Louis Malet, seigneur de Graville, est né en 1438 à Paris et mort au château de Montagu à Marcoussis le 30 octobre 1516, et est enterré en l’église des Cordeliers de Malesherbes, qu’il avait fondée.
Dans une lettre du 20 août 1476, le roi le qualifie « son amé et féal cousin ». Capitaine de Dieppe en 1480 et chevalier de l'ordre de Saint-Michel, Louis Malet de Graville est nommé amiral de France en 1486, après la mort de Louis de Bourbon, comte de Roussillon. Il assiste à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, où le duc d'Orléans (futur Louis XII) est fait prisonnier par Charles VIII. En septembre 1489, Brest étant assiégée par les Anglais, l'amiral avec 25 vaisseaux disperse la flotte anglo-bretonne, forte de soixante voiles, et force l'armée de terre à battre en retraite et à laisser son artillerie. Louis Malet de Graville suit le roi de France Charles VIII à la conquête du royaume de Naples. Il est capitaine des ville et château de Saint-Malo, en 1489, 1490 et 1491, puis de Vincennes. En 1505, il est témoin du mariage de Germaine de Foix avec le roi d'Espagne, Ferdinand II d'Aragon, veuf d'Isabelle la Catholique.
Il se démet, en 1508, de la charge d'amiral en faveur de Charles II d'Amboise de Chaumont, son gendre. Louis Malet de Graville est nommé gouverneur de Picardie et de Normandie, capitaine des cent gentilshommes de la maison du roi. L'amiral de Graville meurt en 1516. Il passe pour immensément riche. Il joue un rôle important sous les rois Louis XI, Charles VIII et Louis XII.
Ses parents (Jean VI Malet de Graville et Marie de Montauban ; Jean VI était le fils de Jean V Malet de Graville et de Jacqueline fille de Jean de Montaigu de Marcoussis ; Marie de Montauban était la fille de Guillaume de Montauban et de Bonne Visconti, petite-fille de Barnabé Visconti et sœur de l'amiral de Montauban) étant morts jeunes, Louis reçoit un complément d'éducation de la part de ses oncles maternels après avoir fait ses humanités au collège de Montaigu à Paris. Grâce à des dons de l'amiral de Graville et de Jean de Pontville, vicomte de Rochechouart, chambellan de Charles de France, Jan Standonck pourra construire de nouveaux bâtiments pour le collège de Montaigu.
Louis Malet est seigneur de Graville, Sées et Bernay (héritage des Alençon-Bellême-Ponthieu : un ancêtre de Louis, Robert II Malet de Graville avait épousé vers 1200 Philippa, fille de Jean Ier d'Alençon), Montagu-en-Laye (près Poissy) et Marcoussis, Milly-la-Forêt, Bois-Malesherbes, Gometz-le-Châtel, Brétencourt, Chevreuse, de Pontchartrain et Groussay (dès 1499), de Fontenay-le-Fleury et de Bois-d’Arcy et de Chastres.
Une lettre de Louis XI datée d'Arras septembre 1477 (Archives nationales, X1A8607, fol.144 v°) précise ceux qui concernaient : le roi a octroyé auparavant à Louis de Graville, seigneur de Montaigu, les seigneuries de Nemours, Graiz, Pont-sur-Yonne, Flagi, Ferrote-le-Metz, Le Mareschal, Chesay, Brethencourt et Abliz.
Louis Malet de Graville est comblé de dons[réf. nécessaire] par Louis XI, qui lui accorde la justice de Chastres en 1470 et Graville en 1471. La seigneurie de Chastres-Arpajon appartient donc au seigneur de Marcoussis. Après que Louis XI a autorisé à son conseiller et chambellan Jean de Graville deux jours de foire à Chastres en juillet 1470, Louis Malet de Graville fait construire une halle au croisement des routes de Paris à Étampes et de Dourdan à Corbeil.
Louis Malet de Graville instruit le procès du duc Jacques d'Armagnac-Nemours. Il hésite à le condamner, mais le duc est décapité en 1477. Louis XI remercie le seigneur de Montaigu en lui donnant une partie des biens du condamné. Le Parlement oppose une résistance et n'enregistre que le 27 février 1479. Nemours échoit à Malet de Graville avec plusieurs châtellenies. Il ne se qualifie pas malgré d’autres terres dans le duché, duc de Nemours, mais seigneur de Nemours. Il restitue d'ailleurs aux héritiers du duc leurs biens contre une somme dérisoire.
Louis Malet de Graville n'hérite de son père qu'en 1482.
Milly-la-Forêt est rebâtie et fortifiée par Louis Malet de Graville et dotée d'une des plus importantes foires franciliennes. Louis Malet de Graville qui reconstruit le château de Milly-la-Forêt et entoure la ville de fortifications, percées de sept portes (l'une pour le château, puis porte Saint-Pierre, porte de Melun, porte de Fontainebleau, porte de Lyon, porte Saint-Jacques et porte aux Grenouilles) et obtient l'érection d'une halle en 1479. À cette époque, le comté de Milly s'étend sur les châtellenies de Fleury, Achères, Nainville, Boutigny et Cély. En ce qui concerne la collégiale Notre-Dame-de-l'Assomption (Milly-la-Forêt) engage sa reconstruction dans un style gothique. Le chœur et la nef sont inaugurés en 1495.
Louis Malet de Graville fait aussi construire un château à Milly dans le Cotentin vers 1470.
Au service du roi Louis XI (1463-1483)
Louis Malet de Graville va devenir l’un des favoris de Louis XI ou plutôt l'un de ses compères fidèles. Il est tout d’abord un jeune serviteur du roi. On lui accorde la jouissance du château et des terres de Chanteloup, à Saint-Germain-lès-Arpajon, qui est déjà en partie une dépendance de la châtellenie de Montlhéry au XIIIe siècle, seigneurie de sa famille, les Graville.
Louis Malet de Graville est fait prisonnier en Angleterre en 1467. Il est très bien traité par ses anciens ennemis. Le roi d’Angleterre le remet en liberté avec ses compagnons[réf. à confirmer][réf. non conforme].
Louis XI le choisit, dès l'âge de 25 ans, pour devenir son chambellan. Malet de Graville est capitaine des Cent Gentilshommes de l’Hôtel du Roi, précurseurs de la maison militaire du roi de France, en 1474. Graville est déjà membre de cette unité depuis bien des années, il sera remplacé par Thibaut de Beaumont, comme capitaine des cent gentilshommes.
Louis Malet de Graville se voit restituer en 1474 par le roi les terres de Bernay et de Sées confisquées à ses aïeux prédécesseurs. En 1476 le roi le fait seigneur de Radeval et le pourvoi de l'importante capitainerie de Pont-de-l'Arche.
Dans une lettre du 20 août 1476 le roi le qualifie de son amé et féal cousin[réf. à confirmer]. Il est aussi conseiller du roi (1476)[réf. nécessaire].
Louis XI l'emploie dans les négociations qui avaient pour but de faire accepter au roi René la perte de l'Anjou, et de préparer sa renonciation au comté de Provence en faveur du roi. Il est capitaine de Dieppe en 1480 et chevalier de l'ordre de Saint-Michel.