Ce Jour-là

Les Aventures de Huckleberry Finn

Roman de Mark Twain

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Les Aventures de Huckleberry Finn est un roman picaresque de l'Américain Mark Twain, paru à Londres le 4 décembre 1884 sous le titre The Adventures of Huckleberry Finn, puis à New York en février de l'année suivante sous le titre Adventures of Huckleberry Finn.

Le début et la fin du livre sont trompeurs : reprenant le ton léger des Aventures de Tom Sawyer, mettant en scène des personnages de ce roman, ils donnent à penser que l'on est en présence d'une « suite » et de « littérature pour enfants ». Mais le corps du récit n'a rien d'inoffensif. C'est une terrifiante plongée au plus sombre de la nature humaine, une violente remise en cause des normes sociales et de la religion.

Le narrateur est un jeune garçon qui fuit la « sivilisation » en compagnie d'un esclave échappé. Il raconte leur errance de plus de 1 200 kilomètres sur un radeau descendant le Mississippi. Le regard ingénu que pose l'enfant sur les tares des civilisés rencontrés nourrit la satire virulente d'une société hypocrite, qui inverse les notions de bien et de mal.

Moins connu que Les Aventures de Tom Sawyer (qui est bien, lui, un « livre pour la jeunesse »), Les Aventures de Huckleberry Finn est souvent regardé comme le chef-d'œuvre de Twain, et comme le livre fondateur de la littérature américaine moderne : c'est par le style profondément novateur de ce roman qu'elle aurait commencé à se détacher de la littérature anglaise, pour exister par elle-même. En 2007, une enquête menée auprès de 125 écrivains anglo-saxons classe Les Aventures de Huckleberry Finn cinquième meilleur livre de tous les temps et de tous les pays.

Les commentateurs distinguent volontiers trois parties dans Les Aventures de Huckleberry Finn. Dans la première, l'auteur croit écrire un divertissement pour la jeunesse, une suite des Aventures de Tom Sawyer. Puis, au début du chapitre XVI, il éprouve des difficultés, il cesse d'écrire. C'est à ce moment que son héros remet en question les notions de bien et de mal qu'on lui a enseignées. Il va falloir sept ans à Twain avant de retrouver son élan créatif. Enfin, dans une troisième partie — « volte-face burlesque » très controversée —, le personnage de Tom Sawyer réapparaît, égoïste, cruel, inconscient. Huck tombe à nouveau sous son influence, et l'auteur revient à l'esprit « Tom Sawyer » du début.

Chapitres I à XV. Twain croit écrire une suite de Tom Sawyer

À la fin des Aventures de Tom Sawyer, Tom et le jeune vagabond Huckleberry Finn ont découvert douze mille dollars qu'ils se sont partagés. L'argent est maintenant placé à intérêt par le juge Thatcher. Et Huck, dont le père a disparu depuis plus d'un an, est adopté par la veuve Douglas. Celle-ci, aidée de sa sœur miss Watson, entreprend de « siviliser » Huck. Le garçon, qui vivait jusque-là dans un tonneau, apprécie peu de se retrouver engoncé dans de beaux habits neufs, écrasé sous des conventions pesantes.

Le bruit des six mille dollars finit par arriver aux oreilles de son père, qui surgit soudain, se fait confirmer dans la garde de son fils, interdit à celui-ci d'aller à l'école, et engage une procédure contre le juge Thatcher pour lui extorquer l'argent (car Huck a pris soin de vendre sa part au juge pour un dollar).

Au printemps, l'ivrogne attrape son fils par surprise et l'emmène en amont du fleuve, dans une cabane cachée dans les bois, où il le séquestre. Huck s'avoue qu'il préfère cette vie de chasse et de pêche aux contraintes étouffantes qu'il a connues chez la veuve Douglas. Cependant, le vieux Finn abuse de la trique. Dans une crise de delirium tremens, il tente même de tuer son fils. Profitant d'une absence de son père, Huck réussit à sortir de la cabane. « Pour empêcher la veuve et le vieux » de lui courir après, il simule son propre assassinat, et descend le fleuve en canoë jusqu'à l'île Jackson.

Au bout de quatre jours, il découvre qu'il n'est pas seul sur l'île. Un esclave en fuite s'y cache : le vieux Jim, qui appartient à miss Watson. Huck promet de ne pas le dénoncer.

Un jour, déguisé en fille, Huck retourne à la ville pour avoir des nouvelles. Il apprend que certains soupçonnent Jim de l'avoir tué, car l'esclave a disparu le jour du « meurtre ». Et des hommes, ayant remarqué de la fumée sur l'île Jackson, comptent explorer celle-ci le soir même. Huck regagne précipitamment l'île, et les deux amis prennent la fuite à bord d'un radeau.

Dormant bien cachés le jour, naviguant la nuit, ils descendent le Mississippi. Ils y rencontrent des trains de bois, des orages magnifiques, des péniches, des vapeurs, mais aussi une maison qui flotte et qui contient un cadavre, ou un navire en train de couler, sur lequel deux bandits s'apprêtent à exécuter un complice indélicat…

Huck et Jim passent Saint Louis. Leur but est de débarquer à Cairo, à la confluence de l'Ohio, d'y vendre leur radeau, d'embarquer sur un vapeur et de remonter la rivière jusqu'aux États abolitionnistes, où Jim sera libre et gagnera de quoi racheter sa femme et ses deux enfants.

Après qu'ils ont été séparés dans la brume, Huck fait croire à Jim que celui-ci a rêvé leur séparation. Il choisit mal son moment pour le mystifier : Jim a été mortellement inquiet de le croire perdu, puis fou de joie de le retrouver. Il se trouve blessé d'une plaisanterie si décalée. Huck doit faire taire les préjugés racistes qu'on lui a inculqués pour se résoudre à aller demander pardon à son meilleur ami.

« Il m'a bien fallu un quart d'heure pour me décider à aller m'humilier devant un Noir, mais j'ai fini par le faire, et je ne l'ai jamais regretté. Je ne lui ai plus jamais joué de mauvais tour, à Jim, et je ne lui aurais pas joué celui-là si j'avais pu prévoir que cela lui ferait tant de peine. »

Selon Brandon Burnett, « un important changement » s'opère ici en Huck. Pour de nombreux commentateurs, « l'incident marque un tournant dans le livre ». C'est à ce moment que l'instinct de Huck entre en conflit avec sa « conscience ». Huck peu à peu cesse de considérer Jim comme un esclave. Il s'aperçoit que Jim est dans son propre cœur une personne à part entière. L'auteur lui-même semble découvrir qu'il est en train d'écrire bien plus qu'un roman picaresque : il éprouve des difficultés à continuer son récit. Il ne le termine que sept ans plus tard.

Chapitres XVI à XXXI. Twain éprouve des difficultés à continuer, puis se relance

La conscience de Huck commence à le tourmenter. Elle lui dit que c'est mal de n'avoir pas dénoncé un esclave en fuite. Le garçon se promet de faire le bien : à la première rencontre, il dénoncera Jim. Seulement, lorsque l'occasion se présente, il se trouve incapable de tenir sa résolution. Au contraire, il ment tant et plus pour protéger son ami.

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