Ce Jour-là

Louis Marie Cordonnier

Architecte, membre de l'Académie des beaux-arts

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Louis Marie Cordonnier, né à Haubourdin le 7 juillet 1854 et mort le 20 novembre 1940 à Peyrillac, est un architecte français.

Il a construit et restauré de nombreux édifices dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, ainsi que la basilique Sainte-Thérèse de Lisieux dans le Calvados. Il est influencé par Viollet-le-Duc.

Louis Marie Cordonnier naît à Haubourdin dans le département du Nord le 7 juillet 1854 du mariage de Jean Baptiste Cordonnier, architecte, et de Rosalie Catherine Cambron.

Il étudie aux Beaux-Arts de Paris de 1875 à 1880 où il est élève de son père et d'Émile André. Ces années ne démontrent pas un talent particulier et en 1880 il quitte la capitale sans diplôme, mais il est médaillé. En sortant des Beaux-Arts, il souhaite se professionnaliser sous le nom de Louis Cordonnier. En effet, il ne signe sous le nom de Louis Marie que lorsque son fils, Louis Stanislas, le rejoint dans son cabinet en 1920.

Les principaux enseignements que retire Louis Marie de ses études à Paris relèvent de la confrontation aux oeuvres des maîtres architectes, aux fondements de l'histoire de France, aux répertoires des styles majeurs ainsi qu'une leçon de Eugène Viollet-le-Duc : « Il faut être vrai selon le programme, vrai selon les procédés de construction ; être vrai selon le programme, c'est remplir exactement, simplement, les conditions imposées par le besoin ; être vrai selon les procédés de construction, c'est employer les matériaux suivant leurs qualités et leurs propriétés »Le 25 juin 1881, il épouse à Valenciennes Pauline Jeanne Marie Lussigny. De ce mariage naissent trois enfants, dont Louis-Stanislas Cordonnier qui sera également architecte (leur cabinet est sis no 8 bis, rue Marais à Lille). Veuf, il épouse en secondes noces Mathilde Adèle Carpentier le 7 janvier 1898 à Lille d'où naîtra une fille.

En 1883, il est engagé sur sa première réalisation, l'hôtel de ville de Loos. Il se montre très sensible aux tendances patrimoniales des mouvements régionalistes et dote le bâtiment d'un beffroi sous le signe d'une Renaissance flamande et qui se rattache aux traditions du Nord de la France.

L'édifice est salué par la presse et Louis Marie développe son propre cabinet à Lille et marque la région de son empreinte. Il devient également lauréat pour prendre en charge la restauration de la cathédrale de Milan, puis remporte le concours international pour la construction de la Bourse d'Amsterdam, cette dernière est finalement confiée à un professionnel néerlandais. En lieu et place de ce projet, il construit entre autres l'hôtel de ville de Dunkerque et l'Opéra de Lille.

Louis Marie Cordonnier expose au Salon des artistes français à partir de 1890 et y obtient cette année-là une médaille de 3e classe puis en 1892 une médaille d'honneur avant de remporter le Grand-Prix de l'exposition universelle de 1900 et d'être placé en hors concours. Il remporte également le concours international face à 215 concurrents pour la construction du Palais de la Paix. Il est élu en 1911 au fauteuil no 4 de la section Architecture de l'Académie des beaux-arts (Institut de France).

Coordinateur de la reconstruction

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il se réfugie à Paris. Il est particulièrement affecté par les dégâts causés par la guerre et signe, en septembre 1916, un manifeste au nom d'un groupe de délégués des régions envahies. Il y prône la reconstruction rapide de ville « plus belles, plus hygiéniques, plus modernes ». Il exige également que toute reconstruction doit être accompagnée d'un plan d'aménagement et d'extension afin de concilier tous les intérêts, privés et généraux.

Membre du comité spécial du ministère des Régions libérées, il devient inspecteur général des bâtiments civils puis président de l'Office du bâtiment (1918 à 1921), président de la Société centrale des architectes, membre des jurys d'architecture et de l’École nationale des beaux-arts et du salon de la société des artistes français depuis 1911.

Il se montre particulièrement présent dans la vallée de la Lys pour coordonner la reconstruction qui s'étend aux villes de Comines, Bailleul, Armentières, Laventie, Merville, Béthune, Arras, Waziers, Lens, etc. Le chantier est important puisque 279 communes sont dévastées, 526 000 habitants sont privés de logements et 90 000 tonnes d'obus sont à enlever.

En mai 1892, il se présente aux élections municipales et manque de devenir conseiller de 211 voix. Il se représente douze ans plus tard au sein du parti de droite radicale La Patrie française. Il rejoint les positions des branches catholiques attisées par le procès de l'affaire Dreyfus. Il se montre prompt à répandre le mythe antisémite. On retrouve cette opinion lors de divers discours comme en 1912, lorsqu'il devient académicien. Il est partisan de l'ordre et de la tradition et à ce que chacun s'attache à « la vérité des choses que l'on n'a pas choisies mais qui vous ont fait », allant jusqu'à lui donner pour appellation le « génie de la race ».

En 1924, il est toujours mentionné comme adhérent au mouvement de l'Action française et reste particulièrement intransigeant sur le plan religieux jusqu'à ce que le Vatican ne condamne les positions du mouvement. Il n'y a toutefois pas trace d'intervention ou d'initiatives notables et il ne sera jamais élu à une fonction.

Le 15 octobre 1911, Louis Marie Cordonnier est nommé au grade de chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur, puis fait chevalier de l'ordre le 21 novembre 1911. Il est promu au grade d'officier dans l'ordre le 3 février 1929 au titre de « Architecte - Président de l'Académie des Beaux-Arts » et fait officier de l'ordre le 17 février 1929.

Il est commandeur de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, de l'ordre d'Orange-Nassau, chevalier de l'ordre du Christ (Portugal) et officier d'Académie.

Les différentes publications évoquent plusieurs styles architecturaux pour décrire les réalisations de Louis Marie Cordonnier. Certaines sont à caractère néo-flamand, d'autres penchent vers le style médiéval, des touches d'italianisme, d'inspiration néo-byzantine avec une maîtrise classique. Bruno Vouters et Benoît Cordonnier parlent en particulier du « passage du régionalisme à l'universel, du laïc au spirituel, de la tradition à la modernité, des exubérances pittoresques aux lignes de force ».

Son style est parfois aussi décrit comme passéiste et de l'ordre de l'archéologie architecturale. Ce qui démontre son attachement important au régionalisme et à la reconnaissance de leurs héritages propres.

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