Ce Jour-là

Lise Payette

Écrivaine, animatrice et femme politique québécoise

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Lise Payette (née Lise Ouimet) est une journaliste, animatrice, écrivaine et femme politique canadienne, née le 29 août 1931 à Verdun et morte à Montréal le 5 septembre 2018.

Elle s'est d'abord fait connaître du grand public en tant que journaliste de presse écrite et animatrice de radio dans les années 1950. Elle écrit notamment des articles pour Châtelaine et anime des émissions pour la radio de Radio-Canada. Après un séjour en France, elle revient au Québec pour animer l'émission Place aux femmes de 1965 à 1970. À la télévision, elle crée et anime le Concours du plus bel homme du Canada de 1966 à 1975, ainsi que le talk-show Appelez-moi Lise de 1972 à 1976.

En 1976, elle fait le saut en politique avec le Parti québécois. Elle dirige différents ministères dans le gouvernement de René Lévesque. À titre de ministre des Consommateurs, des Coopératives et des Institutions financières, elle est notamment responsable de la création de la Régie d'assurance automobile du Québec (aujourd'hui SAAQ) en 1978. Première titulaire du poste de ministre d'État à la Condition féminine, elle voit à l'application de la première politique officielle en cette matière au Québec. Elle joue aussi un rôle de premier plan pour le camp du Oui, lors du Référendum québécois de 1980.

Quittant la politique, elle devient scénariste et productrice de téléséries à succès dans les années 1980 et 1990. On lui doit notamment les séries Des dames de cœur, Marilyn et Les Machos. Elle revient au journalisme dans les années 2000. Elle tient une chronique dans Le Journal de Montréal, de 2004 à 2007, puis dans Le Devoir, de 2007 à 2016. Pour sa défense de la condition de la femme et ses nombreuses réalisations, Lise Payette demeure une figure incontournable du mouvement féministe québécois au XXe siècle et au XXIe siècle.

Lise Payette, née Marie Monique Lise Ouimet, est la fille aînée de Fernand Ouimet (1911-1965) et de Cécile Chartier (1905-1968). Elle a une sœur, Raymonde, née en 1932.

Elle grandit dans une famille de classe ouvrière, marquée par une forte présence féminine. Seul homme de la famille, son père, un conducteur d'autobus à Montréal, est souvent retenu à l'extérieur de la maison par son travail. Entretenant des rapports distants avec son épouse et ses filles, celui-ci fuit également la maison pour passer du temps avec des personnes inconnues du reste de la famille. Néanmoins, bien qu'il fût peu religieux et peu présent pour pourvoir à l'éducation de ses enfants, le père tenait malgré tout à ce que ses filles préservent leur vertu contre les vices des quartiers ouvriers montréalais. Il leur interdisait ainsi de porter du rouge sur les ongles ou du rouge à lèvres et leur louait un chalet pour qu'elles passent leurs étés loin de la grande ville, à Saint-André-d'Argenteuil, près du lac des Deux Montagnes.

Au fil du temps, la mauvaise relation entre les parents (aggravée par la fascination du père pour tout ce qui était de langue anglaise, chose que la mère ne partageait pas du tout), amène Lise Payette à apprendre à « s'organis[er] toujours entre femmes » avec sa sœur, sa mère et le reste de la famille étendue, très nombreuse. Parmi tous ces gens, elle s'attache particulièrement à sa grand-mère Marie-Louise (qu'elle surnomme « ma Marie-Louise »), qui gagnait sa vie comme femme de ménage chez des familles fortunées de Westmount.

Ses premières années se déroulent à Verdun. Puis, à l'âge de huit ans, la famille déménage à Saint-Henri. Durant son enfance, Lise Payette découvre le monde qui l'entoure à travers la lecture et la radio. Elle suit notamment les radioromans joués sur les ondes de CHLP et CKAC et se rend même à CKVL pour assister à des enregistrements publics. C'est par la radio qu'elle découvre également le hockey, un sport qui deviendra l'une de ses grandes passions. Son joueur préféré sera Ken Dryden.

Formation et premiers engagements

Lise Payette entre au primaire chez les Dames de la Congrégation à Verdun. Elle n'y reste que quelques mois. Forte de caractère et détestant toutes les formes d'injustice, la jeune fille s'adapte mal à cet environnement. Trouvant ses enseignantes « snobs et prétentieuses » et même « méchante[s] », elle finit par quitter cette école. Elle poursuit sa deuxième année chez les Sœurs de Sainte-Anne, dans le quartier Saint-Henri. Dans ce milieu, les religieuses se montrent plus sensibles à la réalité des familles ouvrières. La jeune Lise s'épanouit enfin. Aimant apprendre, comme elle le raconte dans son autobiographie, ses études se déroulent sans anicroche :

« J'étais souvent première de classe pratiquement sans effort, mais je ne tenais pas absolument à tenir ce rang tout le temps non plus. Je pouvais être deuxième ou même troisième sans me sentir atteinte dans ma fierté. J'aimais apprendre. Et puis les sœurs avaient une façon bien à elles de nous dire que rien ne nous était impossible, que nous devions nous faire confiance. Plus tard, elles nous disaient sans crainte de se tromper que seul notre travail nous permettrait une vie indépendante. Que nous devions apprendre pour ne jamais dépendre de qui que ce soit. Des principes comme ceux-là, s'ajoutant à ce qu'on m'inculquait à la maison, n'allaient pas tomber dans l'oreille d'une sourde ».

Au printemps 1945, alors qu'elle est en neuvième année, elle devient la présidente de la section de la Jeunesse étudiante catholique (JEC) de son école. Elle est choisie pour organiser un grand spectacle annuel consacré à la JEC. S'inspirant des comédiens et des animateurs qu'elle avait vus en personne lors des enregistrements de CKAC et de CKVL, elle s'initie à l'art oratoire et à l'animation d'événements. Sa prestation est remarquée par l'une de ses enseignantes, qui l'encourage à poursuivre ses études dans cette voie. Si sa mère approuve cette ambition, son père était d'un tout autre avis. Ce dernier croyait qu'« une neuvième année, c'était bien suffisant pour une fille ». Déterminée à prouver sa valeur, mais aussi à gagner son indépendance, Lise Payette décide de suivre les conseils de son enseignante. Elle décroche ainsi son premier emploi comme vendeuse à temps partiel chez Woolworth. Elle va ainsi dans un premier temps, de petit boulot en petit boulot, dans des boutiques de vêtements de Saint-Henri.

Vers 1948, elle se fait approcher par le Cercle pour les jeunes dans Saint-Henri. Il s'agissait d'un groupe d'animation sociale cherchant à créer un espace pour les jeunes de ce quartier défavorisé, pour leur permettre de se retrouver, d'écouter de la musique, de discuter des derniers livres parus ou de participer à un ciné-club. Dans ce milieu, elle fait la rencontre d'un jeune étudiant nommé André Payette, dont elle tombe amoureuse. Originaire de Montréal, il étudiait toutefois en Ontario, à la base militaire de Borden, dans le but d'obtenir son grade de lieutenant dans l'armée canadienne. Tout en commençant à le fréquenter (à distance), Lise Payette obtient son diplôme d'études commerciales en juin 1949. Elle travaille un temps comme secrétaire pour différents cabinets de dentistes, puis chez Bell Canada, dans des bureaux venant d'ouvrir près de chez elle.

André Payette finit par quitter l'Ontario pour poursuivre des études en philosophie à l'Université de Montréal. À cette époque, le jeune homme caresse le rêve de devenir comédien. Il se joint à la troupe de théâtre du père Émile Legault, les Compagnons de Saint-Laurent. Suivant partout son amoureux, Lise Payette fait ainsi la rencontre de futurs grands noms du milieu du spectacle, tels que Guy Hoffmann, Lionel Villeneuve, Hélène Loiselle, Jean Coutu, Yves et Jacques Létourneau, Georges Groulx et Guy Messier. En octobre 1951, André et Lise se marient. Lise Ouimet prend alors le nom de Lise Payette.

Les premières années de Lise Payette dans le monde des médias sont marquées par des déménagements à répétition. En 1952, son mari est fraîchement diplômé de l'université. Il se fait embaucher comme professeur d'anglais dans l'armée, à la base de Valcartier. Le couple déménage alors dans la région de Québec. Ce nouvel emploi le stimule peu. André Payette décide donc de faire le saut en journalisme. Il fait un court passage à L'Événement-Journal, puis se fait recruter au poste de radio CHLN de Trois-Rivières, qui avait la réputation d'être une pépinière de talents à cette époque. Le couple Payette déménage à nouveau. Cette fois, avec deux bébés sur les bras (Daniel, né en 1952, et Dominique, née en 1954), les jeunes parents ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. C'est dans ce contexte que Lise Payette décide de se remettre à travailler. Suivant son mari partout, elle offre ses services à l'annonceur de la station CHLN, Jacques Dufresne. Avec lui, elle rédige ses premiers textes pour la radio. Peu de temps après, André Payette reçoit une nouvelle offre du journal La Frontière, à Noranda. Il accepte cette offre et le couple déménage cette fois en Abitibi.

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