Ce Jour-là

Louis Feuillée

Le père Louis Éconches Feuillée (parfois écrit Feuillet) est un explorateur, botaniste, géographe et astronome français,

Anúncio

Le père Louis Éconches Feuillée (parfois écrit Feuillet) est un explorateur, botaniste, géographe et astronome français, né le 15 août 1660 à Mane près de Forcalquier et mort le 18 avril 1732 à Marseille.

Louis Feuillée baptisé à Mane le 15 août 1660 est le fils de Scipion Feuillée, maître boulanger, et de Marie Lieutaud originaire de Manosque. Il a une sœur Claire Feuillée qui épousera en 1674 Jacques Mollet, maître tisseur de toile à Forcalquier, et un frère Gérard Feuillée qui épousera en 1687 Geneviève Mollet. Louis Feuillée est issu d'une famille relativement aisée, le père possédant des terres agricoles et des troupeaux de moutons ; il appartient à la petite bourgeoisie montante des bourgs ruraux.

Il est élève des Minimes d'abord au couvent de Mane, puis, sur recommandation de Toussaint de Forbin-Janson évêque de Digne, au collège d'Avignon spécialisé dans l'enseignement de la physique et des mathématiques. En mars 1680 le jeune Louis Feuillée fait profession de foi à Avignon dans l'ordre des Minimes. Ce serait « une vocation savante plus qu'une vocation religieuse ».

Feuillée se rend ensuite au couvent des Minimes de Marseille où il a la chance dès son arrivée de rencontrer Jean Mathieu de Chazelles (1657-1710) qui l'initie à l'astronomie et la cartographie dans son observatoire des galères et le père Charles Plumier minime et botaniste de talent qui a décrit quelque 6 000 plantes lors d'un voyage aux Caraïbes et lui enseigne la botanique.

Ses travaux sont rares de 1691 à 1696, mais deviennent plus fréquents de 1697 à 1731 avec des publications dans les Mémoires de l'académie des sciences. Ses travaux sur l'éclipse de la lune le 28 octobre 1697 à Marseille et sur l'occultation par la lune d'une étoile de la constellation du Taureau le 7 mars 1699 le font connaître de Jean Dominique Cassini. Il entretient une correspondance suivie avec ce dernier qui le fait désigner, sur ordre du roi, aide géographe pour un voyage au Levant

En compagnie de Jacques Cassini, fils de Jean-Dominique Cassini, il part de Marseille au cours de l'été 1700 afin de déterminer la position géographique d'un certain nombre de ports maritimes et de villes. Il visite successivement Smyrne (octobre), Thessalonique (mars-avril 1701), les Cyclades et Rhodes (juin), la Crète (début juillet), Tripoli (fin juillet 1701) et la Tunisie où à Porto-Farina, à l'embouchure de la Medjerda, on lui vole ses instruments ce qui l'oblige à rentrer à Marseille plus tôt que prévu en novembre 1701. Jacques Cassini fait un rapport élogieux à l'Académie sur Feuillée et son voyage.

Deuxième voyage aux Antilles et Amérique du Sud

Le 17 janvier 1703 le père Feuillée reçoit par un courrier de Pontchartrain, secrétaire d'État de la Marine, les autorisations nécessaires pour effectuer un deuxième voyage. Il s'embarque à Marseille le 5 janvier 1703 sur le Grand Saint-Jean commandé par le capitaine Ganteaume qui amène en Martinique des forçats. Il arrive à Saint-Pierre le 11 avril 1703 pour un long séjour de quinze mois « observant le jour les plantes et la nuit les astres ».

Il est saisi par les fièvres ce qui ne l'empêche pas de s'embarquer le 4 juillet 1704 sur l'Ambitieuse, navire de 60 canons et 300 hommes, armé pour la course aux Espagnols. C'est avec ces corsaires qu'il visite la Guyane (9 juillet), Porto-Cabello (Venezuela), Sainte-Marthe (Colombie), Porto Bello (Panama) et Carthagène (Colombie - mi décembre 1704) où il échoue dans sa tentative de gagner le Pacifique. En 1705, il visite à nouveau les Caraïbes pour la réalisation de cartes (fort Saint-louis, Saint-Domingue et Saint-Thomas). Le 30 mars 1705 il retourne en Martinique d'où il partira en mai 1706 avec la flotte de d'Iberville qui escorte un convoi vers Brest. Il y arrivera le 21 juin 1706.

Durant ce séjour aux Antilles, il recueille de nouvelles espèces de la flore locale et dessine la carte de la Martinique. Son travail lui vaut la reconnaissance du gouvernement. Il est nommé correspondant de l'Académie des Sciences et « mathématicien royal » par Louis XIV. Il entame immédiatement les préparatifs pour un voyage de plus longue durée le long de la côte occidentale de l'Amérique du Sud afin de poursuivre ses observations.

Troisième voyage en Amérique méridionale

Quelques jours après la fin du siège de Toulon, Pontchartrain adresse les papiers nécessaires au père Feuillée pour une expédition en Amérique du Sud. Celui-ci s'embarque à Marseille le 14 décembre 1707 sur le Saint-Jean-Baptiste dont le capitaine est Jean Doublet. On décide prudemment de se joindre à un convoi de bateaux qu'escorte un corsaire l' Heureux Retour, frégate de 300 hommes et armé de 40 canons, commandé par Nicolas de Lambert officier du roi. Cette nécessité de se faire escorter, et d'éviter les zones dangereuses explique que le convoi mettra cinq mois pour atteindre Gibraltar, notamment aussi à cause des vents contraires et des tempêtes qui obligent le capitaine à faire escale en Sardaigne, à Malte, aux îles Baléares, et à Almería pour arriver enfin à Gibraltar le 9 mai 1708. Ce jour faillit marquer la fin de son voyage : son navire manque en effet de peu d'être capturé ainsi que les autres navires marchands du convoi, par deux frégates de la Royal Navy qui gardaient le détroit, l'une de 60 canons, l'autre de 72 canons. Le convoi ne devra son salut qu'au sacrifice de l'Heureux Retour qui va à la rencontre des deux navires anglais chacun plus lourdement armé que lui, permettant ainsi aux quatre navires marchands dont celui du Père Feuillée de s'échapper. Feuillée séjourne alors aux îles Canaries du 22 mai au 11 juin. Son bateau mettra trois mois pour atteindre Buenos Aires où il arrive le 14 août 1708. Le capitaine Jean Doublet attend l'été austral pour franchir le détroit de Magellan ce qui, en attendant, permet au père Feuillée de lever la carte de La Plata. Le cap Horn est franchi fin 1708 et le bateau arrive à Concepción au Chili le 21 janvier 1709. Le père Feuillée reste un mois dans cette ville, procède à des observations astronomiques, botaniques et zoologiques, puis fin février se rend à Valparaiso, puis Pisco, Callao et enfin Lima où il séjourne neuf mois. En janvier 1710 il quitte Lima pour revenir à Callao, Concepción, Valparaiso, puis se rend à Coquimbo et Arica ; il retourne à Concepción où il s'est fait de nombreux amis. Il diffère son retour car la cabine proposée ne lui semble pas assez confortable. Le 6 janvier 1711 il s'embarque sur le Philipeaux commandé par le capitaine Jean de Noailles, sieur de Parc, repasse le cap Horn, et après une escale le 9 avril à San-Fernando de Norunha et une autre en Martinique, arrive à Brest le 27 août 1711.

Les colonies espagnoles d'Amérique Centrale et du Sud semblent avoir été explorées par de nombreux scientifiques français pendant cette période. Ces hommes étaient à la fois des « conseillers scientifiques » non officiels et des espions. Entre 1735 et 1744, des scientifiques tels que Louis Godin (1704-1760), Charles Marie de La Condamine (1701-1774) et Pierre Bouguer (1698-1758) prendront part à de semblables expéditions.

Après son arrivée à Paris, Feuillée présente tous ses dessins au roi qui le pensionne. En 1714 il retourne à Marseille où le roi lui fait construire place Jean-Jaurès dans le couvent des Minimes, un observatoire personnel.

Feuillée se trouve à Marseille en 1720 lorsque se déclare la grande peste. Il donne quelques indications du fléau dans ses registres d'observations. Ainsi il note que le 3 septembre 1720 « la maladie commence à diminuer, le nombre de morts n'est plus aussi grand et on commence à nettoyer les rues et à transporter les cadavres dans des chariots à diverses églises de la ville et à de grande fosses ». Le 29 octobre 1720 il perd sa nièce de la peste. Le 1er septembre 1721 il regagne sa chambre au couvent des Minimes mais la peste fait sa réapparition en 1722 ; il ne reprendra son travail à son observatoire que le 1er janvier 1723.

À 63 ans il est encore attiré par le voyage et accepte la proposition de l'Académie d'aller déterminer la position du 1er méridien aux îles Canaries.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Louis Feuillée | World in Stories