Antoine François Philippe (dit Louis) Dubois-Descours, marquis de La Maisonfort, né le 23 juin 1763 à Bitry (Nièvre) et mort le 2 octobre 1827 à Lyon, est un général, diplomate et écrivain français.
Au début de la Révolution, il est officier de cavalerie. En mai 1791, il quitte la France. En 1792, il sert dans l'Armée des émigrés. En 1796, il fonde à Brunswick, avec Louis Fauche-Borel, une imprimerie qui édite des pamphlets royalistes.
En avril 1799, il se rend en Russie. Il y rencontre Louis XVIII et Paul Ier, auxquels il propose un projet de contre-révolution où Barras, qui doit remplir le principal rôle, « ne demande que 12 millions pour lui et ses amis ». Louis XVIII se montre favorable au projet, que ruine le coup d'État du 18 Brumaire (9 novembre 1799). La Maisonfort rejoint Paris en mai 1800 puis gagne l'Angleterre. Il s'y lie avec le comte d'Artois, qui le renvoie en France. En mars 1802, il est arrêté, incarcéré au Temple et déporté à l'île d'Elbe, d'où il s'échappe le 6 février 1803.
Proscrit, il parcourt toute l'Italie jusqu'à la fin mai 1804, en quête de protection. Après un passage en Grèce, il séjourne à Constantinople en septembre 1804, où Sélim III le reçoit brièvement en audience. Réfugié en Russie le 26 octobre 1804, il y fait la connaissance du comte de Blacas, représentant des intérêts de Louis XVIII. Durant ce séjour de huit ans, il se lie d'amitié avec le duc de Brunswick. De novembre 1806 à mars 1807, il effectue une mission diplomatique à Vienne. En octobre 1812, il part pour la cour de Suède, où il rencontre le prince Bernadotte. Le 18 décembre 1812, il gagne Londres puis séjourne dans l'entourage de Louis XVIII à Hartwell.
Le 15 avril 1814, il rentre en France. Il compte au nombre des rédacteurs de la déclaration de Saint-Ouen. Le comte de Blacas lui commande divers rapports secrets. En juillet 1814, il s'associe à la rédaction du journal La Quotidienne, qui lui assurera des revenus substantiels mais qu'il quittera en mai 1817 pour divergence d'opinion, le journal s'opposant au gouvernement. Une ordonnance du 24 août 1815, prenant effet au 30 janvier 1815, le nomme conseiller d'État en service extraordinaire, chargé du contentieux de la maison du Roi. Le 13 mars 1815, il est nommé maréchal de camp. Le 22 août 1815, le département du Nord l'élit représentant à la Chambre des députés, où il officie comme premier secrétaire. Mais malade, il ne sollicite pas de nouveau mandat après la clôture de la session le 5 septembre 1816. Pour l'en dédommager, on le nomme, le 19 juillet 1820, ministre plénipotentiaire près les cours de Toscane et de Lucques, en poste à Florence.
Alors qu'il regagne l'Italie après un congé de près d'un an, il meurt à Lyon, le 2 octobre 1827 à l'Hôtel de l'Europe sis 26 rue Louis le Grand (actuelle place Bellecour), victime d'une gangrène. Après un service funèbre en l'église Saint-Martin d'Ainay, il est inhumé le jeudi 4 à l'ancien cimetière de Loyasse.
Ordre royal et militaire de Saint-Louis (chevalier le 10 février 1798 ; commandeur le 20 août 1823) ;
Ordre de Saint-Vladimir de Russie (commandeur le 1er mai 1814) ;
Ordre de la Légion d'honneur (chevalier le 23 mai 1825) ;
Ordre de Saint-Joseph de Toscane (commandeur).
L'État réel de la France à la fin de 1795, pamphlet politique en 2 volumes (1796) ;
Le Duc de Monmouth, comédie en 3 actes (1796) ;
Le valet philosophe, comédie en 3 actes et en prose (1805) ;
Le Mariage de Daubigné (1806) ;
Les Trois Tantes, comédie en 5 actes et en vers (1807) ;
Les Projets de divorce, comédie en un acte et en vers (1809) ;
L'Héritière polonaise, roman en 3 volumes (1811) ;
Tableau politique de l'Europe depuis la bataille de Leipzig, pamphlet politique traduit dans presque toutes les langues de l'Europe et comptant jusqu'à 32 éditions (1814) ;