Ce Jour-là

Libération de la Corse

Événement politique et militaire de la Seconde Guerre mondiale

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La libération de la Corse occupée est une opération militaire effectuée du 9 septembre au 4 octobre 1943 par les actions conjuguées des patriotes corses, d'une partie des forces italiennes d'occupation et de l'Armée française de la Libération contre les forces armées allemandes durant la Seconde Guerre mondiale.

Le soutien des alliés (nom de code : opération Vésuve) est dû à l'initiative du général Henri Giraud, alors coprésident du CFLN, contre l'avis du général de Gaulle, lui aussi coprésident du CFLN, qui trouvait l'opération risquée et voulait attendre un accord et une aide substantielle des Alliés.

Le 8 septembre 1943, la diffusion de la nouvelle de l'armistice italien déclenche l'insurrection des patriotes en Corse, à l'instigation du Front national de lutte.

Le 9 septembre 1943 est proclamé le ralliement de la Résistance corse à la France combattante de De Gaulle. Le 9 septembre Italiens et Allemands combattent à Bastia.

C'est un acte de désobéissance vis-à-vis des états-majors, mais les résistants ne peuvent rester sans secours. À Alger, le général Giraud organise l'opération Vésuve. Le sous-marin Casabianca, qui a dans la clandestinité réussi plusieurs missions de transport d'armes et d'agents de renseignement dans l'île, transporte 109 hommes de la troisième compagnie du 1er choc du commandant Fernand Gambiez. Ils accostent le 13 septembre 1943 à 1 h 15, 24 heures avant les contre-torpilleurs français Fantasque et Terrible.

Les opérations ont été faites par une partie de l'Armée française de la Libération, avec la participation des Résistants Corses organisés par le Front national de lutte et la complicité d'une partie des Forces armées italiennes d'occupation.

La Corse devient alors une base d'aviation pour les Alliés, facilitant la libération de l'Italie commencée quelques mois auparavant et devant s'intensifier. Cette opération, qui est le premier acte de la libération de la France, met ainsi fin à quasiment une année d'occupation de l'île par les forces de l'Axe.

La zone libre fut envahie le 11 novembre 1942 (opération Anton) par les Allemands et les Italiens à la suite du débarquement allié en Afrique du Nord le 8. Les Italiens occupèrent alors, à l'exception des départements du Rhône et des Bouches-du-Rhône, l'Est du Rhône ainsi que la Corse, violant l'accord passé avec le maréchal Pétain lors de l'armistice du 24 juin 1940.

Les prémices de cette libération remontent au mois de décembre 1942. À cette époque, les Alliés étaient fermement installés en Afrique du Nord. Le général Giraud choisit donc d'envoyer en Corse une première mission dirigée par le commandant De Saule. Cette action de reconnaissance prit fin en avril 1943. À ce moment, le commandant Paulin Colonna d'Istria débarqua à son tour dans l'île pour unifier la Résistance et préparer le débarquement allié. À partir du 1er avril 1943, les Corses prirent donc leur destin en main. Et au 13 mai 1943, toute l'Afrique Française du Nord était libérée après la victoire des Alliés Américains, Anglais et Français, en Tunisie.

Près de 85 000 soldats des forces armées italiennes occupaient l'île. L'armée de Vichy, bien que plutôt hostile aux Italiens, n'avait pas la possibilité de contester cette occupation sous peine de rompre l'armistice.

Les résistants corses organisés par cantons par le Front national de libération de la Corse en liaison avec Alger préparèrent la libération par la réception des armes parachutées par les alliés ou débarquées par des sous marins.

Les résistants corses furent durement réprimée par l'OVRA, la police politique fasciste italienne, et par les chemises noires.

31 patriotes ont été tués sur le sol corse dont 9 venus d"Alger en mission. D'autres furent arrêtés et déportés en Italie. Trois patriotes furent exécutés le 30 août à Bastia par le tribunal de guerre fasciste.

Après le débarquement allié en Italie, l'Italie signa un armistice le 3 septembre 1943, alors que Benito Mussolini avait été arrêté le 25 juillet et que le roi Victor-Emmanuel III avait repris le pouvoir. L'Italie passa dès lors dans le camp des Alliés. Le général Magli commandant les 80 000 hommes des troupes d'occupation italiennes en Corse ordonna à ses troupes de considérer les Allemands comme des ennemis.

Les Allemands occupaient principalement le Sud de l'île et tentaient de désarmer les unités italiennes. La Corse relevait d'une importance stratégique, servant de base aérienne et maritime pour les opérations de l'Axe en Méditerranée, notamment pour évacuer leurs troupes d'Europe du Sud. La Sardaigne fut évacuée à l'été 1943 par les Allemands en raison des bombardements alliés incessants sur l'île. Dès lors, les Français libres pouvaient concentrer leurs efforts sur la libération de la Corse.

Le soir du 8 septembre 1943, les radios alliées annoncent un armistice entre l'Italie et les Anglo-Américains. Il est tenu secret depuis sa signature à Cassibile, en Sicile, cinq jours plus tôt, l'Italie craignant avec raison que cette annonce n'accélère le flux des troupes allemandes qui pénètrent sur son territoire depuis août.

En Corse, que les Italiens occupent depuis le 11 novembre 1942, un ordre d'insurrection est lancé à la population. Il est signé par le comité départemental du Front national, mouvement de résistance initié par les communistes en 1941. Sa décision n'est pas improvisée. Le Comité départemental du Front national en corse, qui a réussi à unifier la résistance régionale dans le courant de 1943, sait pouvoir disposer d'environ 12 000 hommes armés prêts à combattre sans attendre un débarquement. Un combat dirigé contre les Allemands puisque l'Italie a capitulé.

Le 9 septembre un appel à l'insurrection armée a été lancé par le Front national, cet appel est suivi à Ajaccio et Bastia et du 9 au 13 septembre 1943, les patriotes insurgés se livrent à des actions de guérilla contre des dépôts allemands d'armes, de carburant, de munitions (à Champlan, à Quenza).

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