Ce Jour-là

Louis-Napoléon Bonaparte (1856-1879)

Prince français, fils et héritier de Napoléon III

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Napoléon Eugène Louis Jean Joseph Bonaparte, prince impérial, dit Louis-Napoléon, né le 16 mars 1856 à Paris et mort le 1er juin 1879 au pays zoulou (actuelle Afrique du Sud), est le fils unique de Napoléon III, empereur des Français et de son épouse, l'impératrice Eugénie.

Appelé Louis par ses parents, il signe Napoléon après la mort de son père, le 9 janvier 1873, au lieu de Louis-Napoléon précédemment. Il est parfois désigné sous le nom de « Napoléon IV » et surnommé « Loulou ».

En exil, il use parfois du titre de courtoisie de comte de Pierrefonds, déjà utilisé par son père, du nom du château médiéval que celui-ci fit restaurer par Viollet-le-Duc. S'étant engagé dans les troupes britanniques d'Afrique australe, il est tué durant la guerre anglo-zouloue lors d'un combat contre les guerriers zoulous.

La naissance du prince est très pénible pour l’impératrice Eugénie : on doit recourir aux forceps, qui lui fracturent le bassin. Sa vie durant, l’enfant portera au front la trace des fers. La ville de Paris offre au prince un berceau orné des armes de l’Empire.

Le 14 juin 1856, il est baptisé en grande pompe à Notre-Dame de Paris par le cardinal-légat Patrizi, représentant le pape. Paraphrasant la phrase célèbre d'Henri IV « Paris vaut bien une messe », Napoléon III dit de la cérémonie : « Un tel baptême vaut bien un sacre ». Le parrain est le pape Pie IX, la marraine la reine Victoria d’Angleterre, amie de l'impératrice. Mais Victoria étant de religion anglicane, c'est la reine de Suède Joséphine, fille d’Eugène de Beauharnais et cousine de l’empereur, qui la représente.

L’acte de baptême est rédigé sur le registre de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, dont dépend la chapelle des Tuileries. L'enfant est dit « fils de France », titre repris de l’Ancien régime, que Napoléon Ier avait utilisé pour le roi de Rome. Brièvement envisagée, l'idée de donner au prince le titre de roi d’Alger est abandonnée.

L’éducation du prince impérial doit être irréprochable. Miss Shaw, venue d'Angleterre, s'occupe de l'enfant, lui apprenant l'anglais dès son plus jeune âge. Napoléon III refuse de le réprimander. L'impératrice compense cette faiblesse et impose des règles d'éducation strictes.

L'empereur veut immédiatement placer son héritier sous la protection de l'armée. Dès le 26 avril 1856, le prince est immatriculé au registre des enfants de troupe, au 1er régiment des grenadiers de Garde impériale. À deux ans, le couturier Staub lui confectionne un uniforme. Le 1er janvier 1857, un ancien cuirassier, Xavier Ulhmann, est attaché au prince comme valet de pied, il ne le quittera plus.

Le petit prince peut entrer à toute heure dans le cabinet de l'empereur, sans aucun protocole. On doit le vouvoyer et les cent-gardes le saluent.

Très jeune, il est associé aux manifestations du régime. Il assiste aux cérémonies officielles, telles l'ouverture de la session législative ou la réception d'ambassadeurs (comme, en 1861, ceux du Siam). Le 14 août 1859, au retour de la campagne d'Italie, il assiste au défilé triomphal des troupes sur la place Vendôme, assis sur le devant de la selle de Napoléon III. En 1860, pour célébrer la victoire, il accompagne l'impératrice à un Te Deum à Notre-Dame de Paris. La foule l'acclame à chaque cérémonie publique. Il est aimé du peuple et sa popularité sert le régime. Régulièrement, en août, l'empereur l'amène au camp de Châlons pour le faire connaître de l'armée. Il s'y rend pour la première fois à l'âge de quatre ans. Il suit les manœuvres dans une petite voiture puis sur un poney.

Madame Bruat, née Caroline-Félicie Peytavin et veuve de l'Amiral Burat, ainsi que Madame Bizot, née Sophie de Lochner et veuve du général Michel Bizot, sont nommées gouvernantes du Prince impérial par décrets de Napoléon III datés du 4 et 11 mars 1856.

À l'âge de sept ans, on lui attribue comme précepteur Francis Monnier, professeur au collège Rollin. Mais sa méthode pédagogique n'a pour effet que de lui faire prendre du retard. Le 16 mars 1867, Monnier est remplacé par le général Frossard, un officier du Génie froid et sévère. À partir d'octobre 1867, un jeune universitaire de qualité, Augustin Filon (1841-1916), est nommé précepteur principal. Il fait rattraper son retard au prince en quelques années. Un autre professeur, Ernest Lavisse (qui deviendra plus tard l'un des responsables de l'université républicaine), est nommé précepteur adjoint.

S'il n'y est pas élève, le prince prend part aux devoirs et aux compositions du lycée Bonaparte (actuel lycée Condorcet). En 1868, il effectue l'une de ses premières apparitions publiques en présidant le banquet organisé par le lycée à l'occasion de la Saint-Charlemagne.

Le prince manifeste une grande sensibilité artistique. Il s'avère doué pour le dessin et la musique. Mais on n'encourage pas ces dispositions.

Bien qu'il ne fréquente pas l'école publique, le prince impérial joue avec des enfants de son âge. Dans une pièce située au premier étage du pavillon de Flore, il se divertit en compagnie de Louis Conneau, né la même année que lui, fils du médecin et ami de Napoléon III Henri Conneau.

Pour son treizième anniversaire, le prince impérial est promu sous-lieutenant. Il peut désormais revêtir l'uniforme d'officier lors des cérémonies officielles.

Le 7 mai 1869, il fait sa première communion. Le service du protocole se penche sur les Mémoires de Saint-Simon et ressuscite le cérémonial jadis utilisé, en pareille circonstance, pour le duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV.

En 1869, le prince et l'impératrice se rendent en Corse pour célébrer le centenaire de la naissance de Napoléon Ier. Le 29 août, quand le prince débarque à Ajaccio, des dizaines de milliers de voix entonnent L'Ajaccienne. Quand il visite la maison natale de son grand-oncle, l'enthousiasme du peuple est à son comble. Mal contenue par une police débordée, la foule se presse autour de lui et manque de l'étouffer. Mais le prince déclare calmement : « Laissez-les entrer, ils sont de la famille. »

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