Le Liechtenstein, en forme longue la principauté du Liechtenstein ou principauté de Liechtenstein (en allemand : Fürstentum Liechtenstein), est un pays alpin d'Europe centrale, sans accès à la mer, bordé par la Suisse à l'ouest et au sud et par l'Autriche à l'est et au nord. Sa superficie est de 160 km2, avec une population de 41 237 habitants en 2026. Sa capitale est Vaduz et sa plus grande ville est Schaan. En 2017, selon The World Factbook, le Liechtenstein possède l'un des plus hauts PIB par habitant. Le pays a également l'un des taux de chômage les plus bas au monde (2,5 % en 2011). Le Liechtenstein est le plus petit et le plus riche des pays germanophones.
Politiquement, il s'agit d'une monarchie constitutionnelle parlementaire, avec un prince (en allemand « Fürst ») pour souverain et chef d'État (principauté). Le pays est divisé en onze communes et deux circonscriptions électorales, qui se nomment l'Unterland et l'Oberland.
Le territoire liechtensteinois est majoritairement montagneux. Entièrement situé dans les Alpes, le Liechtenstein possède deux stations de ski : une pour le ski alpin et le snowboard, et une autre pour les sports nordiques. Les champs cultivés et les petites fermes caractérisent les paysages du sud, plus élevés (Oberland), et la plaine alluviale du Rhin au nord, moins élevée (Unterland). L'économie du pays repose principalement sur un puissant secteur financier localisé dans sa capitale, Vaduz. Il n'est plus identifié par l'OCDE comme un paradis fiscal. Il est membre de l'Association européenne de libre-échange (AELE), de l'Espace économique européen (EEE), de l'espace Schengen, mais pas de l'Union européenne (UE).
Le territoire actuel du Liechtenstein constituait autrefois une petite partie de la province romaine de Rhétie. Pendant des siècles, cette terre resta géographiquement éloignée des intérêts stratégiques européens. Avant l'avènement de la dynastie actuelle, la maison de Liechtenstein, la région était inféodée à une branche de la maison de Habsbourg dont le chef était l'archiduc d'Autriche qui résidait à Vienne.
La maison de Liechtenstein tire son nom du château de Liechtenstein, situé en Autriche, dans la banlieue sud de Vienne et ayant appartenu à la dynastie de l'an 1140 au XIIIe siècle, avant de lui revenir définitivement en 1807. Au cours des siècles, les Liechtenstein entrèrent en possession de vastes domaines, notamment en Moravie, en Basse-Autriche et en Styrie, sans toutefois échapper à la tutelle de seigneurs supérieurs, pour la plupart des membres de la maison de Habsbourg, lesquels s'attachaient les princes de Liechtenstein. Ainsi, sans aucun territoire détenu directement sous l'égide de l'Empereur, les membres de la maison de Liechtenstein ne pouvaient remplir les conditions requises pour siéger à la Diète.
La famille, désireuse d'accroître son pouvoir par l'obtention d'un siège, mit tout en œuvre pour acquérir des terres dites « immédiates » (unmittelbar, en allemand), c'est-à-dire n'ayant d'autre suzerain que l'empereur lui-même. Les Liechtenstein, après de longues négociations, furent autorisés à acheter à l'empereur deux minuscules comtés sis aux confins de ses terres à la frontière suisse, les comtés de Schellenberg en 1699 et de Vaduz en 1712.
Ces deux petites parcelles répondant aux critères requis, l'empereur Charles VI les unifia et les éleva le 23 janvier 1719 au rang de principauté, laquelle fut baptisée Liechtenstein en l'honneur de son nouveau prince, Antoine-Florian de Liechtenstein. C'est à cette date que le Liechtenstein devint un État souverain dans le cadre du Saint-Empire. La transaction ayant été purement politique, les princes de Liechtenstein ne se rendirent pas sur leur nouvelle terre avant plusieurs décennies.
En 1806, le Saint-Empire fut envahi par la France napoléonienne, ce qui eut d'importantes conséquences pour le Liechtenstein : les anciennes structures politiques et administratives se délitèrent rapidement à la suite de l'abdication de l'empereur germanique, et le Saint-Empire lui-même fut dissous. Le Liechtenstein rejoignit en 1806 la confédération du Rhin créée par Napoléon. Alors que presque tous les petits États allemands disparaissaient, le Liechtenstein réussit à intégrer cette Confédération du Rhin en restant indépendant. Dès lors, il aligna ses intérêts sur ceux de l'Autriche, où les princes Liechtenstein avaient la majeure partie de leurs terres. Après 1815, le Liechtenstein devint un des États membres de la Confédération germanique.
La Première Guerre mondiale n'eut pas de réelle influence sur ce petit État qui resta neutre, bien qu'à titre personnel le prince Johannes servît comme capitaine de frégate dans la Marine austro-hongroise. En 1918, la chute de la maison de Habsbourg-Lorraine, la proclamation de la république en Autriche et la crainte du bolchevisme poussèrent la famille princière à se réfugier dans sa principauté sur laquelle elle régnait depuis deux siècles mais qu'elle ne connaissait guère. La principauté se rapprocha en 1919 de la Suisse, concluant par la suite avec elle une union monétaire et douanière ; cela contribua probablement à lui éviter d'être annexée par le Troisième Reich lors de l'Anschluss.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le Liechtenstein resta également neutre et les biens familiaux se situant dans les zones de combat furent rapatriés dans la principauté ou à Londres, pour être conservés en lieu sûr. À la fin du conflit, la Pologne se vit attribuer des territoires allemands dits « territoires recouvrés », tandis que la Tchécoslovaquie expulsa ses habitants germanophones (dont des Allemands des Sudètes) : cela eut pour conséquence que des membres de la famille princière du Liechtenstein se virent expropriés de la totalité de leurs possessions héréditaires en Bohême, en Moravie (principalement à Lednice et Valtice dont les parcs et château sont inscrits par l'UNESCO au patrimoine mondial de l'humanité) et en Silésie. Les expropriations portaient sur 1 600 km2 de terres forestières et agricoles, ainsi que sur plusieurs châteaux et palais impériaux que les princes de la famille exploitaient d'ailleurs peu jusqu'en 1938 : en effet, ces aristocrates autrichiens vécurent principalement à Vienne jusqu'à cette date.
Au cours de la guerre froide, le Liechtenstein ne reconnut pas et ne fut pas reconnu par les régimes communistes instaurés après-guerre, d'autant qu'il fut le seul État occidental à refuser de livrer à Joseph Staline les réfugiés antisoviétiques se trouvant sur son territoire en 1945. En effet, le Liechtenstein donna asile à environ 500 soldats et civils constituant une « armée nationale russe » sous la direction du général Boris Smyslovski, similaire à l'Armée Vlassov, constituée de Russes et d'Ukrainiens qui avaient combattu avec la Wehrmacht contre le régime de Staline. Ces soldats et civils connurent un destin bien différent de celui des combattants de l'armée Vlassov. En effet, les soldats capturés par les Américains et par les Britanniques furent désarmés et livrés aux Soviétiques, conformément aux accords de Yalta, et la grande majorité d'entre eux furent envoyés au Goulag ou tués. Le prince du Liechtenstein François-Joseph II et son gouvernement furent les seuls qui refusèrent de livrer à l'URSS ces soldats de l'armée d'Holmston, réfugiés sur sa minuscule principauté, et à tenir tête aux pressions soviétiques. Cet épisode est commémoré par un monument du village frontière de Hinterschellenberg, et a été relaté une cinquantaine d'années plus tard dans le film Vent d'est.
Les possessions héréditaires des Liechtenstein dans les pays de l'ancien bloc de l'Est sont aujourd'hui l'objet de négociations à la Cour internationale de justice. Le Liechtenstein n'entretenait aucune relation diplomatique avec la Tchéquie et la Slovaquie, États qu'il ne reconnaissait pas en raison de leur refus de revenir sur les « décrets Beneš » nationalisant les possessions héréditaires. Le conflit ayant été en partie aplani, les relations diplomatiques sont établies en juillet 2009.