Louis Auguste Victor de Ghaisne, comte de Bourmont, né le 2 septembre 1773 à Freigné et mort le 27 octobre 1846 dans la même ville, est un général français du Premier Empire, fait maréchal de France lors de la Restauration. Il fut ministre de la Guerre dans le Ministère Jules de Polignac du 8 août 1829 au 29 juillet 1830.
Il se distingue lors de la Chouannerie et comme commandant en chef de l'expédition d'Alger en 1830.
Fils de Louis Marie Eugène de Ghaisne, seigneur de Bourmont, de Freigné et de la Cornouaille, capitaine de cavalerie, aide de camp du prince de Condé, lieutenant des maréchaux de France au comté de Nantes, et de Joséphine Sophie Marie de Coutances, il est issu d'une famille angevine originaire des Flandres[réf. nécessaire], qui avait donné plusieurs officiers à la France.
Il est élève de l'école royale militaire de Sorèze de 1787 à 1790. Il y fait la connaissance d'Henri de La Rochejaquelein, d'un an son aîné.
À 15 ans, le 12 octobre 1788, il entre au régiment des Gardes-Françaises avec le grade d'enseigne, assiste aux évènements du 14 juillet 1789 et à la mutinerie de son régiment le même jour. Le 31 août 1789, après le licenciement de ce corps, il retourne au château de Bourmont. À la fin de 1790, il émigre à Turin avec son père, menacé dans ses biens et dans sa vie. En 1791, il sert sur le Rhin comme aide de camp du prince de Condé.
Le 21 janvier 1791, son père meurt à Turin, il revient quelques mois en France auprès de sa mère, puis rejoint le comte d'Artois à Coblence. Le régiment des gardes françaises ayant été reformé dans cette ville sous le nom d'hommes d'armes à pied, Bourmont y est nommé sous-lieutenant.
En 1792, Bourmont participe à la campagne qui se termine par la bataille de Valmy et la retraite du duc de Brunswick. Au licenciement de l'armée des émigrés[réf. nécessaire], il rejoint sa mère à Bar-le-Duc, puis s'engage comme simple soldat dans l'armée du prince de Condé, participe en octobre 1793 à la bataille de Wissembourg, puis le 2 décembre, à la bataille de Berstheim[réf. nécessaire].
Ses biens sont confisqués et vendus comme biens nationaux.
En 1795, il obtient du prince de Condé la permission de venir combattre dans l'Ouest de la France où il sert d'abord comme agent de liaison entre l'insurrection et l'émigration. L'adjudant-général vicomte de Scépeaux lui donne le commandement en second de ses troupes et la fonction de major-général de l'Armée catholique et royale du Maine, d'Anjou et de la Haute-Bretagne.
Chargé par Scépeaux d'aller à l'armée de Condé solliciter la présence dans l'Ouest d'un prince de la famille de Bourbon, il s'acquitte de sa mission et revient dans l'Ouest peu après la bataille de Quiberon.
Au mois de janvier 1796, le vicomte de Scépeaux le charge d'aller en Angleterre exposer à Louis XVIII la situation des royalistes en France. Bourmont rencontre le comte d'Artois à Édimbourg, en même temps que le duc d'Angoulême. Il reçoit alors du comte d'Artois la croix de Saint-Louis.
Bourmont retourne dans le Maine ; la paix ayant été conclue avec les chefs royalistes, il demande au général Hoche la permission de retourner en Angleterre. Mais il est exclu des mesures de clémence accordées aux insurgés en tant qu'inscrit sur la liste des émigrés et est condamné à l'exil en Suisse où il est conduit sous escorte.
De la Suisse, il regagne l'Angleterre et prépare activement les élections du 21 mars 1797, s'occupant d'organiser la propagande royaliste dans les départements de l'Eure, de l'Orne et des Côtes du Nord.
Il se voit confier le commandement des troupes royalistes du Maine. À ce poste, il déploie une infatigable activité, organisant une campagne de propagande, dressant les plans d'une offensive, groupant ses hommes en « divisions », toutes formées sur un même modèle, précisant jusqu'au moindre détail. Débarqué en France en septembre 1799, Bourmont prend part à la troisième chouannerie (1799-1800) à la tête des chouans de la Mayenne, de la Sarthe, du Maine, du Perche et du pays chartrain, soit environ 8 000 hommes répartis en quinze légions. Le 2 octobre 1799, il bat une troupe républicaine à la bataille de la Hennerie. Puis le 15, il prend Le Mans, mais abandonne la ville quelques jours plus tard. Le 26, il est repoussé par les patriotes de Ballée (bataille de Ballée). Il se montre partisan de la poursuite de la guerre lors des négociations de Pouancé. Cependant, il est battu le 23 janvier 1800 à la bataille de Meslay. Il cesse alors toute hostilité et entre en négociations avec les républicains le 26 janvier. Le 4 février, il signe la paix à Angers.
Après la paix, Bourmont se rend à Paris, y épouse Juliette de Becdelièvre de La Bunelaye, fille du marquis Hilarion Anne François Philippe de Becdelièvre, ancien conseiller du roi en tous ses conseils et premier président à la Chambre des comptes de Bretagne, et de Marie Émilie Louise Victoire de Coutances, mais refusant de céder aux sollicitations du premier consul, qui lui offre le grade de général de division, il est déclaré suspect.
L'attentat de la rue Saint-Nicaise et le séjour au Portugal
Après l'attentat de la rue Saint-Nicaise du 24 décembre 1800, il n'est ni arrêté ni accusé publiquement de complicité avec les royalistes, mais, peu après, compris dans la catégorie des royalistes qui refusent de se rallier au gouvernement, il est arrêté sur ordre de Fouché le 14 janvier 1801 et enfermé au Temple, puis transféré à la citadelle de Besançon en juillet 1801. Bonaparte, tout en maintenant le séquestre sur l'ensemble de ses biens, lui refuse un exil en Louisiane et lui fait savoir qu'il veut l'expédier en Inde.
Après trois ans et demi de captivité, il s'évade dans la nuit du 2 au 3 août 1804 et part au Portugal.