Lilian Thuram, né le 1er janvier 1972 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), est un footballeur international français, ayant évolué au poste de défenseur.
En tant que footballeur, il débute en région parisienne avant de terminer sa formation à l'AS Monaco. Il y débute en Championnat de France en 1991. Thuram s'impose au fil des saisons en défense de l'équipe toujours bien classé en Division 1 et qui joue presque chaque saison une Coupe d'Europe. En 1996, il rejoint le meilleur championnat d'alors, la Serie A italienne. Au Parme AC, Thuram est replacé défenseur central et en forme un binôme reconnu pour son efficacité avec Fabio Cannavaro. Lors de l'année 1999, Parme remporte le triplé Coupe de l'UEFA-Coupe d'Italie-Supercoupe italienne. En 2001, le Français rejoint la Juventus FC avec laquelle il gagne plusieurs fois la Serie A et est finaliste de la Ligue des champions 2003. Il quitte le club en 2006 au moment du Calciopoli. Après deux saisons au FC Barcelone, et alors qu'il s'apprête à signer au Paris Saint-Germain, il annonce en conférence de presse devoir mettre un terme à sa carrière à la suite de la détection d'un problème cardiaque.
Lilian Thuram dispute sa première rencontre avec l'équipe de France de football en 1994. Après avoir fini demi-finaliste de l'Euro 1996, il remporte la Coupe du monde 1998. Lors de la demi-finale face à la Croatie, il inscrit ses deux seuls buts avec les Bleus, qui donnent la victoire à son équipe. Défenseur latéral puis central, il gagne ensuite le Championnat d'Europe 2000 et la Coupe des Confédérations 2003 avec la sélection, puis dispute la finale de la Coupe du monde 2006. Avec 142 sélections, il est le joueur le plus capé de l'histoire de l'équipe de France de 2006 à 2022 (record battu par Hugo Lloris).
Également auteur et philanthrope, il est engagé politiquement et prend publiquement position sur des sujets liés à l'égalité, à l'immigration et au racisme. Il a été membre du Haut Conseil à l'intégration. Il crée en 2008 la fondation Lilian Thuram-Éducation contre le racisme. Il est par ailleurs auteur de plusieurs livres sur ces sujets.
Lilian Thuram a deux fils, Marcus (né en 1997) et Khéphren (né en 2001), eux aussi footballeurs et internationaux français.
Lilian Thuram grandit à Anse-Bertrand, une commune de Guadeloupe, en France. Il est élevé par sa mère Mariana et ne connaît son père « que de loin ». Son enfance est faite d'une « vie simple, faite de parties de football dans la rue, de courses avec les copains sur les plages de sable, de frasques d'écolier », dit-il. En 1980, sa mère quitte la Guadeloupe pour la métropole. Lilian reste avec ses frères et sœurs, puis en septembre 1981 les enfants rejoignent leur mère, qui travaille depuis un an comme femme de ménage. Lilian a neuf ans en 1981. Rapidement, la famille déménage de Bois-Colombes où il subit des blagues racistes. Cela déterminera ses combats futurs : « Je me demandais pourquoi la couleur blanche est associée au bien et la couleur noire au mal ? »
Installé vers le quartier des Fougères à Avon près de Fontainebleau, il joue milieu de terrain offensif pour le club local des Portugais de Fontainebleau (duquel il part avant ses 12 ans), puis au Racing club de Fontainebleau et à l'US Melun où il croise notamment Claude Makélélé. Alors cadet national, Thuram préfère passer son baccalauréat au lycée François-Ier[réf. nécessaire] plutôt que de répondre favorablement aux sollicitations du Stade rennais. À dix-sept ans, il rejoint le Centre de formation de l'AS Monaco.
Débuts professionnels avec Monaco (1990-1996)
Quelques mois après être entré à l'AS Monaco, à l'âge de 18 ans à l'été 1990, le médecin le déclare perdu pour le football à la suite d'une opération du genou.
Arsène Wenger fait débuter Lilian Thuram en première division le 24 mai 1991, lors d'un match face au Sporting Toulon Var (1-1). Le club est vice-champion de France.
Il fait définitivement partie de l'équipe professionnelle lors de la saison 1991-1992, lors de laquelle il joue 19 matches de championnat que l'ASM termine en seconde position. Lors de la 14e journée face au FC Metz, il effectue deux erreurs dont une passe en retrait à Jean-Luc Ettori, permettant à François Calderaro de marquer (défaite de l'ASM 2-0). Dans sa biographie, il déclare avoir entendu « Oui, oui, derrière, derrière » pensant que c'était Ettori, alors qu'il s'agissait de l'attaquant messin. Thuram découvre aussi la coupe d'Europe, en jouant quatre matches de Coupe des coupes. Il est remplaçant lors de la finale perdue contre le Werder Brême et ne rentre pas en jeu.
L'année suivante, le défenseur s'impose comme un titulaire indiscutable en défense de l'équipe qui se classe troisième de D1 1992-93. Il est d'abord associé à Emmanuel Petit puis à Franck Dumas dans la charnière centrale asémiste.
En 1993-1994, Monaco se hisse en demi-finale de Ligue des Champions, et s'incline sur le score de trois buts à zéro contre le Milan AC le 27 avril 1994. Thuram est toutefois absent pour ce match.
Il quitte le club monégasque à l'issue de la saison 1995-1996, terminée à une nouvelle troisième place en D1. Après six ans passés sur le Rocher, il part pour l’Italie après l’Euro 96 et s’engage avec Parme.
Confirmation à Parme (1996-2001)
Six saisons plus tard, en 1996, il quitte la France pour la Serie A italienne en signant à Parme. Il se souvient en mars 1999 : « J'avais des propositions dans d'autres grandes équipes italiennes comme la Juventus FC mais j'ai choisi Parme car le discours des dirigeants a été plus convaincant ».
Thuram joue son premier match sous ses nouvelles couleurs le 28 août 1996, à l'occasion d'une rencontre de coupe d'Italie face au Delfino Pescara 1936. Il est titularisé mais ne peut empêcher la défaite de son équipe par trois buts à un. Il inscrit son premier et unique but avec Parme le 2 mars 1997, lors d'une rencontre de championnat face au Cagliari Calcio. Il contribue ainsi à la victoire des siens par trois buts à deux. L'équipe est vice-championne d'Italie 1996-1997. En fin d'année 1997, il remporte le prix Guerin d'Oro de l'hebdomadaire italien Guerin Sportivo, avec Gianluca Pagliuca et Angelo Peruzzi, récompensant le meilleur joueur du championnat d'Italie. Il est aussi élu footballeur français de l'année par France Football.
Pour sa deuxième saison, il est élu meilleur joueur étranger et meilleur défenseur du championnat alors que Parme termine en quatrième position de Serie A. Arrière-droit à son arrivée, il est rapidement repositionné dans l’axe de la défense.