Ce Jour-là

Liliane Bettencourt

Femme d'affaires française

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Liliane Bettencourt, née Liliane Henriette Charlotte Betsy Schueller le 21 octobre 1922 dans le 7e arrondissement de Paris et morte le 21 septembre 2017 à Neuilly-sur-Seine, est une femme d'affaires et milliardaire française.

Elle est la fille unique et héritière de Eugène Schueller, fondateur — entre autres — de la Société française de teintures inoffensives pour cheveux devenue depuis le groupe L'Oréal et de Louise Madeleine Berthe Doncieux.

Veuve de l'ancien ministre André Bettencourt, elle est la première actionnaire de la multinationale L'Oréal. Elle est en 2016, d'après le magazine Forbes, la femme la plus fortunée du monde, et la 11e personne la plus riche du monde avec une fortune estimée à 36,1 milliards de dollars américains. Après sa mort, sa fille Françoise lui succède au titre de femme la plus riche du monde, étant même la première à atteindre les 100 milliards de dollars de fortune.

Liliane Henriette Charlotte Betsy Schueller naît le 21 octobre 1922 au 7, rue de la Chaise, dans le 7e arrondissement de Paris. Elle est la fille unique d'Eugène Schueller, chimiste et entrepreneur, et de Louise Madeleine Berthe Doncieux, surnommée « Betsy », professeure de solfège, pianiste et chanteuse. Sa mère est emportée en une nuit par un abcès au foie, alors qu'elle n'a que 5 ans, et la petite fille est placée durant dix ans chez des dominicaines de Lyon, qui font son éducation. Durant cette période, son père fonde et développe L'Auréale, entreprise de cosmétique rapidement florissante, qui deviendra L'Oréal. Elle effectue durant ses vacances des stages dans les usines du groupe.

Revenue à Paris, elle vit une enfance solitaire. À l'adolescence, elle est atteinte d'une tuberculose qui lui laisse de graves difficultés auditives, la contraignant parfois à lire sur les lèvres. Son père est remarié avec sa gouvernante anglaise, Annie Grace Burrows, et la famille vit luxueusement entre le boulevard Suchet (16e arrondissement de Paris), et la villa L’Arcouest, sur la côte nord de la Bretagne. Eugène Schueller y reçoit des membres de la bonne société intellectuelle, parmi lesquels Pierre et Marie Curie, l’historien Charles Seignobos ou l’astrophysicien Louis Lapicque.

À l'âge de 27 ans, elle épouse André Marie Joseph Bettencourt. Le mariage a lieu le 8 juin 1950 à Vallauris. Le contrat stipule que les biens d'Eugène Schueller reviendront en totalité à sa fille.

Fils de bourgeois normand, catholique et traditionaliste, André Bettencourt est d'abord un proche d'Eugène Schueller, dont il devient le bras droit. Les deux hommes ont en commun un passé d'engagements fascistes, et ont tous deux soutenu le régime de Vichy, donnant une part sombre à l'histoire familiale. Admirateur du national-socialisme allemand, Eugène Schueller soutient financièrement La Cagoule entre 1936 et 1940, ainsi que le Mouvement social révolutionnaire. Il organise malgré tout la protection des employés juifs de son groupe durant l'Occupation. André Bettencourt, quant à lui, soutient Pétain à vingt ans, et rédige des articles antisémites dans l'hebdomadaire La Terre française. Proche de François Mitterrand, qu'il rencontre dans sa jeunesse, à la pension des frères maristes, à Paris (104, rue de Vaugirard), il change de camp et le rejoint en 1942 dans la Résistance.

Admiratrice de son père, Liliane Bettencourt n'aura de cesse de le défendre et d'excuser ses engagements. Ainsi, en 1996, elle déclare « C’était un homme plein d’espérance, pathologiquement optimiste, qui ne comprenait rien à la politique. Il n’était jamais dans le bon bateau. ». De même, elle ne s'offusque pas lorsque l'homme d'affaires franco-israélien Jean Frydman révèle au début des années 1990 le refuge pour anciens collaborateurs qu'a été L'Oréal durant l'après-guerre.

André Bettencourt fait une longue carrière politique au sein de la droite conservatrice. Élu député en 1951, il entre au cabinet de Pierre Mendès France, et occupe de 1966 à 1973 des ministères dans les gouvernements de Georges Pompidou, Maurice Couve de Murville, Jacques Chaban-Delmas et Pierre Messmer. Durant les débuts de leur union, Liliane Bettencourt est principalement identifiée comme l'épouse de son mari, dont la notoriété croit rapidement. Alors qu'il est ministre des Affaires étrangères, elle l'accompagne en Chine afin de rencontrer le président Mao Zedong. À propos de ce dernier, elle déclare : « Il m'aimait bien. Peut-être trop… ».

À leur domicile de Neuilly-sur-Seine, les Bettencourt reçoivent nombre de personnalités, de politiques et d'artistes, et développent un vaste réseau. Ils nouent des relations suivies avec d'importants dirigeants politiques français. D'abord François Mitterrand, qu'André Bettencourt fréquente durant ses études en même temps que François Dalle, et dont il reste proche durant plus de soixante ans, en dépit de désaccords politiques. Le couple est également proche des Pompidou, puis des Chirac, des Balladur et des Sarkozy.

Ils ont une fille, Françoise Bettencourt Meyers, née le 10 juillet 1953. Ils auront par la suite deux petits-fils : Jean-Victor Meyers (né en 1986) et Nicolas Meyers (né en 1988).

C'est le décès de son père, en 1957, qui fait de Liliane Bettencourt la propriétaire de L'Oréal. Son mari, et le petit cercle de proches de la famille, parmi lesquels le couple Pompidou, l'épaulent. Elle est également une fine connaisseuse de l'entreprise, qui fait partie de sa vie depuis son enfance. Première actionnaire du groupe, elle accorde sa confiance à François Dalle, dauphin de son père et codirecteur de L’Oréal depuis 1948, qu'elle nomme directeur. Il restera à la tête du groupe durant vingt-sept ans. C'est sur les conseils de ce dernier qu'en 1963 elle approuve l'introduction en bourse qui fera sa fortune. Sur les conseils de Georges Pompidou, qui la presse de le faire dès 1969, elle fait entrer Nestlé au capital de l'entreprise en 1974, afin d'éviter une nationalisation prévue par la gauche dans son programme commun en cas d'arrivée au pouvoir. À partir de 1980, elle devient la femme la plus riche de France.

Elle se montre impliquée à la tête de l'entreprise, et siège au conseil d'administration jusqu'en 2012. Proche des PDG du groupe, elle en connaît également les dirigeants et les administrateurs, mais laisse une grande autonomie au management. Désireuse, selon Lindsay Owen-Jones, de pérenniser la création de son père, elle choisit sa vie durant de ne pas fractionner son capital, là où certains lui conseillent par prudence de diversifier son patrimoine. En 2005 elle fait à ce dernier, alors l'un des patrons les mieux payés du CAC 40, un don de 100 millions d'euros, qui, une fois révélé, le pousse à quitter la présidence de l'entreprise.

Avec son mari, elle crée le 22 décembre 1987 la fondation Bettencourt-Schueller, dédiée au mécénat dans les domaines de la recherche médicale, de la culture et de l'humanitaire.

Fin de vie et affaires judiciaires

Avec le temps, elle délègue de plus en plus la gestion de ses affaires à son mari, puis à son gendre Jean-Pierre Meyers. André Bettencourt meurt en novembre 2007 et les années qui suivent sont marquées par deux affaires judiciaires, largement médiatisées et qui amènent Liliane Bettencourt à s'exprimer publiquement : les affaires Banier-Bettencourt et Woerth-Bettencourt.

Durant les dernières années de sa vie, Liliane Bettencourt accorde ses largesses à un aréopage de courtisans, auxquels elle donne de l'argent par dizaine de millions. Ce phénomène atteint son paroxysme avec le photographe et mondain François-Marie Banier, rencontré en 1997, envers qui les dons en chèques, biens immobiliers, assurances vie et tableaux de maîtres, sont évalués à plusieurs centaines de millions d'euros. Dans un testament de 2007, elle va jusqu'à faire de lui son légataire universel.

Ces cadeaux déclenchent un conflit entre la milliardaire et sa fille Françoise Bettencourt Meyers. Cette dernière demande à quatre reprise le placement de sa mère sous protection judiciaire, afin de la protéger. En réaction, Liliane Bettencourt, qui a déjà transmis ses actions L'Oréal à Françoise, accuse son gendre de vouloir vendre le groupe. Le conflit devient médiatique, la pousse à sortir de sa réserve pour accorder des interviews dont les questions sont souvent rédigées à l'avance par ses communicants.

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