Leslie Nielsen est un acteur canadien naturalisé américain, né le 11 février 1926 à Regina (Saskatchewan) et mort le 28 novembre 2010 à Fort Lauderdale (Floride).
Il est apparu dans plus de 100 films et 1 500 émissions de télévision au cours de sa carrière, interprétant plus de 220 personnages. Bien que sa carrière d'acteur ait traversé une grande variété de genres aussi bien au cinéma qu'à la télévision, son rôle pince-sans-rire dans Y a-t-il un pilote dans l'avion ? (1980) a marqué un tournant dans sa carrière, qu'il a poursuivi en incarnant le policier gaffeur Frank Drebin dans la série Police Squad en 1982 puis à trois reprises au cinéma à partir de Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? (1988).
Leslie Nielsen nait à Regina, dans la province de la Saskatchewan. Sa mère, Mabel Elizabeth (née Davies), est une immigrée galloise originaire de Fulham (Londres), et son père, Ingvard Eversen Nielsen, danois, est officier dans la gendarmerie royale du Canada. Il a trois frères ; l'aîné, Erik Nielsen (1925-2008), est par la suite vice-premier ministre du Canada pendant les années 1980. Son père Ingvard est un homme violent qui frappe sa femme et ses enfants, et Leslie Nielsen a très tôt envie de fuir.
Il vit quelques années à Fort Norman, dans les Territoires du Nord-Ouest où son père travaille pour la Gendarmerie royale.
Son demi-oncle, Jean Hersholt, est un acteur connu pour son interprétation du Dr. Chistian dans une série radiophonique du même nom et d'une adaptation à la télévision et au cinéma produite plus tard. Dans un article pour le Boston Globe, Nielsen déclare :
« J'ai vu très rapidement que quand je faisais allusion à mon oncle, les gens pensaient que j'étais un gros menteur. Alors, j'en ramenais 8 ou 10 à la maison, et leur vision des choses changeait radicalement. J'ai commencé à penser que le métier d'acteur n'était pas une mauvaise idée, mais j'étais très intimidé et certainement manquant de courage. Mon oncle mourut quelque temps après que j'ai eu le temps de le connaître. Je regrette de ne pas l'avoir mieux connu. »
À l'âge de 17 ans, après son diplôme de la Victoria Composite High School (en) à Edmonton, il s'enrôle dans l'aviation royale du Canada en tant qu'artilleur aérien à la fin de la Seconde Guerre mondiale (mais il est trop jeune et trop peu entraîné pour participer aux combats outre-Manche), même s'il est déclaré sourd (il porte des prothèses auditives plus tard dans sa vie).
Il étudie à l’Academy of Radio Arts de Toronto puis à la Neighborhood Playhouse de New York pendant qu'il joue au Summer stock theatre (en), jusqu'à sa première apparition à la télévision.
La carrière de Leslie Nielsen commence en 1948 avec des rôles à la télévision dans un épisode de Studio One, aux côtés de Charlton Heston, pour lequel il est payé 75 dollars, et apparaît seul dans environ 50 programmes en direct en 1950. Nielsen déclare ultérieurement qu'il gagne alors « très peu, [...] 75 ou 100 dollars par épisode ». Il commence à obtenir des rôles dans des drames, des westerns et des films romantiques.
Sa voix claire sert pour différents documentaires ou publicités mais, avec quelques exceptions, le début de sa carrière en tant qu'acteur dramatique passe inaperçu. Hal Erickson du site AllMovie précise que « la plupart du travail de Nielsen était insignifiant ; un simple bel acteur, dans une industrie cinématographique pleine de beaux acteurs ».
En 1956, il fait ses débuts dans un film musical du réalisateur Michael Curtiz, Le Roi des vagabonds. Nielsen précise à l'interview du Seattle Post-Intelligencer, qu'il se souvient de Curtiz comme d'« un sadique, un sadique charmant, mais un sadique ». Nielsen veut renommer ce film The Vagabond Turkey (« La Dinde vagabonde »). Alors que le film n'a pas un grand succès au box-office, le producteur Nicholas Nayfack remarque Nielsen et lui offre une audition pour un rôle dans un film de science fiction, Planète interdite, ce qui a comme conséquence un contrat à long terme avec la Metro-Goldwyn-Mayer.
Très rapidement, Leslie Nielsen décroche l'un des rôles principaux, celui du commandant Adams, de Planète interdite (1956), devenu un classique de la science-fiction. Le film est un succès immédiat. Quelques films suivent, mais l'acteur retourne sur le petit écran.
À propos de Planète interdite, il déclare plus tard : « C'est censé être une version science-fiction de La Tempête de Shakespeare, c'était à propos de l'identité. Qui sait ? Les fans de Star Trek le voient comme un précurseur de Star Trek. J'avais juste à porter un uniforme étroit et à regarder Anne Francis. J'étais assez mince, à l'époque. »
Il obtient ensuite des rôles dans Ransom! (1956), The Opposite Sex (1956) et Hot Summer Night (1957). En 1957, il décroche le premier rôle l'opposant à Debbie Reynolds dans une comédie romantique Tammy and the Bachelor, qui lui vaut comme critique dans le Chicago Tribune[Quoi ?].
Cependant, pas très satisfait des rôles dans les films qu'on lui offre, il donne un surnom aux sociétés de production : « Tiffany, qui a oublié quel était le prix de l'argent ». Nielsen quitte alors la MGM, après la dernière audition pour le rôle de Messala dans le film historique de 1959, Ben-Hur, rôle qui est attribué à Stephen Boyd.
L'acteur atterrit ensuite dans une série de Walt Disney Television : Le Renard des marais, dans le rôle de Francis Marion un héros de la guerre d'indépendance des États-Unis. Dans une interview de 1988, en se remémorant la série, il affirme :
« Ça a été une belle expérience, parce que les employés de Disney ne font pas leurs émissions comme tous les autres, en tournant un épisode par semaine. On avait seulement à réaliser un épisode par mois, et le budget était extrêmement élevé pour l'époque. On avait un endroit pour tourner dans un studio décoré plutôt pas cher et des costumes très authentiques. »
Dans les années 1960 et 1970, il connaît une activité ininterrompue à la télévision, apparaissant dans de nombreux téléfilms et dans la plupart des séries américaines de l'époque. Son visage devient familier du public mais on ne lui propose pratiquement que des rôles sérieux de policiers, de médecins ou d'officiers. Au cinéma, on retient de cette époque son apparition en commandant de L'Aventure du Poséidon (1972).