La liturgie catholique est l'ensemble des rites, cérémonies, prières et sacrements de l'Église catholique développés au cours de l'Histoire. Cette liturgie trouve son origine pour une part dans l'Ancien Testament et dans la liturgie juive au temple de Jérusalem, et d'autre part, dans les paroles de Jésus de Nazareth, qui met en place une liturgie nouvelle dont le centre est l'eucharistie.
Le mot liturgie vient du grec λειτουργία / leitourgía, « service public, service du culte » de l'adjectif λειτουργός / leitourgós, « qui remplit une fonction publique, ministre du culte », de λαός / laós, « peuple » et ἔργον / érgon, « action, œuvre, service ». Il désigne donc, littéralement, l'action populaire (pour honorer Dieu).
La liturgie est un ensemble d’actes, de symboles et de paroles par lesquels l’Église aide les hommes à rendre un culte à Dieu et transmet la connaissance de Dieu aux hommes. On peut dire que la liturgie met l’homme en contact avec Dieu. Dans la liturgie catholique, ce contact passe par « l’exercice de la fonction sacerdotale de Jésus Christ ».
Tous les rites catholiques suivent les mêmes principes. Définie par l'autorité comme étant la prière de l'Église, la liturgie est une prière commune, officielle et publique, soumise à des normes. Elle met en œuvre un code rituel : ni le célébrant, ni les assistants ne peuvent faire ce qu'ils veulent. Ce n'est pas du théâtre, mais il y a bien une mise en scène. Il s'agit de faire ceci ou cela, de telle et telle manière, à tel et tel moment, ce qui est bien le propre d'un rituel.La ritualisation du contact avec Dieu que permet la liturgie à plusieurs fonctions. Elle garantit tout d'abord à la messe -comme rassemblement des chrétiens-, sa capacité à reproduire à l'infini l'événement central de l'eucharistie ou Cène.Le rituel a une autre fonction essentielle: Il permet de rompre avec l'espace profane de la vie quotidienne et de rendre ainsi possible la relation de l'homme avec le divin. Tout comme l'officiant, la personne qui participe à une liturgie n'interprète pas un rôle : dans cette prière, elle est pleinement elle-même. Elle investit la liturgie avec tout ce qu'elle est, y compris son corps.
La célébration des sacrements (Eucharistie, baptême, etc.) tout comme la Liturgie des Heures (Également appelée Office divin, c'est pourquoi on parle des différents offices de la journée, qui en compte sept) font partie de la liturgie. En revanche, une récitation de la prière du rosaire entre personnes privées, y compris quand elles sont réunies dans un lieu de culte et accompagnée par un prêtre ou un diacre, n'est pas considérée comme un rite liturgique.
L’année liturgique débute par l’Avent, temps de préparation à la Nativité (Noël) qui commence quatre semaines avant ; elle se termine par la fête du Christ Roi. À chaque jour de l'année est associé un passage des Évangiles. Une année ne suffisant pas, la lecture de l'ensemble des textes liturgiques du dimanche s'étale sur trois ans, appelés années A, B et C ; pour les messes de semaine, deux jeux de textes sont prévus, distinguant les « années paires » et les « années impaires » (on considère l'année liturgique, qui débute le premier dimanche de l'Avent, début décembre). Les lectures des Évangiles sont prises chaque année dans un même évangile, parmi les trois évangiles dits synoptiques (Matthieu les années A, Marc les années B et Luc les années C). Ainsi, du 27 novembre 2005 au 2 décembre 2006, l'année est B pour les dimanches, « paire » pour la semaine. Le lectionnaire est le nom du livre qui regroupe ces lectures dans l'ordre chronologique. Il existe aussi des lectionnaires pour le sanctoral, pour les sept sacrements, pour les messes des défunts. C'est un des acquis de la réforme liturgique voulue par le concile Vatican II (Constitution Dei Verbum) d'avoir demandé que la liturgie procure aux fidèles un accès beaucoup plus large à la parole de Dieu.
Le point culminant de la liturgie catholique est la fête de Pâques, fête de la résurrection de Jésus. Elle est précédée du temps du Carême qui se termine par la Semaine sainte. Au cours de la messe chrismale, présidée par l'évêque, les ministres ordonnés renouvellent les promesses de leur ordination ; puis l'évêque bénit l'huile des malades et l'huile des catéchumènes et consacre le Saint chrême. Cette messe est traditionnellement célébrée le jeudi saint au matin, mais parfois plus tôt dans la semaine. Vient ensuite la célébration de la Cène, avec le rite du lavement des pieds, le soir de ce même jeudi saint. La célébration de la passion du Seigneur a lieu le vendredi saint et le lendemain, dans la nuit du samedi au dimanche, au cours de la vigile pascale, on célèbre la Résurrection du Christ. C'est au cours de cette vigile pascale que sont traditionnellement célébrés les baptêmes des adultes. Cette fête est suivie d’une période de cinquante jours appelée « temps pascal » qui se termine par la Pentecôte. La résurrection de Jésus est aussi célébrée chaque dimanche, et chaque semaine est couronnée liturgiquement par le dimanche.
Cinq branches de la liturgie catholique
Les sacrements sont une forme particulière de la prière de l'Église. Dieu agit directement au travers des sacrements auprès des hommes. Chaque sacrement est normalisé et ces normes sont promulguées dans des livres liturgiques spécifiques à chacun.
Les sacrements, sont des signes de l’action de Dieu dans la vie d’un croyant et de l’Église. L’Église catholique romaine en distingue sept :
Le baptême. Le sacrement est dit ex opere operato, c’est-à-dire que la grâce divine est reçue indépendamment de qui le confère (voir donatisme). Il est réputé faire le chrétien. Tout le monde peut baptiser « au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » s'il le fait avec l'intention de faire ce que l'Église souhaite.
La confirmation, par laquelle l'Église confirme que le baptisé assume personnellement son baptême. Elle le manifeste alors par l'onction que donne l’évêque. Le confirmé est reconnu dans sa maturité chrétienne, il est invité à assumer sa part de la mission de l'Église. L'évêque peut déléguer son pouvoir de confirmation à un prêtre.
L’eucharistie ou communion : le corps et le sang de Jésus-Christ sous forme du pain (l’hostie) et du vin consacrés (transsubstantiés). Elle est considérée comme étant le plus important sacrement de l’Église.
Le sacrement de pénitence et de réconciliation, ou confession des péchés à un prêtre qui peut conférer « l’absolution », c’est-à-dire la rémission des péchés.
L’onction des malades, anciennement appelé « extrême-onction ».
Le sacrement de mariage, sacrement indissoluble depuis le XIIIe siècle (concile du Latran IV, 1215). L’annulation est toutefois possible dans certains cas exceptionnels, notamment la non-consommation du mariage. La séparation est autorisée ; mais les personnes séparées qui se remettent en couple sont considérés comme adultères si elles ne vivent pas « comme frère et sœur » c’est-à-dire dans l’abstinence.
L'ordination des évêques, prêtres et diacres, ou sacrement de l’ordre.
Les trois premiers constituent les « sacrements de l’initiation chrétienne ». Le baptême et la confirmation ne peuvent être conférés qu’une seule fois à une même personne (le baptême des autres confessions chrétiennes étant reconnu valide par l'Église catholique romaine).