Leonora Carrington, née le 6 avril 1917 à Clayton Green, Lancashire, et morte à Mexico le 25 mai 2011, est une artiste peintre, sculptrice et romancière mexicaine d'origine britannique.
Issue d'une famille de riches industriels du textile, Leonora Carrington veut très tôt se consacrer à la peinture et entre à l'académie d'Amédée Ozenfant, à Londres.
Elle rencontre Max Ernst en 1937 lors d'une exposition à Londres. Le couple part pour la France, s'installe à Saint-Martin-d'Ardèche dans une maison qu'il décore de ses sculptures. Leonor Fini et Paul Éluard viennent leur rendre visite, Lee Miller les photographie. C'est Max Ernst qui présente Leonora Carrington aux surréalistes. André Breton admire ses textes et inclut le conte La Débutante dans son Anthologie de l'humour noir. Écrivant en anglais, en français et en espagnol, elle publie des contes et des pièces de théâtre surréalistes dans lesquels l'humour noir côtoie l'onirisme.[réf. nécessaire] En 1937-1938, elle peint À l'auberge du cheval d'aube (Autoportrait).
Après la déclaration de guerre entre la France et l'Allemagne en septembre 1939, Max Ernst est emprisonné au camp des Milles, près d'Aix-en-Provence, pour cause de nationalité allemande, puis pendant l'Occupation, en tant qu'opposant au régime nazi[réf. nécessaire].
Échouant à faire libérer Max Ernst, Leonora Carrington, poussée par des amis, les suit en Espagne. Elle laisse derrière elle plusieurs textes, dont Histoire du Petit Francis, qui ne seront retrouvés que bien plus tard par un spécialiste de Max Ernst, l'historien d'art Werner Spies. Dans ce pays qui lui est étranger, dans cette situation intenable, sa santé mentale est durement éprouvée. Arrivée à Madrid, elle est victime d'un viol collectif par des soldats franquistes. Après un épisode psychotique, elle est internée au sanatorium de Santander. Elle relate dans son récit En Bas cet internement psychiatrique en Espagne. Elle parvient finalement à s'échapper et passe à Lisbonne où elle retrouve un ami, le poète et diplomate mexicain Renato Leduc (en), qui l'épouse (mariage de convenance) pour lui permettre de quitter l'Europe.
À partir de 1942, Leonora Carrington vit la majeure partie du temps à Mexico. Elle y retrouve plusieurs surréalistes comme Remedios Varo, qui devient sa meilleure amie, Benjamin Péret, Alice Rahon, le sculpteur José Horna, avec qui elle collabore, et Kati Horna, Gunther Gerzso, ou encore le photographe Imre « Chiqui » Weisz, qu'elle épouse.
Elle entre dans une période de création intense. Elle participe à un concours pour peindre une Tentation de saint Antoine qui figurera dans le film d'Albert Lewin, The Private Affairs of Bel Ami (1947). On compte notamment, parmi les participants, Max Ernst — qui remporte le concours — et Salvador Dalí. Des enfants naissent, Pablo et Gabriel.
Elle rédige Le Cornet acoustique et La Porte de pierre.
Elle se lie à l'intelligentsia locale comme Octavio Paz ou Frida Kahlo. Carlos Fuentes parle de « sorcellerie ironique » à son sujet. Alejandro Jodorowsky met en scène sa pièce de théâtre Pénélope. Le poète et mécène britannique Edward James la prend sous son aile, et lui demande d'exécuter des fresques pour sa maison surréaliste Las Pozas, à Xilitla (San Luis Potosí). Elle réalise également une fresque sur Le Monde magique des Mayas pour le musée national d'Anthropologie de Mexico.
Durant les dernières années de sa vie, elle se consacre surtout à la sculpture. L'une d'elles, How Doth the Little Crocodile, est située sur le paseo de la Reforma.
Elle meurt à Mexico, le 25 mai 2011, à 94 ans, des suites d'une maladie respiratoire.
Œuvres traduites ou écrites en français :
1938 : La Maison de la Peur, préface et illustrations de Max Ernst, Paris, éditions GLM et Henri Parisot Un des dix textes de la collection « Un divertissement » (BNF 42663092).
1951 : Une chemise de nuit de flanelle, Paris, Librairie Les Pas Perdus, coll. « L'Âge d'or », trad. Yves Bonnefoy
1973 : En Bas, Paris, Terrain vague, coll. « Le Désordre » ; rééd. 2013, éditions Zakhor L'Arachnoïde, avec une préface d'Annie Le Brun, Dévoilé autant que possible
1974 : Le Cornet acoustique, préface d'André Pieyre de Mandiargues, Paris, Flammarion, coll. « L'Âge d'or » ; rééd. Garnier-Flammarion, no 397, 1983
1976 : La Porte de pierre, Paris, Flammarion, coll. « L'Âge d'or »
1978 : La Débutante, contes et pièces, Paris, Flammarion, coll. « L'Âge d'or »