Ce Jour-là

Louis Ier de Bourbon-Condé

Général français

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Louis Ier de Bourbon, prince de Condé, duc d'Enghien, né à Vendôme le 7 mai 1530 et mort à Jarnac le 13 mars 1569, est un prince du sang de la maison de Bourbon-Vendôme, fondateur de la branche cadette de Bourbon-Condé et le principal chef protestant pendant les trois premières guerres de Religion. Il meurt assassiné sur le champ de la bataille de Jarnac.

Il est le fondateur de la maison de Condé et se convertit à la religion réformée en 1558.

Il naît au château de Vendôme le 7 mai 1530. Fils cadet de Charles IV de Bourbon duc de Vendôme et de Françoise d'Alençon, il est le douzième enfant du couple et le dixième ayant survécu à l'âge adulte. Il a pour frères aînés, notamment, Antoine de Bourbon — il est ainsi l'oncle du futur Henri IV —, François de Bourbon, le vainqueur de Cérisoles, le cardinal Charles de Bourbon (reconnu roi de France par la Ligue catholique sous le nom de Charles X) et Jean de Bourbon, comte de Soissons.

On sait peu de choses sur sa jeunesse, à part peut-être l'influence que René, vicomte de Rohan et sa femme Isabeau d'Albret, purent avoir sur son éducation. Étant le dernier garçon de la fratrie, il n'est pas titré avant un certain temps, il n'a d'ailleurs encore aucune allocation d'héritage en 1550.

À la fin du règne de François Ier, une série de décès va fragiliser la place avantageuse que possèdent alors les Bourbon-Vendôme à la cour, en commençant par la mort de son oncle Saint-Pol, en septembre 1545. En février 1546, c'est la mort accidentelle et inopportune de son frère le comte d'Enghien à la Roche-Guyon, par la chute d'un coffre d'une fenêtre du château, qui provoque de nombreux soupçons dans la famille. On accuse un proche du comte d'Aumale, Cornelio Bentivoglio, c'est l'origine d'une part de la haine entre Bourbon et Lorraine. Et enfin en avril 1546, c'est la matriarche de la famille, Marie de Luxembourg, qui décède à son tour.

En août 1547, Antoine, duc de Vendôme et ses frères, dont Louis, sont fort insatisfaits que l'un d'eux, Charles, alors évêque de Saintes ne soit pas encore promu cardinal, malgré la promesse du roi, alors que Charles de Lorraine est déjà promu. En signe de mécontentement, la famille se retire au château de Vendôme, pour visiter leur mère Françoise d'Alençon. Il faut trois lettres du roi pour les convaincre de revenir à la cour en novembre, Charles est alors promu le 9 janvier 1548. Entre décembre 1547 et janvier 1548, à l'âge de 17 ans, il accompagne ses frères aînés aux tournois et joutes de la cour.

En 1548, un mois avant le mariage de son frère, le duc de Vendôme avec Jeanne d'Albret, celui-ci part, avec leur frère Jean comte de Soissons, le duc de Nevers leur beau-frère, ainsi que l'ambassadeur de Mantoue, en Italie, à Milan, Venise et Mantoue, visiter leurs relations italiennes, ce qui ne se reproduira pas. Louis est probablement du voyage car il contracte une dette de 500 écus auprès du duc de Ferrare, dette encore impayée en 1551.

À Paris, en novembre de cette année-là, en jouant au jeu de Paume, Louis est frappé par une lourde poutre qui l'aurait certainement tué si celle-ci n'avait pas d'abord atteint une galerie. Louis en réchappe à peine, cela provoque de nouvelles rumeurs comme pour la mort de son frère Enghien, comme si la maison Bourbon était destinée à la perte.

Le 22 juin 1551, il épouse Éléonore de Roye (1535-1564) au château de Plessis-de-Roye. Il prend à cette occasion le titre de courtoisie de Prince de Condé. C'est son oncle Louis, cardinal de Bourbon qui s'occupe du contrat de mariage. Éléonore apporte avec elle la somme de 12 000 l.t. de rente, de plus pour l'occasion ses frères lui promettent un partage : la vicomté de Meaux, La Ferté-sous-Jouarre, Condé-en-Brie, Ailly-sur-Noye, Sourdon, Braye, la Bascecque, et le droit des transports de Flandres.

Il fait ses premières armes sous les ordres du maréchal de Brissac en Piémont, où son dévouement et son ardeur sont remarqués. Revenu en France, il participe en 1552 à la conquête des Trois-Évêchés et à la défense de Metz.

En 1553, à 23 ans, il est promu chevalier à l'Ordre de Saint-Michel. L'année suivante, il se distingue durant une campagne en Picardie. Pour le récompenser, le roi le place à la tête d'une compagnie d'ordonnance. En 1554, il prend part à la bataille de Renty, où il charge à la tête de ses gendarmes. En 1555, il retourne combattre en Italie, où il entre en conflit avec les Guise.

En 1555, son frère le duc de Vendôme devient roi de Navarre suite à la mort de son beau-père. Il est aussi nommé au poste de gouverneur de Guyenne occupé par le feu roi. Ainsi, Antoine libère la place de gouverneur de Picardie qu'il tenait depuis la mort de leur père, en espérant que Louis lui succède dans la charge, mais malgré ses services, il se voit refuser le gouvernement, auquel est nommé l'amiral de Coligny.

En 1557, il participe à la défense du royaume lors de l'invasion de la Champagne et de la Picardie par le duc de Savoie. Il participe aux prises de Calais et de Thionville. Malgré ses efforts, il reste aux marges de la faveur royale ; la charge de colonel général de l'infanterie par delà les monts qu'il reçoit en 1558, est bien modeste pour son rang.

Il manifeste assez tôt ses sympathies pour la Réforme protestante. Il fait peut-être, dès 1555, un voyage à Genève aux côtés de son frère Jean, comte d'Enghien et de Soissons au retour de la campagne d'Italie. Il se convertit secrètement sans doute à l'été 1558, influencé par son épouse Éléonore de Roye, fervente calviniste. Il s'impose alors comme chef naturel du parti huguenot en voie de construction.

Le 30 juin 1559, Henri II est blessé lors du tournoi en l'honneur du mariage de sa sœur. Louis est celui, avec Sancerre, Martigues, Guise et son frère le cardinal qui va le transporter à l'hôtel des Tournelles où il décéda quelques jours plus tard.

Après la mort d'Henri II, les mécontentements que lui font essuyer les Guise le jettent dans l’action violente. Il aurait été le capitaine muet de la conjuration d'Amboise (mars 1560), qu'il combat finalement pour donner le change. Suspecté par les Guise au pouvoir d'avoir fait partie des conjurés, Condé est assigné à demeure à la cour. S'il n'est pas arrêté, c'est que les Guise n'ont pas de preuve écrite de sa participation à la conjuration.

Réfugié chez son frère le roi de Navarre, il soutient activement le mouvement de sédition qui anime la province pendant l'été. L'arrestation de l'un de ses agents en possession de documents compromettants pousse le roi, le 31 octobre, à le faire arrêter. Certaines sources (protestantes) le présentent comme condamné à mort sans que cela soit établi. Son exécution aurait été ajournée par la maladie du roi qui meurt le 5 décembre. Avec le changement de gouvernement, il est libéré par Catherine de Médicis, qui a besoin du contrepoids que représente un prince du sang face aux Guise, après la mort du roi François II.

Après le massacre de Wassy le 1er mars 1562, il prend les armes. En avril, il publie un manifeste où il proclame sa volonté de délivrer la régente et le roi des Guise. Il obtient des promesses d’aide d’Allemagne, et s’empare de plusieurs villes de la vallée de la Loire avec une poignée de cavaliers. Les protestants prennent le contrôle de la vallée du Rhône, du Dauphiné, du Languedoc, de Lyon, dont il confie la garde à Soubise. Mais aucun renfort ne peut lui parvenir, ni de ces régions ni de Guyenne. Il perd la bataille de Dreux et y est fait prisonnier (1562). Il est libéré par la paix d'Amboise de 1563, qui octroie aux huguenots une certaine tolérance religieuse.

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