Ce Jour-là

Leni Riefenstahl

Danseuse, actrice, réalisatrice et photographe allemande (1902–2003)

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Helene Riefenstahl, dite Leni Riefenstahl, née le 22 août 1902 à Berlin et morte le 8 septembre 2003 à Pöcking (Allemagne), est d’abord danseuse, actrice, puis réalisatrice et photographe allemande.

Elle occupe une place importante dans le monde du cinéma, d'abord en tant qu'actrice dans le genre des films de montagne puis, en tant que réalisatrice, Son premier film est Das Blaue Licht, sorti en mars 1932. Sous le Troisième Reich en 1934, elle réalise à la demande expresse d'Hitler le documentaire de propagande Le Triomphe de la volonté (qui couvre le congrès nazi de Nuremberg), et en 1937 Les Dieux du stade (qui met en scène et documente les Jeux olympiques de Berlin en 1936), film qui reçoit le prix du meilleur film à Paris lors de l'exposition universelle et est honoré par le CIO.

Leni Riefenstahl est reconnue pour avoir inventé une sorte de grammaire visuelle de la propagande.

Surnommée la « Führerin », ou encore « le dictateur de la Beauté du IIIe Reich », elle et sa société de production, la Leni Riefenstahl Studio, auront gagné beaucoup d'argent grâce aux mandats du régime. Bannie après 1945, elle est convoquée à plusieurs procès de dénazification mais jamais condamnée. Elle a toujours affirmé n'avoir fait que son métier, du cinéma. Par la suite, elle voyage aux États-Unis, pratique la photographie ethnographique et vit en Allemagne à côté de Munich à partir des années 1960.

Helene Amalia Bertha Riefenstahl naît le 22 août 1902, à Berlin dans le quartier de Wedding, de l'union d’Alfred Theodor Paul Riefenstahl (1878-1944), fonctionnaire devenu propriétaire d’une florissante entreprise de plomberie, et de Bertha Ida Scherlach (1880-1965).

En 1914, elle devient membre du club de natation Nixe et adhère, sans la permission de son père, à une fédération de gymnastique. À partir de 1918, elle prend des cours de peinture et de dessin à l’Académie des arts de Berlin et, en parallèle, de danse classique et moderne.

À partir de 1920, Leni Riefenstahl connaît le succès dans la danse et participe à diverses tournées en Allemagne, en Tchécoslovaquie et en Suisse. Pendant six mois, en 1923, elle suit les cours à l’école de danse de Mary Wigman à Dresde en compagnie de Gret Palucca, mais arrête car elle n’aime pas les cours en groupe. Elle danse en solo en octobre de la même année pour la première fois à Munich et y reçoit un triomphe. Elle est engagée par Max Reinhardt comme danseuse soliste pour le Deutsches Theater de Berlin. Sa carrière est brisée en 1924 par un accident au genou survenu lors d’un récital de danse à Prague.

En 1924-1925, elle participe à son premier film, Force et Beauté de Wilhlem Prager, où elle apparaît comme danseuse-figurante.

En 1926, elle est découverte par Arnold Fanck, qui lui confie son premier rôle au cinéma dans le film La Montagne sacrée (Der heilige Berg). C’est le début d’une carrière prolifique d’actrice de films de montagne.

Elle acquiert sa popularité en jouant le personnage principal de films comme Le Grand Saut, L’Enfer blanc du Piz Palü, Tempête sur le mont Blanc et L’Ivresse blanche, pour lesquels elle apprend l’alpinisme et le ski.

Joseph Goebbels décrit l’actrice dans son journal, après l'avoir découverte le 1er décembre 1929 lors d’une projection de L’Enfer blanc du Piz Palü : « Une merveilleuse enfant, pleine de grâce et de charme ! »

Le 3 novembre 1932, le futur ministre de la Propagande la rencontre à l’hôtel Kaiserhof, lieu de résidence habituel d’Adolf Hitler à Berlin : « Très sympathique, intelligente et agréable personne. Nous conversons longtemps. Elle est très enthousiaste pour nous ».

Elle danse plus tard chez Joseph Goebbels, en présence d’Adolf Hitler. « Bonne et efficace. Une souple gazelle » inscrit le futur ministre de la Propagande dans son journal le 22 novembre 1932.

Ayant acquis auprès d’Arnold Fanck les bases de la réalisation, du cadrage et du montage et après avoir fondé en 1931 sa société de production, la « Leni Riefenstahl Produktion », elle réalise en 1932 son premier film, La Lumière bleue (Das blaue Licht). Écrit et réalisé avec Béla Balázs et Carl Mayer, elle y tient le rôle principal dans un appel à la tolérance et au respect des faibles. Comme Béla Balázs, elle est alors membre du Parti communiste allemand, dont elle finit par déchirer la carte. Profitant des lois anti-juives du Troisième Reich, elle supprimera du générique les noms des deux co-réalisateurs pour mettre le sien à la place et s'attribuer leur travail.

Ce film lui vaut l'admiration de Joseph Goebbels, pour qui elle apparaît comme la cinéaste du IIIe Reich, et attire l’attention d’Adolf Hitler.

En 1932, fin février, Leni Riefenstahl se rend à un rassemblement politique au Sportpalast de Berlin. « Son discours [celui d’Hitler] exerçait sur moi une véritable fascination » écrit-elle dans ses Mémoires. Le 18 mai 1932, elle lui écrit :

« Très honoré Monsieur Hitler,Pour la première fois de ma vie, j'ai assisté voici peu à un meeting politique […] au Sportpalast. Je dois avouer que votre personne et l'enthousiasme des spectateurs m'ont impressionnée. Je souhaiterais faire […] votre connaissance, mais malheureusement je dois quitter l'Allemagne pour quelques mois […]. C'est pourquoi une rencontre avec vous avant mon départ sera sans doute impossible […]. Une réponse de votre part me réjouirait grandement.Salutations redoublées de votreLeni Riefenstahl »

La veille de son départ, Leni Riefenstahl reçoit un appel de Wilhelm Brückner, l’aide de camp d’Adolf Hitler, afin de fixer un rendez-vous à Wilhelmshaven le lendemain. Dans la voiture venue la chercher à la gare, Wilhelm Brückner lui confie ces paroles d’Adolf Hitler : « La plus belle chose que j’aie jamais vue au cinéma a été la danse de « la Riefenstahl » devant la mer dans La Montagne sacrée. » Pendant l'entrevue, Adolf Hitler lui annonce avoir vu tous ses films : « Mon impression la plus forte m’est venue de votre film La Lumière bleue. Surtout parce qu’il est peu ordinaire qu’une jeune femme parvienne à s’imposer contre les résistances et les goûts établis de l’industrie du cinéma. » Le soir, Leni Riefenstahl, Adolf Hitler et sa suite se rendent au restaurant. Ce dernier la complimente abondamment et fait remarquer que jamais une femme n’avait été présente à leurs réunions. Lors d'une promenade à l’issue du repas, Adolf Hitler « posa lentement ses deux bras autour de moi et m’attira à lui » écrit-elle. Elle se met sur la défensive, il la lâche, lève les mains au ciel et s’écrie : « Je n’aurai pas le droit d’aimer une femme tant que je n’aurai pas accompli mon œuvre. »[réf. nécessaire]

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