Ce Jour-là

Louis Charles du Chaffault de Besné

Officier de Marine français du 18e siècle

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Louis Charles, comte du Chaffault de Besné, seigneur de Chambretaud, Meslay, la Goyère et autres terres, né le 29 février 1708 à Nantes et mort en cette même ville le 27 juin 1794 à la prison de Lusançay (manoir de la Hautière), est un lieutenant général des armées navales français. Originaire d'une famille noble nantaise, Louis Charles du Chaffault de Besné entre jeune dans la marine royale et se distingue une première fois au large du cap Finisterre pendant la guerre de Succession d'Autriche.

La paix revenue, il effectue plusieurs missions dans les Antilles et ravitaille les établissements de Nouvelle-France. Promu lieutenant général des armées navales, il commande, en cette qualité, à la bataille d'Ouessant en 1778, ce qui lui vaut son surnom de l'« homme d'Ouessant ». Retiré en son château de Meslay à La Guyonnière (en Vendée) à la Révolution, il encourage à partir de 1793 l'insurrection contre la Convention nationale. Il est arrêté et meurt à la prison de Lusançay le 27 juin 1794.

Louis Charles du Chaffault de Besné est issu d'une ancienne famille noble originaire de Bretagne et du comté nantais, quoique depuis longtemps établie en Bas-Poitou, où elle possédait la terre de la Senardière, près de Montaigu ; celle de la Guignardière, près d'Avrillé, et d'autres domaines. Il est le deuxième des trois fils d'Alexis-Augustin, comte du Chaffault (1680-1740), seigneur de la Senardière et du Plessis-Besné, plus tard conseiller au parlement de Bretagne, et de Marie Boux de Saint-Mars, descendante de François Boux (v. 1512-1573), un médecin célèbre à Nantes, doyen de la faculté de médecine de Nantes, au XVIe siècle. Son frère ainé, Julien Gabriel du Chaffault (1707-1771), est, comme son père, conseiller au parlement de Bretagne.

Les du Chaffault étaient alliés aux d'Escoubleau de Sourdis et aux La Roche-Saint-André, deux familles poitevines qui, depuis près d'un siècle, se distinguaient dans la marine.

Il épouse sa cousine Pélagie de La Roche Saint-André, petite-fille du chef d'escadre Gilles de La Roche-Saint-André, le 7 janvier 1732 avec qui il a six enfants, parmi lesquels :

Marie-Auguste du Chaffault (né le 19 octobre 1732 et mort le 22 juillet 1775). Lieutenant de vaisseau, il est blessé à la bataille d'Ouessant.

Thérèse Charlotte du Chaffault (née le 7 janvier 1736 et morte le 13 février 1767), elle épouse Charles Louis de Royrand, seigneur de La Roussière.

Le jeune du Chaffault de Besné entre dans la « Royale » sous les ordres de son futur beau-père Louis-Gilles de La Roche Saint-André. Il intègre une compagnie de garde-marine le 15 novembre 1725, à l'âge de dix-sept ans. En 1728, il participe au bombardement de Tunis à bord de L'Astrée, commandée par le chevalier de Gouyon. Il se distingue de bonne heure et gravit les échelons de la hiérarchie militaire, il est promu enseigne de vaisseau le 10 juin 1733. En 1739, la France, souhaitant témoigner sa sympathie aux cours de Suède et de Danemark, envoie une escadre de quatre vaisseaux sous les ordres du marquis d'Antin, vice-amiral du Ponant. Du Chaffault sert dans cette escadre, à bord du Fleuron, commandé par Jean-André Barrailh. Dans son récit de la visite rendue au roi Frédéric Ier de Suède, le capitaine en second du Fleuron, le chevalier de Folligny écrit : « Il nous a dit qu'il était bien aise de voir à nos visages que l'air du pays nous était bon apparemment : l'embonpoint de Du Chaffault nous attirait ce compliment ».

Guerre de Succession d'Autriche

Promu lieutenant de vaisseau le 1er janvier 1746, il reçoit à Brest en février 1747 l'ordre d'armer deux frégates de 36 canons, l'Atalante, dont le commandement lui est confié, et La Syrène, commandée par le comte de Guichen pour aller croiser dans les eaux de Saint-Domingue. Du Chaffault, de deux ans l'ainé de Guichen, lui aussi lieutenant de vaisseau, reçoit le commandement de la division navale. Cette dernière quitte la rade de Brest le 28 mars, mais doit faire face à une terrible tempête. Le 13 avril, à l'ouest du Cap Finisterre, L'Atalante capture le Roi des Indes, un trois-mâts britannique parti des établissements de Caroline aux États-Unis avec du riz, du cuir et du bois à destination de Lisbonne. Du Chaffault confie à un de ses officiers le soin de la ramener dans un port de France. Le 18 avril, la flotte arrive en vue de Porto Santo, près de Madère, et, après une traversée de l'Atlantique au cours de laquelle elle passe à proximité d'un convoi anglais sans l'attaquer, elle rallie les Antilles le 16 mai et le Porto Santo deux jours plus tard. Les deux frégates reprennent la mer dès le 22 mai et capturent un corsaire britannique, le Clinton.

La même année, Du Chaffault de Besné est alors capitaine de pavillon du marquis de l'Estenduère, à bord du vaisseau amiral Tonnant. À la bataille du cap Finisterre, le 25 octobre 1747, L'Estenduère affronte les quinze vaisseaux de l'amiral britannique Hawke. Duchaffault est blessé au visage pendant le combat. Il est fait capitaine de vaisseau le 13 mai 1754, à 48 ans, et commande toujours L'Atalante.

Deux ans plus tard, en 1756, la guerre de Sept Ans éclate entre la France et l'Angleterre. Le 11 mars 1756 au matin, après quarante-trois jours de traversée, alors que du Chaffault commande L'Atalante dans la division du comte d'Aubigny, la flotte française attaque sur les atterrages de la Martinique un vaisseau anglais de 60 canons, nommé le HMS Warwick commandé par Molyneux Shuldham. Malgré l'énorme supériorité des forces françaises, le Warwick, après avoir essayé de soutenir le feu de l’Atalante, gagna au large avec de graves avaries ; puis, rejoint bientôt par la frégate, il amena son pavillon. L’Atalante remporte cette victoire sous les yeux de la division d'Aubigny, qui est demeurée spectatrice de la lutte sans y prendre part (11 mars 1756). Le lendemain, le Warwick est ramené à Fort-Royal. La division rentre en France. D'après Lapeyrouse-Bonfils :

« Louis XV écrivit de sa main une lettre des plus flatteuses au capitaine de L'Atalante, et les peintres du roi reçurent l'ordre de représenter ce fait d'armes dans un tableau destiné pour la galerie de Versailles. »

Mais la guerre s'est déplacée vers l'Amérique du Nord et du Chaffault est chargé de transporter des troupes au Canada. Il appareille de l'île d'Aix le 2 mai 1758, avec une division composée de cinq vaisseaux et trois frégates. Le 29 mai, l'escadre mouille à Port-Dauphin sur l'île Royale, elle trouve le port de Louisbourg bloqué par dix vaisseaux britannique, et débarque les troupes dans la baie Sainte-Anne. Ce secours tardif n'ayant pu empêcher la colonie de tomber au pouvoir des Britannique, du Chaffault revient en France. Il rencontre en chemin, à 66 milles environ nord - nord-ouest d'Ouessant, une escadre anglaise composée de sept vaisseaux et d'une frégate qu'il réussit à éviter et arrive sans encombre à Rochefort, le 12 novembre 1758.

Il est promu au grade de chef d'escadre le 1er octobre 1764. En 1765, le Roi confie à du Chaffault une expédition contre les pirates salétiens. Le 31 mai, il mouille devant Salé à bord de L'Utile, accompagné de six frégates, deux bombardes et une barque, L'Hirondelle. Le 2 juin 1765, les bombardes s'approchent de terre et font tirer leurs mortiers, qui envoient leurs bombes sur la ville mais sans succès. Cependant, le lendemain, la mer est énorme ; l'escadre dérade en filant les câbles d'ancres, par le bout sur des bouées, et croise au large. Le 9 juin, les vigies annoncent l'arrivée d'un renfort, deux chebecs de Toulon : Le Caméléon et Le Singe, ce dernier commandé par une recrue, « gueulard, ventripotent, chercheur de plaies et bosses, tête chaude et fin manœuvrier[réf. nécessaire] » : le bailli Pierre-André de Suffren.

Il dirige sa flotte contre Larache, qu'il atteint le 23 juin, bombarde le port, en détruit les batteries et brûle quelques navires marocains, du 25 au 27 juin.

Les troupes françaises perdront 300 hommes dont 30 ou 40 officiers et gardes de la marine après avoir été encerclées par les troupes marocaines. La France devra payer un lourd tribut pour que le Maroc relâche les prisonniers. La flotte n'a pas pu récupérer les prisonniers ou bien infliger des représailles aux forces marocaines. Cet échec fait suite à la guerre de Sept Ans qui s'était terminée par une défaite. La défaite de Larache a conduit à une trêve et un traité entre la France et le Maroc en 1767. Les prisonniers français auraient participé à la construction de la ville d'Essaouira.

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