Ce Jour-là

Libération (journal)

Quotidien généraliste français

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Libération est un quotidien national français paraissant le matin, disponible également dans une version en ligne. Fondé sous la protection de Jean-Paul Sartre et Maurice Clavel, le journal paraît pour la première fois le 18 avril 1973 et reprend le nom d'un titre de presse créé en 1927 par le libertaire Jules Vignes, nom qui sera également celui d'un des journaux de la Résistance dirigé par Emmanuel d'Astier de La Vigerie.

De ses débuts, situé à l'extrême gauche, Libération évolue, à partir de 1978, vers une ligne éditoriale présentée comme étant « libéral-libertaire » et, en 1981, à la suite d'une nouvelle équipe et d'une nouvelle formule, vers la gauche socialiste de Mitterrand. Depuis septembre 2020, il intègre un fonds de dotation créé à partir d'Altice Média, groupe détenu par le milliardaire Patrick Drahi, principal actionnaire de BFM TV. En 2023, le quotidien se présente cependant comme « le journal de toutes les gauches ».

De 2020 à 2026, Dov Alfon est à la fois directeur de la publication et de la rédaction. Il est remplacé par Sonia Delesalle-Stolper le 7 mai 2026.

Libération no 1, première époque : Jean-Paul Sartre cofondateur

En 1972, Jean-Claude Vernier, ancien élève de l'École centrale Paris et militant maoïste, rencontre au siège du quotidien Paris Jour, alors en grève et occupé par ses salariés, Jean-René Huleu, journaliste hippique, qui imprime, sur place, un bulletin quotidien appelé Pirate, afin de rendre compte des luttes ouvrières de la région (affaire de Bruay-en-Artois) ou des répressions policières (affaire Alain Jaubert). Jean-Claude Vernier, qui cogère déjà avec Maurice Clavel l'Agence de presse APL, créée, le 18 juin 1971, sur le modèle du Centre Landry animé par Pierre Vidal-Naquet lors de la guerre d'Algérie ou du Liberation News Service (en), agence de presse underground des révolutionnaires américains), en rapporte à Paris l'idée d'un journal populaire de gauche.[pas clair] Le projet est repris par Benny Lévy, dirigeant de la Gauche prolétarienne, afin de relancer son mouvement qui est en train de s'étioler.

Le 6 décembre 1972, une réunion préparatoire au lancement d'un nouveau quotidien nommé Libération se tient à Paris. Cinq personnes s'y trouvent rassemblées autour de deux tables accolées : Jean-Paul Sartre, Jean-Claude Vernier, Jean-René Huleu, Serge July et Philippe Gavi. Claude Mauriac, qui a été convié à cette réunion, raconte la séance dans son journal.

En février 1973, Jean-Paul Sartre, Serge July, Philippe Gavi, Bernard Lallement et Jean-Claude Vernier fondent le journal Libération. Un manifeste, rendu public le 3 février 1973, en constitue la charte politique, dont la doctrine devait être « Peuple, prends la parole et garde-la ». Le quotidien se veut sans publicité ni actionnaire financier.

Un premier numéro de quatre pages, le numéro zéro, paraît le 5 février 1973, avec cette profession de foi, en encadré :

« La politique pour Libération, c'est la démocratie directe. Aujourd'hui, élire un député, c'est vouloir que le peuple ne dise son mot, qu'une fois tous les cinq ans. Et encore, pendant ces quatre années, « l'élu du peuple » peut-il faire ce qu'il veut ? Il n'est pas placé sous le contrôle de ses électeurs ; il ne représente que lui-même. Mais si des gens du peuple veulent dire pourquoi ils voteront, ils pourront le faire dans Libération. Cette forme de débat est possible dans les colonnes du journal. Pour sa part, l'équipe de Libération refuse de cautionner un système qui coupe la parole au peuple. »

Un autre numéro de quatre pages, le numéro 1, paraît le 18 avril 1973, lançant une souscription pour le financement d'un organe quotidien entièrement libre. Le 22 mai, Libération sort pour la première fois régulièrement en kiosques, au prix de 0,80 franc.

Jean-Paul Sartre et Jean-Claude Vernier sont les premiers directeurs de publication du journal. Ils le restent jusqu’à leur démission le 24 mai 1974 pour désaccord avec Serge July, qui leur succède. La direction artistique du journal est assurée par Antonio Bellavita.

Le 9 mars 1973, un texte signé par 21 personnes fustige la prise de pouvoir par les maoïstes au sein du projet et débouche sur une direction tricéphale, incluant aussi Philippe Gavi et Eric Nahoun. Yves Hardy et les autres contestataires sont priés de prendre la porte. Meneurs de la contestation, ils sont licenciés avec l'accusation de « malhonnêteté intellectuelle ».

« Les comités Libération «, fondés pour soutenir le journal, regroupent « des milliers de gens qui n'ont qu'une idée, refaire le coup du Secours rouge », selon Serge July. L'idée de placer le journal sous le contrôle d'un « comité des sages », une sorte de « conseil constitutionnel », évoquée à se débuts, était un projet « fou car cela empêchait une presse libre », selon Serge July, qui le présente comme une « dizaine de personnes à l'autorité morale, au rôle historique important ». Libération encourage, à cette époque, tous les combats des opprimés. Quand les travailleurs de Lip, menacés de licenciement, occupent leur usine, Libération titre en première page « Travailleurs, vous pouvez faire de même ».

De 1973 à 1981, Libération est dirigé par ses salariés ; il y a un salaire unique pour toutes et tous ; et toutes les décisions importantes sont prises par l'assemblée générale des salariés, à la majorité des voix.

Arrivée des journalistes culturels d’Actuel

En avril 1975, le journal salue la victoire des Khmers rouges en plaçant en une : « Phnom Penh : sept jours de fête pour une libération ».

La seconde partie de l'année est marquée par un événement important : la fermeture du magazine Actuel en octobre 1975 (no 58) ; d'une façon inattendue puisque le journal se saborde, estimant ne pas se renouveler et ne rien avoir à dire dans l'immédiat, alors qu'il s'agit de la première année où il est bénéficiaire. Référence dans le domaine culturel, le magazine Actuel voit nombre de ses journalistes rejoindre Libération où ils vont constituer l'ossature d'un service culturel qui donne de nouvelles perspectives à un journal jusque-là resté très axé sur le militantisme politique et social.

Croissance des ventes en 1976-1977

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