Le Petit Prince est un roman français d'Antoine de Saint-Exupéry. Livre à succès, il est l'œuvre la plus connue de son auteur. Il est publié en anglais le 6 avril 1943 à New York par l'éditeur Reynal & Hitchcock (traduction de Katherine Woods), alors que la version originale en français paraît une quinzaine de jours après. C'est une œuvre poétique et philosophique sous l'apparence d'un conte illustré disposant de multiples niveaux de lecture.
Paru en plus de six cents langues et dialectes différents, « Le Petit Prince » est l'ouvrage le plus traduit au monde après la Bible.
Le langage et les illustrations, simples et dépouillés, pour être compris des enfants, constituent pour le narrateur le support privilégié de l'expression symbolique de la vie et de ses mystères. Les chapitres relatent le voyage et les rencontres du petit prince qui le laissent souvent perplexe, en raison de l'incohérence, voire de l'absurdité du comportement des hommes. Cette histoire peut être lue comme une allégorie qui décrit le parcours d'une âme humaine enfantine confrontée à la dure réalité d'un monde désenchanté qui va la mettre à l'épreuve.
Les aquarelles font partie intégrante de l'ouvrage et participent à la pureté du style : sensibilité et profondeur sont les qualités maîtresses d'une œuvre pour éclairer nos choix de vie, notre vécu de l'amitié et de l'amour.
L'œuvre peut aussi se lire comme une invitation à retrouver l'enfant en soi, car « toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants [...] Mais peu d'entre elles s'en souviennent. » Telle est la dédicace adressée par Saint-Exupéry à son ami Léon Werth, « quand il était petit garçon ».
C’est la dernière œuvre de l'auteur, celui-ci ayant disparu un an après sa publication.
Le narrateur est un aviateur qui, à la suite d'une panne de moteur, doit se poser en catastrophe dans le désert du Sahara et tente seul de réparer son avion. Antoine de Saint-Exupéry se met ainsi en scène dans des circonstances qu'il a vécues quelques années auparavant.
Le lendemain de son atterrissage forcé, il est réveillé par une petite voix qui lui demande : « S'il vous plaît [...] dessine-moi un mouton ! »
Très surpris par cette apparition incongrue, l'aviateur obéit, mais aucun de ses dessins ne convient au petit prince. Excédé, le narrateur dessine alors la caisse du mouton : « Ça, c'est la caisse. Le mouton que tu veux est dedans. » Le petit prince s'en montre cette fois-ci satisfait et remarque que le mouton « s'est endormi ».
Peu de temps après, le petit prince demande à l'aviateur si un mouton mange des fleurs, lequel répond : « Oui, même les fleurs qui ont des épines. » Devant le chagrin du garçonnet qui s'inquiète pour sa fleur, l'aviateur finit par promettre de dessiner une muselière pour empêcher le mouton de manger la fleur.
Jour après jour, le petit prince raconte son histoire au narrateur. Il vit sur une autre planète, appelée par les grandes personnes « l'astéroïde B 612 », « à peine plus grande qu'une maison ». Sa planète a été découverte, en 1909, par un astronome turc que personne n'a pris au sérieux à cause de ses vêtements traditionnels. Refaisant sa conférence, en 1920, en costume et cravate après une réforme dans son pays, il avait cette fois-ci été entendu et reconnu.
Les activités du petit prince consistent essentiellement à ramoner les volcans et à arracher les baobabs pour qu'ils n'envahissent pas sa planète. Une aquarelle pleine page montre une planète rendue inutilisable par trois baobabs qu'il aurait fallu arracher à temps. L'auteur indique que si ce dessin est effrayant, c'est qu'il était « animé par le sentiment de l'urgence » en le dessinant.
Ces activités terminées, le petit prince contemple les couchers de soleil ; son astéroïde est si petit qu'il lui suffit de déplacer sa chaise de quelques mètres pour cela : une fois, il a vu le Soleil se coucher quarante-quatre fois, soit l'âge de Saint-Exupéry, à la suite. Il n'hésite d'ailleurs pas à préciser au narrateur que « quand on est tellement triste, on aime les couchers de soleil ».
Ayant assisté à la naissance d'une rose superbe — orgueilleuse, coquette et exigeante —, le petit prince découvre que l'amour peut avoir des épines. Il quitte alors sa planète et part explorer les étoiles, en quête d'amis pour un voyage initiatique qui le conduira jusqu'à la planète Terre. Il dit au narrateur qu'il n'aurait jamais dû quitter sa planète, car « il ne faut jamais écouter les fleurs ». Il rencontre ainsi, murés dans leur solitude, une galerie de personnages : le monarque d'un empire factice (qui ne voit en lui qu'un sujet), un vaniteux (qui le voit comme un admirateur), un buveur qui boit pour oublier qu'il boit, un businessman qui s'imagine propriétaire des étoiles, l'allumeur de réverbères qui obéit à une consigne sans se poser de questions (le seul dont le petit prince aurait pu se faire un ami, mais qu'il quitte en raison de la petite taille de sa planète, qui ne laisse pas de place pour deux) et enfin le géographe écrivant d'énormes livres savants mais ne s’intéressant pas aux choses éphémères (telles les roses), mais qui l'orientera vers la planète Terre.
C'est par un vol d'oiseaux sauvages que le Petit Prince s'évade de sa planète. Toujours en quête d'amis, le petit prince arrive sur Terre, et c'est encore la solitude et l'absurdité de l'existence qu'il va découvrir : sa rencontre avec le serpent qui ne parle que par énigmes (il « les résout toutes »), celle d'une fleur « à trois pétales », l'écho des montagnes.
Il arrive alors devant un jardin de roses et réalise que sa fleur n'est pas unique au monde et cette déception le rend bien malheureux. Puis il rencontre le renard ; ce dernier lui explique ce que signifie le terme « apprivoiser », un usage bien trop oublié par les hommes qui permet de tisser des relations. C'est l'enseignement du renard qui permet au Petit Prince de découvrir la profondeur de l'amitié :
« On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. »
« Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. »