Ce Jour-là

Louis Nicolas Davout

Maréchal français

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Louis Nicolas Davoult puis Davout, duc d'Auerstaedt, prince d'Eckmühl, né le 10 mai 1770 à Annoux en Bourgogne et mort le 1er juin 1823 à Paris, est un général français de la Révolution et de l’Empire, élevé à la dignité de maréchal d'Empire par Napoléon en 1804.

Issu d'une famille de petite noblesse, Davout fait ses premières armes dans l'armée de l'Ancien Régime avant d'embrasser les idées révolutionnaires et de devenir dès 1791 chef de bataillon des volontaires de l'Yonne. Dès lors, son avancement est fulgurant : général de brigade en juillet 1793, il participe à la campagne d'Égypte sous les ordres de Napoléon Bonaparte avant d'être promu général de division en 1800. Il inaugure son nouveau commandement en prenant la tête de la cavalerie de l'armée d'Italie avec laquelle il se signale à Pozzolo. Le 19 mai 1804, Napoléon, devenu empereur, élève Davout à la dignité de maréchal d'Empire.

Davout joue un rôle majeur lors des guerres napoléoniennes, notamment à Austerlitz en 1805 et à Auerstaedt en 1806 où il met en déroute la principale armée prussienne. En récompense de cette dernière victoire, l'Empereur lui octroie, le 25 octobre 1806, l'honneur d'entrer le premier dans Berlin. Davout se distingue par la suite à la bataille d'Eylau, avant d'occuper les fonctions de gouverneur général du duché de Varsovie. Commandant en chef de l'armée d'Allemagne en l'absence de l'Empereur, il participe avec brio à la campagne d'Allemagne et d'Autriche à l'issue de laquelle il reçoit le titre de prince d'Eckmühl. Employé en Russie, où il dirige le Ier corps, puis en Allemagne après la retraite des troupes françaises, Davout s'enferme dans Hambourg et parvient à résister aux attaques des armées alliées jusqu'à la chute du régime impérial. Passif sous la Première Restauration, le maréchal se rallie pendant les Cent-Jours à Napoléon Ier qui le nomme ministre de la Guerre. Après la défaite de Waterloo, il se retire dans ses terres de Savigny-sur-Orge.

Considéré comme le meilleur subordonné de Napoléon sur le plan tactique, Davout est le seul maréchal de l'Empire à être resté invaincu au cours de sa carrière militaire. D'un caractère difficile et exigeant envers ses officiers, il se montre particulièrement sévère sur l'entraînement et la discipline de ses troupes. Il est toutefois critiqué par l'Empereur à Sainte-Hélène qui déclare, amer : « Il a fini par trahir comme les autres quand il a vu ma cause en péril, et, quand il l'a vue perdue, il a voulu conserver ses honneurs et tout ce qu'il me devait de richesses et de grandeurs ; il m'a mal servi […] Vous ne connaissez pas les hommes, vous ne connaissez pas Davout comme moi ». Napoléon reconnaît cependant à Saint-Hélène que Davout est « une des gloires les plus pures de la France ».

Jeunesse et origines familiales

« Quand un D'Avout sort du berceau, une épée sort de son fourreau. »

— Adage de la famille D'Avout.

Louis Nicolas Davoult, né le 10 mai 1770 à Annoux en Bourgogne, est le fils de Jean François Davoult et d’Adélaïde Minard de Velars. Issu d’une famille de noblesse d’épée destinant traditionnellement ses enfants au service du roi, Louis Nicolas, qui s'impose au cours de sa carrière comme un spécialiste du combat d’infanterie, naît paradoxalement dans une famille tournée vers la cavalerie. Son père, comme son grand-père avant lui, est officier au régiment Royal-Champagne cavalerie, seigneur d'Annoux. Bien qu'apparenté aux d'Avout, sa famille se nommait déjà Davout selon l'extrait de baptême de son père ou Davoult selon son propre extrait de baptême.

En 1779, alors qu’il a neuf ans, son père meurt des suites d’un accident de chasse. Davout est alors placé, en début d’année 1780, au collège bénédictin d'Auxerre jusqu’à ce que ses aptitudes lui permettent, à la fin de l’été 1785, de faire partie des quelques cadets gentilshommes désignés pour l'École militaire supérieure de Paris. Il intègre l’école militaire le 27 septembre 1785, pour y rester trois ans. Le jeune Napoléon Bonaparte, également pensionnaire de cet établissement, la quitte un mois plus tôt.

À sa sortie en février 1788, la France est en ébullition : la Révolution en gestation glisse inexorablement des salons vers la rue. Louis Nicolas, qui rejoint le régiment de Royal-Champagne en qualité de sous-lieutenant, embrasse avec engouement la cause révolutionnaire. Sa sympathie pour les idées nouvelles le fait rapidement abandonner la particule ainsi qu’une pension de 200 livres qu’il tient du roi depuis son entrée au collège d’Auxerre. Devenu l'un des principaux fauteurs de troubles du régiment, Davout organise des banquets civiques, constitue un club politique et défie de manière systématique sa hiérarchie, comme le 22 avril 1790 à Hesdin où en ameutant des troupes et des sous-officiers, il fait libérer un soldat emprisonné par un officier noble.

Cette attitude lui vaut d'être mis aux arrêts pendant six semaines à la citadelle d'Arras avant d’être libéré contre sa démission de l'armée.

Le 21 juin 1791, l’Assemblée constituante décrète la levée de 169 bataillons appelés à renforcer l’armée régulière affaiblie par les troubles internes et l’émigration des cadres. La levée par le département de l’Yonne de quatre bataillons donne à Davout l’occasion de réintégrer l’armée. Il s’enrôle en tant que volontaire et est élu le 26 septembre 1791, par 400 voix sur 585 votants, lieutenant-colonel du 3e bataillon de volontaires de l'Yonne. Il se marie dans la foulée avec Marie de Séguenot — dont il divorce deux ans plus tard du fait de l'inconduite de cette dernière.

Affecté le 20 avril 1792 à l'armée du Nord, après plusieurs mois de cantonnement à l'armée du Centre, Davout se voit chargé, avec son bataillon, de surveiller les mouvements de l'ennemi et de sécuriser les communications entre les garnisons de Condé et de Valenciennes. Réputé pour la bonne tenue de ses troupes et pour l’énergie qu’il déploie à harceler l’ennemi, Davout se distingue rapidement. Il parvient à prendre d’assaut le château de l'Hermitage dans le secteur de Péruwelz en octobre 1792, poursuit vigoureusement les troupes du feld-maréchal Clerfayt après la bataille de Jemappes et se signale avec son bataillon, malgré la défaite, à la bataille de Neerwinden, en mars 1793. C'est toutefois un événement singulier, paradoxalement éloigné des champs de bataille, qui met en lumière les capacités du jeune Davout. Le 4 avril 1793, le général Dumouriez — alors commandant de l'armée du Nord — fait arrêter et livrer à l’ennemi le ministre de la Guerre Beurnonville ainsi que quatre commissaires envoyés par la Convention afin d'obtenir des éclaircissements sur sa conduite. Les rumeurs de trahison se confirmant, Davout prend l'initiative — alors que la confusion est générale — de faire arrêter le général Dumouriez. À leur rencontre, des coups de fusil sont tirés, mais le général parvient à s'enfuir et rejoint en fugitif le camp des coalisés.

Ce coup d'éclat vaut au 3e bataillon de l'Yonne, ainsi qu'à son chef, d’être distingués par décret pour avoir « bien mérité de la patrie ». Davout reçoit également, en récompense de ses actions, le grade de général de brigade en juillet 1793 avec affectation provisoire à l'armée de l'Ouest. Il n'a que 23 ans et est ainsi, de tous les futurs maréchaux de l'Empire, celui qui a été nommé le plus jeune au grade de brigadier. Déployé sur le front vendéen, il participe en tant qu'officier de cavalerie à quelques combats mineurs, dont la bataille de Vihiers qui lui vaut d'être promu au grade de général de division, un avancement que Davout refuse cependant du fait de son manque d’expérience dans le commandant d'une grande unité combattante. Toutefois ce refus, loin d'être pris pour un acte d'humilité, le rend au contraire suspect, en raison de son ascendance noble et du contexte de Terreur qui règne alors en France. Accusé d'être un ennemi de la Révolution, mis en disponibilité puis arrêté quelques heures avant d'être relâché, il est contraint de démissionner des armées le 29 août 1793 pour la seconde fois de sa carrière.

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