Ce Jour-là

Louis II de Bourbon

Duc de Bourbon (1356-1410)

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Louis II de Bourbon, né le 4 août 1339 et mort le 10 août 1410 au château de Montluçon, fut duc de Bourbon de 1356 à 1410, baron de Combrailles en 1388 et comte de Forez par mariage.

Surnommé le Bon Duc, il est considéré par ses contemporains comme le modèle du prince idéal.

Il était fils de Pierre Ier de Bourbon (1311-1356), duc de Bourbon, et d'Isabelle de Valois, fille de Charles de Valois. Sa sœur, Jeanne de Bourbon, épousa le futur roi Charles V dont il devint le beau-frère et, par la suite, un oncle du roi Charles VI.

En 1356, le roi Jean II le Bon l'envoie seconder son fils Jean nommé lieutenant du roi en Languedoc, Auvergne, Périgord et Poitou.

À la mort de son père à la bataille de Poitiers, il reçoit la charge de Grand chambrier de France.

Louis commence ses faits d'armes en secourant Reims assiégé par Édouard III d'Angleterre en 1359. Peu après, il est négociateur du traité de Brétigny puis devient l'un des otages livrés à la Cour d'Angleterre en échange de la libération de Jean II le Bon, qui a été fait prisonnier à Poitiers. Pendant sa captivité, le duché de Bourbon est dirigé par sa mère Isabelle de Valois.

Captivité et anarchie en Bourbonnais

Pendant l'absence du duc, le duché de Bourbonnais sombre dans le chaos. Les compagnies s'y installent et répandent la terreur, tandis que les seigneurs, loin de les combattre, les laissent faire ou même participent à leurs brigandages.

La justice est impuissante face à ces bandes, et le « grand procureur de Bourbonnais », un dénommé Huguenin Chauveau, ne peut que consigner les méfaits opérés par les vassaux du duc dans un ouvrage qu'il appelle le Livre Peloux.

Création de l'Ordre de l'Écu d'or (1366)

Louis II n'est libéré qu'en 1366. Lorsqu'il retrouve son duché de Bourbonnais, son autorité est, on l'a vu, gravement mise à mal par les compagnies et les barons. Plutôt que de combattre ces derniers, il choisit de se les rallier en fondant un ordre de chevalerie, l'Ordre de l'Écu d'or, et celui de la Ceinture d'Espérance, pour récompenser les principaux gentilshommes de ses domaines. La devise de l'ordre est « Espérance » Le jour de l'an 1367 a lieu une fête célébrant la création de l'ordre. Selon le chroniqueur Cabaret d'Orville, apparaît ce jour-là à la cour ducale de Moulins, Huguenin Chauveau qui, espérant faire justice, présente au prince son Livre Peloux. Il ajoute qu'avec les amendes et autres confiscations prononcées comme châtiments, le duc pourrait renflouer ses caisses. Mais Louis préfère jeter l'ouvrage au feu et accuse à juste titre le « procureur de Bourbonnais » de vouloir compromettre la noblesse de ses états. Il prononce donc de fait l'amnistie pour tous les crimes commis par ses vassaux durant son absence.

La concorde rétablie entre les seigneurs du duché, l'armée ducale peut écraser les compagnies lors de deux campagnes en 1367 et 1368.

L'un des barons turbulents qu'il ramène alors en son giron est son ami le puissant seigneur Goussaut de Thoury, qu'il fait Maître d'Hôtel et qu'il sort d'affaires judiciaires plusieurs fois.

Il seconde Charles V lors de la reconquête des territoires conquis par les Anglais. Suivant les consignes du roi et de Bertrand Du Guesclin, de ne pas engager de bataille, mais de mener une guerre d'escarmouche, il réussit à prendre une trentaine de places fortes entre 1369 et 1374, dans le Limousin, en Bretagne et en Guyenne.

Une trêve signée en 1374 entre la France et l'Angleterre lui permet de vaincre des bandes de mercenaires dans son comté, puis il part en Castille combattre les Maures, mais le roi Henri II de Trastamare voulant profiter de la présence des Croisés pour attaquer le Portugal, il refuse de continuer dans l'entreprise et revient en France.

En 1378, Charles V l'envoie combattre Charles II le Mauvais en Normandie, où il prend la plupart de ses places fortes.

Après la mort de Charles V, Bourbon fait partie du conseil de régence de Charles VI. Son prestige militaire et les liens étroits qui unissent les Bourbons aux Valois contribuent à faire de ce fidèle serviteur de la monarchie un personnage central sur la scène politique.

Son influence sur son neveu est très grande. Il le seconde activement pendant trente ans, que ce soit à la tête des armées royales ou sur le terrain diplomatique. Le duc de Bourbon est l'oncle pour lequel Charles VI a semble-t-il le plus d'affection. Le roi voit très régulièrement le « bon duc » qui l'accompagne dans beaucoup de ses déplacements. Le duc de Bourbon est présent au Conseil du roi, bien qu'il ne prenne que rarement parti pour un clan ou un autre. En cela, il suit la ligne de conduite historique de la maison de Bourbon, celle de fidèle soutien de la monarchie. En effet, sans l'appui et les largesses de la royauté, les maigres revenus de leur province n'auraient pas seuls permis aux ducs de Bourbonnais d'occuper une place si importante dans le gouvernement du royaume, bien qu'ils y fussent associés par le sang, comme descendants directs du roi Louis IX.

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