerre durant la Première Guerre mondiale. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, accusé de collaboration économique avec l'occupant, il est arrêté en septembre 1944 et meurt en détention le mois suivant sans que son procès puisse avoir lieu. Son entreprise est ensuite saisie et nationalisée par le Gouvernement provisoire de la République française.
Maurice Boullaire (24 mai 1868 - 22 mars 1906, Paris) et Alice Goupil (1870-1956) se sont mariés le 30 mai 1892 ; ils sont les beaux-parents de Louis Renault.
Leur fille Christiane Boullaire (17 février 1895 - 28 mars 1979) épouse le 26 septembre 1918 à Herqueville, Normandie Louis Renault. Ils ont un fils :
Jean-Louis Renault (1920-1982) qui a eu huit enfants issus de quatre mariages (avec Jeanine Godon, Anne-Marie Menesguen, Claire Lieux et Maryse Masserann ) :
Hélène Renault, épouse de Laurent Dingli
Louis Renault naît au 14 place de Laborde à Paris 8e dans une famille bourgeoise parisienne dont il est le dernier enfant sur cinq. Il a une sœur, Marie Berthe (1868-1889), et trois frères, Marie Joseph (1863-1886), Fernand (1864-1909) et Marcel (1872-1903).
Son père, Alfred Renault avait construit une solide fortune dans le commerce de tissus et de boutons. Sa mère, Louise Berthe Magnien était fille de grands commerçants.
En 1891, alors que Louis est âgé de 14 ans, passionné de mécanique et d'électricité, timide et solitaire, peu bavard, il installe un atelier au fond du jardin de la résidence secondaire familiale à Boulogne-Billancourt près de Paris. Il modifie un moteur Panhard, multiplie les inventions, dessine inlassablement des plans, dépose ses premiers brevets et s’enferme dans sa solitude créative. Sa passion le pousse à négliger ses études. L'historien Jean-Pierre Rioux parle de « médiocres études couronnées par un refus de passer Centrale ». Il passe une grande partie de son temps dans l’atelier où Léon Serpollet fabrique des moteurs de voiture à vapeur.
Il étudie au lycée Condorcet dans le 9e arrondissement où il côtoie notamment un certain André Citroën, qui deviendra son grand rival. Il abandonne les études qui ne sont pas son fort après le baccalauréat et compte sur son imagination prolifique, son intuition et son pragmatisme.
Avant cette date, Louis Renault a tout de même essayé de créer sa première entreprise, mais ce n'est qu'en 1898, à l'âge de 21 ans, qu'il construit, avec l'aide de son compagnon de régiment Edward Richet, sa première voiturette, la Renault Type A, en modifiant un tricycle De Dion-Bouton pour y ajouter une quatrième roue, une transmission par cardan, une boîte à trois vitesses avec la troisième en « prise directe » de son invention, et une marche arrière, le tout capable de rouler à 45 km/h.
Le 24 décembre 1898, lors du réveillon de Noël avec ses frères et des amis, en gravissant au volant de sa petite voiture devant une foule épatée, toute la rue Lepic, il empoche ses douze premières commandes fermes assorties d'un acompte de soixante louis d’or et décide de devenir constructeur d’automobiles. Quelques mois plus tard, il dépose le brevet de la boîte de vitesses à « prise directe », qui va être à l'origine de sa fortune en étant adoptée par tous les constructeurs automobiles de l'époque.
Le 25 février 1899, ses deux frères Marcel et Fernand, qui gèrent la firme de textile paternelle « Renault Fils, tissus en gros » fondent la société Renault Frères au 10, rue du Cours à Boulogne-Billancourt (actuelle avenue Émile-Zola) en apportant chacun la moitié d'un capital de 60 000 francs-or et 60 employés sans croire véritablement ni à l'automobile ni au génie de leur frère. Marcel se charge de l'administratif; Louis n'est pas associé mais simple salarié; mis à l'épreuve et bénéficiaire de son brevet, il se consacre complètement à la conception et la construction des voitures. À la fin de la première année, 76 voiturettes sont produites et vendues.
En août 1899, Louis s'aligne avec Marcel au départ de la course Paris-Trouville et obtient sa première victoire de Voiturettes (dite Coupe des Chauffeurs Amateurs) d'une série de courses disputées de ville à ville. Dans leur catégorie spécifique, les Renault n’ont désormais pas de rivaux. Les frères Renault gagnent dans la foulée Paris-Ostende (Louis 9e au général en 1899), Paris-Rambouillet, Paris-Toulouse-Paris (Louis 10e au général en 1900 (*), tout en achevant la même année la construction de sa première voiture à conduite intérieure), le second Circuit du Sud-Ouest — ou Grand Prix de Pau — (Louis 5e au général en 1901), Paris-Bordeaux (Louis 12e au général, et Marcel 13e), Paris-Berlin (Louis 8e au général), ainsi que la première étape du Paris-Arras-Paris (par Louis en 1902 au général, et Marcel classé 3e). Leurs succès répétés en courses font la célébrité et le succès de la marque, et des commandes sont même passées à cette époque pour 3 000 francs or, soit dix ans d'un salaire moyen de l'époque. Marcel — et son mécanicien embarqué René Vauthier — gagnent même au classement général cette fois la course Paris-Vienne, en 1902 (Louis 28e).
Louis et Marcel participent à la course Paris-Toulouse-Paris 1900 (de 1 448 km) durant l'année des Jeux olympiques d'été de 1900. Renault domine ainsi la catégorie des voiturettes (- de 400 kg) dans le cadre des Sports de l'Exposition Universelle de 1900 non reconnus officiellement par le comité olympique, et impose de fait ce nouveau concept - 1er toutes catégories confondues : Alfred Velghe. Les deux frères Renault obtiennent alors une médaille de vermeil Voiturettes et le prix de 4 000 francs allant avec, ainsi qu'une plaquette d'or en Voiturettes de 250 à 400 kilogrammes.
En 1902 toujours, les usines Renault s'étendent sur 7 500 m2 à Boulogne-Billancourt avec plusieurs modèles au catalogue. Louis présente son premier moteur Renault, 24 ch, 4 cylindres.
Disparition accidentelle de Marcel Renault
En 1903, Louis perd son frère Marcel, âgé de 31 ans, victime d’une sortie de route près de Couhé-Vérac en Poitou-Charentes lors de la course automobile Paris-Madrid, alors que lui-même est déclaré deuxième après l'arrêt de la course à Bordeaux, et premier des voiturettes (Szisz étant son mécanicien).