Louis Barthou, né le 25 août 1862 à Oloron-Sainte-Marie (Basses-Pyrénées) et mort par homicide le 9 octobre 1934 à Marseille (Bouches-du-Rhône), est un journaliste et homme d'État français.
Député, conseiller général et sénateur des Basses-Pyrénées, plusieurs fois ministre à partir de 1894, président du Conseil en 1913, académicien en 1918 fauteuil 28 , il est en 1934 la principale figure du parti Alliance démocratique et à nouveau ministre des Affaires étrangères. À ce titre, il est chargé en octobre 1934 d’accueillir le roi de Yougoslavie Alexandre Ier au début de son voyage officiel en France. Mais le roi est assassiné dès son arrivée à Marseille et, dans la fusillade qui s’ensuit, Barthou est accidentellement blessé par un tir policier dont il meurt peu après.
Jean Louis Barthou naît le 25 août 1862 à Oloron-Sainte-Marie dans les Basses-Pyrénées. Il est issu d'un milieu relativement modeste : son père est quincaillier dans la petite ville puis à Pau.
Louis Barthou poursuit des études de droit à la faculté de Bordeaux avant de partir à Paris. Il étudie à l'École libre des sciences politiques, puis obtient son doctorat en droit à l'université de Paris au cours de l’année 1886. Revenu dans ses Pyrénées natales, il devient avocat, est inscrit au barreau de Pau, puis devient secrétaire de la conférence locale des avocats.
Louis Barthou est attiré très tôt par deux passions : la politique et le journalisme. Il embrasse donc les deux carrières. Tout en étant rédacteur en chef de l'Indépendant des Basses-Pyrénées, il adhère aux Républicains modérés avant de se faire élire en 1889, à l'âge de 27 ans, député des Basses-Pyrénées. Il sera réélu sans interruption à ce poste jusqu'aux législatives de 1919 et il quittera en 1922 la Chambre des députés pour le Sénat. Proche d'écrivains et d'artistes comme Jean Moréas, Antonio de La Gandara, Adolphe Willette et Paul Adam, il commence à fréquenter à la fin du siècle le salon de Mme Arman de Caillavet, l'égérie d'Anatole France.
Il est l'un des membres d'honneur de la Société nationale des beaux-arts en 1913.
En 1894, à l'âge précoce de 32 ans, Barthou obtient son premier portefeuille comme ministre des Travaux publics. Il est ensuite successivement ministre de l'Intérieur en 1896, de nouveau ministre des Travaux publics de 1906 à 1909, puis garde des Sceaux de 1909 à 1913. Louis Barthou est devenu l'un des grands notables de la IIIe République.
Le 22 mars 1913, sous la présidence de Raymond Poincaré, il devient président du Conseil, une fonction qu’il occupe jusqu’au 2 décembre de la même année. Conscient de la montée des périls (coup d'Agadir de 1911, etc.), et avec l'appui du président Poincaré, il reprend le projet de son prédécesseur direct, Aristide Briand, visant à augmenter la durée du service militaire : la loi des trois ans est votée par la Chambre en juillet 1913, malgré l'opposition de la SFIO et d'une majorité des radicaux.
Plusieurs événements entraînent son retrait temporaire de la scène politique. En un très court laps de temps, il subit la victoire de la gauche aux élections législatives de 1914 malgré la constitution de la Fédération des gauches — dont il fait partie — puis la déclaration de guerre et enfin la perte au front de son fils, quelques mois plus tard.
En 1917, il retrouve cependant une place de premier plan en récupérant le ministère des Affaires étrangères. Tout au long des années 1920, il continue d'occuper des ministères importants, comme ceux de la Guerre et de la Justice, dans des gouvernements de coalition républicaine.
Après les émeutes du 6 février 1934, l’ancien président de la République Gaston Doumergue est rappelé par Albert Lebrun afin de former un gouvernement d'union nationale pour tenter de stabiliser la politique intérieure. Pour ce faire, le nouveau chef du gouvernement s’entoure de deux poids lourds de la politique, proches du chef de l’État en exercice : Albert Sarraut à l'Intérieur et Louis Barthou aux Affaires étrangères.
Barthou essaie ainsi de lutter contre les menées hitlériennes en attirant le Royaume-Uni, l'Italie et l'Union soviétique dans un front anti-allemand. Il prône l'isolement de l'Allemagne en montant contre elle une série d'alliances avec les États de l'Europe centrale alliés à la France (Pologne et Petite Entente). Son projet de Pacte oriental se solde toutefois par un échec.
Le 9 octobre 1934, en tant que ministre des Affaires étrangères, Louis Barthou accueille le roi Alexandre Ier de Yougoslavie à Marseille.
Un attentat est alors commis par le révolutionnaire bulgare Vlado Tchernozemski, en collaboration avec le mouvement croate des Oustachis. Lors de la riposte des services de protection, Louis Barthou est touché par balle : son artère humérale est gravement atteinte. Dans l'affolement, l'infirmier qui tente de comprimer la blessure se trompe dans le placement du garrot, provoquant une hémorragie fatale. Barthou meurt peu après. Il repose au cimetière du Père-Lachaise (division 11), à Paris.
La disparition de Louis Barthou constitue une perte non sans conséquence pour la France : il était l'artisan et le moteur d'une politique visant à la constitution d'une alliance contre le péril nazi et nul ne reprend cette idée après sa mort.
Détail des mandats et fonctions
22 mars - 9 décembre 1913 : président du Conseil des ministres (gouvernement Barthou)
En quarante ans, de 1894 à sa mort en 1934, Louis Barthou a été ministre dans quinze gouvernements, pendant une durée cumulée de treize ans et demi.