Louis Chedid est un auteur-compositeur-interprète, écrivain et réalisateur égyptien naturalisé français d’origine libano-syrienne, né le 1er janvier 1948 à Ismaïlia (Égypte).
Louis Chedid naît le 1er janvier 1948 à Ismaïlia. Il est le fils (cadet de deux enfants) de la poétesse Andrée Chedid (1920-2011) et de Louis Selim Chedid (1922-2021), biologiste de renommée internationale, ancien directeur de recherche au CNRS et professeur honoraire de l'Institut Pasteur. D'origine libanaise, syrienne et égyptienne, ses parents choisissent l'hôpital réputé d'Ismaïla sur le canal de Suez pour la naissance de Louis dont Roger Godel, le second mari de sa grand-mère maternelle était médecin-chef. Il arrive à Paris à l'âge de 6 mois où ses parents sont installés depuis 1945.
Enfant, il est écolier en maternelle et primaire dans l’institut catholique Bossuet, au 6 de la rue Guynemer où il fait ses premiers pas de chanteur avec les Petits Chanteurs à la croix de bois. Élève peu assidu, il est renvoyé du lycée Montaigne et ses parents l'inscrivent dans un cours privé, le collège Pollès où enseigne l'écrivain et philosophe Maurice Clavel dont il garde un grand souvenir. Il obtient son baccalauréat en 1968 lors de la session de rattrapage de septembre.
Passionné de littérature, de musique et de l'image, Louis Chedid étudie le cinéma à l'INRACI de Bruxelles afin de devenir réalisateur pendant un an et demi. Il y réalise deux courts-métrages dont il est aussi auteur et compositeur. En 1970, de retour à Paris, il entre comme stagiaire-monteur à Gaumont-Actualités, devient assistant puis chef-monteur et réalisateur de documentaires de 1971 à 1973.
Parallèlement à cette vie professionnelle, Louis Chedid joue de la guitare depuis l'âge de 12 ans et a participé à des groupes au lycée. C'est vers les 16 ans qu'il commence à écrire des chansons qu'il enregistrera un peu plus tard sur son premier magnétophone : un Revox 2 pistes. Grâce à Jean-Pierre Mitrecey, un ami réalisateur, il rencontre François Bernheim, directeur artistique chez Barclay (les Poppys, Esther Galil…) qui lui fait enregistrer son premier album au studio Condorcet à Toulouse avec le groupe Ophucius, ce qui lui permet de découvrir les coulisses de la fabrication d'un disque. L'album Balbutiements sorti en 1973 rencontre un succès d'estime. Barclay ne croyant pas suffisamment en lui, il décide d’aller voir ailleurs.
L’année suivante, il rencontre l’éditrice Rolande Bismuth, qui le fait signer chez CBS. Il y sortira trois albums en trois ans : Nous sommes des clowns sur lequel figure la première version du titre Hold Up (il en enregistrera une nouvelle en 1985.) Le Jeu de l’oie de Louis ; Ver de terre où il collabore avec Michel Bernholc, l’arrangeur de cordes de Michel Berger ou Véronique Sanson. Le 16 septembre 1976, il fait ses débuts sur scène à L'Olympia comme « vedette anglaise » de Nicole Croisille où il chante trois chansons, ce qui tout à la fois le frustre et lui donne le goût de la scène. Il y rencontre Bruno Coquatrix, Jean-Michel Boris et Pierre Desproges maître de cérémonie du spectacle. Tous deux se retrouveront plus tard au Tribunal des flagrants délires, émission culte de France Inter.
Peu après, un producteur de radio lui propose d’inviter un artiste qu’il apprécie. Louis, à peine connu, convie sans trop y croire Patrick Dewaere déjà en pleine gloire, celui-ci répond présent. Touché autant par le comédien que par l’homme et sa fin tragique, Louis écrira la chanson Les absents ont toujours tort sortie en 1983 sur l’album Panique organisée. Cette chanson sera reprise des années plus tard en concert par sa fille Anna (alias Nach).
En 1977, 1978 et 1979 le succès populaire arrive avec les chansons La Belle, T'as beau pas être beau (single vendu à plus de 150 000 exemplaires) et dont les chœurs sont assurés par ses enfants Émilie et Matthieu) et Papillon. En 1979, il est le raton laveur du conte musical de Philippe Chatel Émilie Jolie avec Georges Brassens, Henri Salvador, Sylvie Vartan, Françoise Hardy, Julien Clerc, Alain Souchon, Laurent Voulzy, Eddy Mitchell, Robert Charlebois, Isabelle Mayereau et Yves Simon.
Depuis ses débuts discographiques en 1973, Louis continue à travailler avec Michel Bonnecarrère et Jean-Pierre Pouret du groupe Ophucius.
En 1980, l’album Égomane, où figure la chanson Danseur mondain marquera la fin de leur collaboration. Intéressé par les nouvelles façons de faire de la musique avec l’arrivée des synthétiseurs et des premières boîtes à rythmes, il monte son premier studio et s’achète un Prophet 10 sur lequel il composera l'album Ainsi soit-il qui sort en novembre 1981. Le succès est immédiat. Le disque se retrouve en tête de tous les hit-parades. La photo de la pochette est signée Jean-Baptiste Mondino, qui réalisera (en 1983) celle de l’album suivant Panique organisée. Ils se retrouveront en 2015 pour le visuel de l'album et de l’affiche de la tournée familiale Louis, Matthieu, Joseph et Anna Chedid. 1981, c’est aussi la rencontre avec Alain Lévy, qui dirige CBS, et avec lequel il se liera d’amitié.
En 1983 il collabore avec Alain Souchon et compose les musiques de On avance, Banale Song et Les papas des bébés sont nuls.
En 1984 avec Françoise Hardy, il écrit la musique de Moi vouloir toi et Casse pas toute ma maison. Cette même année, il signe la bande originale du film Pinot simple flic, de Gérard Jugnot.
En 1985, en désaccord avec le successeur d’Alain Levy à la tête de CBS qui refuse de sortir le titre Anne, ma sœur Anne en premier single, il rompt son contrat et part signer chez Virgin. Anne, ma sœur Anne de l’album éponyme, qui dénonce la montée en puissance de l'extrême droite en France et évoque la figure d’Anne Frank, marque les esprits et devient un des classiques de son répertoire. Cette même année il remet au goût du jour Hold Up et co-réalise un clip réunissant Gérard Jugnot, Alain Souchon et Claude Brasseur et lui-même.
En 1986, Michel Berger lui confie la réalisation de sa chanson Y'a pas de honte.
Il rejoint Alain Levy parti diriger Polygram. Il signe chez Phonogram et travaille avec Philippe Lerichomme, le directeur artistique de Serge Gainsbourg, avec qui il réalise les deux albums suivants, Bizarre qui sort en 1988, avec la chanson Roulez jeunesse écrite avec Alain Souchon, et l’album Zap paru en 1990. En 1990 et 1992, il compose les musiques des films de Didier Kaminka : Promotion canapé et À quoi tu penses-tu ?.
Poussé par Françoise Verny, éditrice mythique chez Flammarion qui voit en lui un écrivain, il publie en 1991 son premier roman 40 berges blues.
En 1992, il sort l’album Ces mots sont pour toi avec un clip de Didier Le Pêcheur tourné dans les écuries du Château de Chantilly et dans lequel il interprète un clown, personnage qu’il affectionne particulièrement. Sur cet album figure la chanson Youpi avec le violon de Didier Lockwood et la guitare de Christian Escoudé. Cet album marque aussi la collaboration avec son fils Matthieu, guitariste sur l’album et la tournée qui s’ensuit.
Dans le cadre des soirées acoustiques qu’organise Europe 2, Louis Chedid donne un concert à Bobino où il revisite ses plus grandes chansons avec la complicité de Michel Bernholc qui écrit les orchestrations de cordes. Matthieu est à la guitare. Le concert est enregistré, l’album Entre nous sort en 1993. Didier Le Pêcheur réalise le clip de la version acoustique d’Anne, ma sœur Anne sur l’idée qu’avait donnée Michel Berger à Louis Chedid.