Ce Jour-là

Littérature (revue)

Revue littéraire surréaliste (1919-1924)

Anúncio

Littérature est une revue littéraire française fondée à Paris par les dadaïstes Louis Aragon, André Breton et Philippe Soupault dont le premier numéro paraît en mars 1919 et le dernier en juin 1924.

Première série : mars 1919 – mai 1921

Courant février 1919, Aragon, Breton et Soupault ( « Les trois mousquetaires » ainsi surnommés par l’écrivain Paul Valéry) projettent de faire paraître une revue littéraire dans un esprit nouveau et inspiré par Guillaume Apollinaire.

Le premier numéro propose des objectifs de renouvellement assez modestes puisqu’on y croise de « grands anti-modernes » comme André Gide et Paul Valéry.

À leur côté, figurent des auteurs renommés comme Blaise Cendrars, Léon-Paul Fargue et Max Jacob dont leurs noms apportent une certaine caution à la valeur littéraire de la revue. Caution renforcée pour les numéros 2 à 4 qui publient des textes de « morts illustres » : Apollinaire puis Stéphane Mallarmé et Arthur Rimbaud.

Littérature paraît n’être qu’un « périodique littéraire, moderne mais traditionnel, appelé à prendre la relève de SIC et de Nord-Sud », revues de Pierre Albert-Birot et Pierre Reverdy.

Ce n’est qu’à compter du numéro 9 de novembre 1919 que les conventions éclatent à l’occasion d’une enquête lancée autour de la question « Pourquoi écrivez-vous ? » dont la publication des réponses occupe les trois numéros suivants.

L’enquête reçoit 83 réponses et ce procédé journalistique donne un nouveau souffle à la revue que n’a pas contrarié la venue à Paris de Tristan Tzara (janvier 1920).

La parution de Littérature cesse après le numéro de février 1920 pour ne reparaître qu’en mai alors que le dadaïsme parisien est à son apogée : ce numéro 13 publie les Vingt-trois manifestes Dada.

Cette inclination dadaïste se poursuit jusqu’en août 1921 et se distingue par la collaboration de jeunes poètes et autres artistes inconnus alors comme Max Ernst, Francis Picabia et Georges Ribemont-Dessaignes outre Aragon, Breton et Soupault.

Cependant les relations avec Tristan Tzara se refroidissent et Breton ne partage plus les orientations dadaïstes.

Le numéro 18, de mars 1921, présente un sondage destiné « à rendre compte du degré d’estime porté aux personnalités les plus diverses depuis l’Antiquité » selon André Breton. Suit une liste de noms notés de – 25 à + 20 par Aragon, Breton, Tzara, Paul Éluard. La note de 0 équivaut à l’indifférence absolue. Le but des promoteurs de ce système n’étant pas de « classer » mais de « déclasser ».

Le dernier numéro de cette série paraît le 21 mai 1921. Il est entièrement consacré au Procès Barrès.

Deuxième série : mars 1922 – juin 1924

La revue reparaît en mars 1922 sous la direction d'André Breton et Philippe Soupault.

« La couleur de la couverture à part, rien ne change : [ …] même goût pour les enquêtes provocatrices […] même ton hautain et casseurs d’assiettes. »

Sous une photographie de Man Ray en couverture, ce nouveau numéro témoigne de l’intérêt pour l’inconscient avec la publication de l’entretien Freud/Breton et de trois rêves de ce dernier.

Le numéro suivant consacre la rupture définitive avec Dada : Breton devient le seul directeur de la revue et publie Lâchez tout :« Dada n’était pas un commencement, mais une fin. » Enfin, s’intègrent à l’équipe littéraire Robert Desnos et Max Morise.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Littérature (revue) | World in Stories