Ce Jour-là

Le Corbusier

Architecte, urbaniste, décorateur, peintre, sculpteur et homme de lettres franco-suisse

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Charles-Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier, est un architecte, urbaniste, designer, peintre, sculpteur, homme de lettres, poète et théoricien suisse naturalisé français en 1930, né le 6 octobre 1887 à La Chaux-de-Fonds en Suisse et mort le 27 août 1965 à Roquebrune-Cap-Martin en France.

Il est l'un des principaux représentants du mouvement moderne avec, entre autres, Ludwig Mies van der Rohe, Walter Gropius, Alvar Aalto et Theo van Doesburg. Il a de même côtoyé Robert Mallet-Stevens.

Le Corbusier est connu pour être l'inventeur de « l'unité d'habitation », concept sur lequel il a commencé à travailler dans les années 1920, expression d'une réflexion théorique sur le logement collectif. « L’unité d’habitation de grandeur conforme » (nom donné par Le Corbusier) ne sera construite qu'au moment de la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, en cinq exemplaires tous différents, à Marseille, Briey-en-Forêt, Rezé, Firminy et Berlin. Elle prendra valeur de solution aux problèmes de logements de l'après-guerre. Sa conception envisage dans un même bâtiment tous les équipements collectifs nécessaires à la vie — garderie, laverie, piscine, école, commerces, bibliothèque, poste, lieux de rencontre.

L'œuvre architecturale de Le Corbusier regroupant dix-sept sites (dont dix en France, les autres étant répartis sur trois continents) est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO le 17 juillet 2016. Un itinéraire culturel européen intitulé « Destinations Le Corbusier : promenades architecturales » est créé début mai 2019.

L'œuvre et la pensée de Le Corbusier ont été particulièrement influentes sur les générations d'architectes de l'après-guerre et largement diffusées, avant d'entrer, avec la période du postmodernisme, dans une phase de contestation importante et régulière .

Il remplace les murs porteurs extérieurs par des piliers de béton armé placés à l'intérieur des constructions.

Dès lors, les façades ne portant plus les étages supérieurs, il est possible de les habiller avec des cloisons légères et de multiples et très grandes fenêtres. Il joue alors avec les formes et les espaces, sans devoir tenir compte d'un quelconque alignement lié aux poids des étages supérieurs, cette contrainte ayant disparu.

Sa principale force a été de réduire considérablement les temps de construction. Il a été le premier à utiliser des techniques et des matériaux de base, permettant de construire une maison entière, sur plusieurs étages, en quelques jours, comme son premier complexe, la cité Frugès de Pessac, dans la proche banlieue de Bordeaux, cité composée de cinquante petits immeubles et construite à raison d'environ un nouvel immeuble chaque semaine.

Charles-Édouard Jeanneret-Gris est le fils de Georges-Édouard Jeanneret-Gris, émailleur de cadrans de montres, et de Marie Charlotte-Amélie Perret, musicienne.

Le Corbusier descend d'une lignée d'industriels horlogers suisses, venant de Bruxelles et du Brabant wallon en Belgique, d'origine albigeoise. Pour l'historien d'art Wayne R. Dynes, cette légende familiale, selon laquelle les ancêtres de Jeanneret seraient issus de la secte médiévale des Albigeois, implantée dans le sud-ouest de la France et ayant subi d'intenses persécutions de la part de la majorité catholique jette un éclairage singulier sur les édifices religieux de Le Corbusier, étant donné que toutes ses structures religieuses importantes ont été créées pour l'Église catholique romaine.

Il adopte le pseudonyme Le Corbusier pour ses travaux architecturaux vers 1920 et pour ses peintures vers 1930.

Le patronyme du wallon « Le Corbésier » (nom de métier) se retrouve chez son arrière-grand-mère Caroline Le Corbésier (en wallon le corbésier est celui qui fabrique des chaussures délicates en cuir de Cordoue pour femmes et enfants ou encore cordonnier(Corbusier peut aussi signifier marchand de corbeilles).

1900-1916 : formation et premières réalisations

Son père, Georges-Edouard (chef d'une petite entreprise spécialisée dans une filière spécifique de l'industrie horlogère jurassienne, en particulier la confection de montres et des boîtiers qui les protègent), comme son grand-père paternel, sont de modestes émailleurs de cadrans de montre, la carrière de Charles-Édouard étant vouée au décor de ces boîtiers. Sa mère est une pianiste qui enseigne cet instrument. Son frère Albert, plus âgé d'un an, violoniste surdoué, devient compositeur et professeur de musique. L'historien de l'art et de la musique Peter Bienz analyse le rôle essentiel de cette culture musicale dans l'enfance de Charles-Édouard et son influence dans la conscience artistique du futur Le Corbusier.

Dès 1891, Charles-Édouard doit fréquenter une « école particulière », ou jardin d'enfants, qui suit la méthode Froebel, et cela pour de nombreuses années car l'école primaire dans le canton de Neuchâtel était elle aussi froebelienne. C'est une méthode pédagogique enfantine pouvant être vue comme étant « hyper » géométrique. Pourtant l'architecte n'en parlera jamais ouvertement au cours de sa vie.

En 1900 Charles-Édouard entame une formation de graveur-ciseleur à l'école d'art de La Chaux-de-Fonds dans le canton de Neuchâtel en Suisse, suivant les traces de son père. L'élève-artisan réalise sa première gravure sur un boitier de montre — conservé au musée des Beaux-arts de La Chaux-de-Fonds — à quinze ans, obtenant une première récompense à l'exposition des arts décoratifs de Turin en 1902. Mais l'évolution catastrophique de sa vue — il ne voit que d'un œil — et un artisanat en crise dont Charles-Edouard déteste la répétitivité et le manque de créativité (son professeur de dessin, directeur de cette école, Charles L'Eplattenier est d'ailleurs conscient que la formation traditionnelle de l'artisan-artiste est remise en cause par la production industrielle des montres, la concurrence étrangère et la mode des montres-bracelets destinée à supplanter la fabrication de montres de gousset) ne lui permettent plus d'envisager la poursuite de cette formation, encore moins d'espérer faire carrière. Charles-Édouard désire devenir artiste peintre. Charles L'Eplattenier, émule de l'Art nouveau en France, l'accueille dans son cours de dessin d'art, mais, ne percevant pas son talent, le dirige vers l'architecture et la décoration en 1904. Il l'invite avec deux autres élèves à participer à la réalisation d'une maison sous l'égide de l'architecte Chapallaz, en particulier la décoration de sa première villa à l'âge de dix-sept ans. Dans cette villa Fallet, il exprime un courant architectural régionaliste jurassien, le style sapin, en reprenant le stéréotype du chalet, avec des traits classiques comme le fronton, et des détails qui préfigurent son futur style, notamment la simplicité des ornements qui reprennent des formes naturelles mais les ramènent à une stricte synthèse géométrique.

L'argent de son travail à la Villa Fallet en poche, il quitte l'école sans prévenir ses parents, jugeant l'enseignement trop académique. À partir de 1907, il réalise de grands voyages d'étude à travers l'Europe. Comme pour presque tous ceux qui font le Grand Tour, sa première étape est l'Italie du nord, guidé par les ouvrages de mentors tels que John Ruskin dans des textes traduits en français qui lui apprennent à « voir » l'art, en particulier les églises italiennes du Trecento qui même dans une vision protestante imprégnée de gothique aident Jeanneret à réconcilier ses origines avec l'art catholique, Eugène Viollet-le-Duc qui met l'accent sur la structure gothique comme une réponse technologique avancée, dont un écho se retrouve dans le rationalisme architectural ultérieur de Jeanneret et L'Eplattenier proche du mouvement Arts and Crafts et ses racines vernaculaires médiévales. Ses voyages le mènent à Vienne, Budapest, Ravenne, et surtout près de Florence au monastère de Val d'Ema qui lui donne une vision durable de l'architecture comme réconciliation entre l'individu et la collectivité.

En 1909, il visite Paris et rencontre Eugène Grasset, architecte spécialiste de la décoration dont le livre constitue la base de sa formation d'architecte-décorateur. À cette période, Jeanneret est encore obsédé par les surfaces et la décoration (mosaïques, façades, détails polychromes). Sur les conseils d'Eugène Grasset, il apprend les premiers rudiments du dessin technique concernant l'architecture en béton armé, en travaillant quelques mois à Paris comme dessinateur chez les frères Perret, industriels du bâtiment spécialisés dans des constructions techniques en France et qui lui font découvrir le béton armé. Il rencontre le dernier fils de la fratrie, qui est l'architecte de la maison par nécessité, Auguste Perret. Son travail à Paris avec Auguste Perret l'oriente vers la logique structurelle et l'éloigne de l'ornementation, jetant ainsi les bases de « Le Corbusier ». En 1910, en tant que jeune professeur il est chargé par son école d'art d'une mission d'étude sur l'évolution des rapports entre industrie et arts du bâtiment en Allemagne. Au terme des rencontres et des colloques prévus, il gagne Berlin et se fait embaucher quelques mois comme dessinateur dans la grande agence dirigée par Peter Behrens. Il est un simple collègue, parmi d'autres dessinateurs ou architectes novices embauchés, de Ludwig Mies Van Der Rohe et Walter Gropius, il entend parler des théories d'Adolf Loos.

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