Ce Jour-là

Lord Byron

Poète britannique

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George Gordon Byron, 6e baron Byron, généralement appelé Lord Byron [lɔːd ˈbaɪɹən], est un poète britannique, né le 22 janvier 1788 à Londres et mort le 19 avril 1824 à Missolonghi, en Grèce, alors sous domination ottomane. Il est l'un des plus illustres poètes de l'histoire littéraire de langue anglaise. Bien que classique par le goût, il représente l'une des grandes figures du romantisme de langue anglaise, avec William Blake, William Wordsworth, Samuel Taylor Coleridge, Percy Bysshe Shelley et John Keats.

Il se veut orateur à la Chambre des lords, mais ce sont ses poésies mélancoliques et semi-autobiographiques qui le rendent célèbre : Hours of Idleness, et surtout Childe Harold, inspirée par son voyage en Orient, propageant le modèle du héros romantique, dont le retentissant succès en 1813 le surprendra lui-même. Il s’illustre par la suite dans divers genres poétiques, narratif, lyrique, épique, ainsi que dans des œuvres courtes, comptant parmi ses plus connues, par exemple She walks in beauty, When we two parted et So, we'll go no more a roving, chacune d'elles chantant un moment de nostalgie personnelle. Il doit quitter l’Angleterre en 1816, en raison du scandale public causé par l'échec de son mariage et sa relation incestueuse avec sa demi-sœur. Dans ses œuvres suivantes, rompant avec le romantisme de sa jeunesse, il donne libre cours au sarcasme, à son génie de la rime et de l'improvisation, avec Beppo et son œuvre maîtresse, Don Juan.

Grand défenseur de la liberté, révolté contre la politique et la société de son temps, l'Europe du Congrès, il s’engage dans toutes les luttes contre l'oppression : en Angleterre dans la défense des Luddites, en Italie avec les Carbonari, en Grèce dans la lutte pour l'indépendance.

Hors norme et sulfureux, homme de conviction autant que de contradictions, à la fois sombre et facétieux, excessif en tout, sportif, aux multiples liaisons (avec des hommes et des femmes), il reste une source d'inspiration pour de nombreux artistes, peintres, musiciens, écrivains et réalisateurs.

Petit-fils de John Byron, il est le père de Lady Ada Byron King de Lovelace et de Elisabeth Médora Leigh-Byron.

La Grèce l'honore comme l'un des héros de sa lutte pour l'indépendance.

George Gordon est le fils de John Byron, capitaine aux Coldstream Guards, surnommé « Mad Jack ». Après avoir combattu en Amérique, ce dernier séduit Amelia Osborne, marquise de Carmarthen, fille de Robert Darcy (4e comte d'Holderness), puis déserte pour l'épouser, s'enfuyant avec elle en France, où elle donne naissance à une fille, Augusta (née en 1783), avant de mourir.

Revenu en Grande-Bretagne, il épouse la mère de George Gordon, Catherine Gordon de Gight (1765-1811), issue d’une famille de l'Aberdeenshire, descendant des Stuarts. Il l'épouse pour sa fortune, qu'il dilapidera rapidement. Pour fuir ses créanciers, il déménage régulièrement. Enceinte, Catherine le rejoint quelque temps en France, où elle s'occupe de sa belle-fille Augusta. Ne comprenant pas un mot de français et ruinée, elle rentre en Angleterre pour accoucher à Londres : son fils George Gordon y vient au monde le 22 janvier 1788, au 16 Holles Street, Cavendish Square.

L'enfant naît avec le pied droit difforme, un pied bot, le talon soulevé et la plante tournée vers l'intérieur, et Catherine Gordon écrit « Le pied de George est tourné vers l'intérieur ; c'est son pied droit. En réalité, il marche sur le côté du pied ». Toute sa vie, Byron devra porter une chaussure orthopédique et conservera une légère claudication.

N'ayant que peu de moyens, Catherine Gordon se retire à Aberdeen en Écosse, où elle vit avec un mince revenu de cent trente livres (130 £). Après avoir résidé un court moment auprès de sa femme et de son fils, John Byron retourne en France et fréquente des femmes de chambre et des actrices. Il meurt à Valenciennes en 1791.

Orphelin de père dès l'âge de trois ans, Byron étudie d'abord dans une école de quartier avant d'entrer en 1794 dans un collège d'Aberdeen pour apprendre le latin. Il s'y avère être un élève médiocre, mais commence à beaucoup lire, notamment de nombreux récits sur l'Orient.

Le caractère irascible et capricieux de sa mère, qui reporte sur lui l’amour débordant et la colère qu’elle éprouvait pour son père, fait naître en Byron une certaine irritabilité, qui se manifestera plus tard, notamment lors de son mariage. Il entre remarquablement dans les canons de la beauté de l'époque, bien qu’un peu joufflu durant ses jeunes années, des yeux gris-bleu, des cheveux auburn bouclés, d'une grande timidité, il est complexé par son infirmité, qu'il compense par des activités sportives intenses, particulièrement la course et la natation, pratiquées durant ses vacances dans la vallée de la Dee. C'est là qu'il apprend à se sentir écossais : portant le tartan des Gordon, ses promenades lui font apprécier les montagnes des alentours :

« Ma naissance me rendit à demi écossaisPar mon éducation je le suis tout entier ».

Il rencontre, probablement en 1795, sa cousine Marie Duff, qui le plonge dans un amour fébrile : « […] mon chagrin, mon amour pour cette petite fille étaient si violents que je me demande parfois si j'ai jamais été épris depuis lors ». C'est vers 1797, alors qu'il a neuf ans, que sa gouvernante May Gray, femme très pieuse qui lui a appris à lire la Bible, « venait le trouver dans son lit et jouait avec son corps ».

En mai 1798, conformément à la loi anglaise il hérite à dix ans du titre de son grand-oncle Lord William, cinquième baron Byron of Rochdale, mort sans héritier direct, et du domaine ancestral de Newstead Abbey, au cœur de la forêt de Sherwood, ancienne abbaye donnée à l'un de ses ancêtres par Henri VIII.

La demeure est dans un état de grand délabrement (le grand-oncle était mort endetté du fait qu'il avait entrepris de ruiner le domaine afin de déshériter son fils… mort avant lui), mais ces ruines gothiques, ainsi que les armoiries des Byron, fascinent le jeune garçon. C'est là qu'au cours de l'été 1800 (il a 12 ans) il s'éprend de sa cousine Margaret Parker, « l'une des plus belles et évanescentes créatures [qui soient] », pour laquelle il compose ses premiers poèmes.

En avril 1801 son entourage, jugeant le laxisme de sa mère nocif pour l’enfant, décide de l'envoyer, grâce à une pension de la Chancellerie, à la Public School de Harrow. Il s'y fait remarquer à la fois par son indiscipline et par son intelligence, s’y fait des amis – nobles et roturiers, se bagarre pour défendre les plus jeunes, fait des bêtises, lit beaucoup, s'essaye à tous les sports, et devient un bon joueur de cricket. Lors de vacances à Newstead Abbey en 1803, il s’éprend d’une jeune fille du voisinage, Mary Chaworth, et refuse de retourner à l’école. Il n’a que quinze ans et Mary, de deux ans plus âgée, déjà fiancée, dédaigne cet enfant boiteux et potelé : « Elle personnifiait l’idéal de toute la beauté que mon imagination juvénile pouvait concevoir, et tous mes fantasmes sur la nature céleste des femmes ont trouvé leur origine dans la perfection que mon rêve avait créée en elle — je dis bien créée, car je me suis rendu compte que, comme toutes les autres créatures de son sexe, elle était tout sauf angélique ».

Newstead est loué à un certain Lord Grey, qui, semble-t-il, fait des avances sexuelles à Byron. Il en est horrifié et retourne à l’école en janvier. Il se console avec l’affection platonique qu'il éprouve pour son camarade le comte de Clare : « Mes amitiés à l'école étaient pour moi des passions (car j'ai toujours été ardent) ; mais je ne crois pas qu'une seule d'entre elles ait survécu […] jusqu'à ce jour. Celle qui me lia à Lord Clare fut l'une des premières et des plus durables ». Il rencontre sa demi-sœur Augusta, qui devient sa confidente. Dans ses lettres, il se plaint des reproches continuels de sa mère, qui le compare à son père, et du comportement de Lord Grey. Il rêve de devenir orateur parlementaire et, au cours de vacances à Londres, il va écouter des discours à la Chambre des Communes.

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