Ce Jour-là

Lazare de Béthanie

Personnage du Nouveau Testament

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Lazare — en hébreu : אלעזר (El'azar), « Dieu a aidé » ; en grec ancien : Λάζαρος (Lázaros) ; en arabe:لعازر (Lazare) — est un personnage de l'entourage de Jésus, apparaissant dans le Nouveau Testament, et devenu protagoniste de légendes orientales et occidentales du début de l'ère chrétienne. Il est essentiellement connu par un récit de l'Évangile selon Jean (chapitre 11) : Lazare, mort depuis quatre jours et enseveli dans un sépulcre, sort vivant de la tombe sur l'ordre de Jésus.

Le nom de Lazare vient du nom hébreu אֶלְעָזָר (Elʿazar, « Dieu a aidé »). Les porteurs de ce nom sont Éléazar, le troisième fils d'Aaron (Exode 6:23) et le fils d'Abinadab (1 Samuel 7:1). Le nom hébreu apparaît également dans la Torah sous la forme אֱלִיעֶ֑זֶר (Eliʿezer, « Mon Dieu a aidé »). C'est le nom du serviteur d'Abraham, qui, en cas d'absence d'enfant, doit en hériter (Genèse 15:2).

Dans l'Évangile selon Jean, Lazare est un ami de Jésus, frère de Marthe et de Marie de Béthanie. Tous trois vivent à Béthanie, un village sur le versant oriental du mont des Oliviers.

Après avoir appris la maladie de Lazare, Jésus s'attarde deux jours dans le nord d'Israël, près de la mer de Galilée, puis se rend à Béthanie (Jn 11:18). Lazare est mort entre-temps et, à l'arrivée de Jésus, il est déjà enseveli dans une grotte depuis quatre jours. Jésus fait rouler la pierre du tombeau. À l'appel de Jésus : « Lazare, sors ! » celui-ci, encore enveloppé de bandelettes, sort vivant du tombeau (Jn 11:41-44).

Cette scène de résurrection se situe au début de la Passion du Christ dans l'Évangile selon Jean et apparaît donc comme un signe précurseur de la résurrection de Jésus lui-même (Jn 11:47).

Après la résurrection de Lazare, les principaux sacrificateurs Caïphe et Anân cherchent à le faire mourir à nouveau (Jn 12. 10).

Plusieurs commentateurs perçoivent un lien avec la parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare de Luc 16.

Dans l'Évangile selon Jean, chapitre 11, versets 1 à 44 :

« Il y avait un homme malade, Lazare, de Béthanie, village de Marie et de Marthe, sa sœur. C'était cette Marie qui oignit de parfum le Seigneur et qui lui essuya les pieds avec ses cheveux, et c'était son frère Lazare qui était malade. Les sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade ». Après avoir entendu cela, Jésus dit : « cette maladie ne mènera point à la mort ; mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle ». Or, Jésus aimait Marthe, et sa sœur, et Lazare. Lors donc qu'il eut appris que Lazare était malade, il resta deux jours encore dans le lieu où il était, et il dit ensuite aux disciples : « Retournons en Judée ». Les disciples lui dirent : « Rabbi, les Juifs tout récemment cherchaient à te lapider, et tu retournes en Judée ! » Jésus répondit : « n'y a-t-il pas douze heures au jour ? Si quelqu'un marche pendant le jour, il ne bronche point, parce qu'il voit la lumière de ce monde ; mais, si quelqu'un marche pendant la nuit, il bronche, parce que la lumière n'est pas en lui ». Après ces paroles, il leur dit : « Lazare, notre ami, dort ; mais je vais le réveiller ». Les disciples lui dirent : « Seigneur, s'il dort, il sera guéri ». Jésus avait parlé de sa mort, mais ils crurent qu'il parlait de l'assoupissement du sommeil. Alors Jésus leur dit ouvertement : « Lazare est mort. Et, à cause de vous, afin que vous croyiez, je me réjouis de ce que je n'étais pas là. Mais allons vers lui ». Sur quoi Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples : Allons aussi, afin de mourir avec lui. Jésus, étant arrivé, trouva que Lazare était déjà depuis quatre jours dans le sépulcre. Et, comme Béthanie était près de Jérusalem, à quinze stades environ, beaucoup de Juifs étaient venus vers Marthe et Marie, pour les consoler de la mort de leur frère. Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie se tenait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais, maintenant même, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera ». Jésus lui dit : « ton frère ressuscitera. Je sais, lui répondit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. Jésus lui dit : je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? Elle lui dit : oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui devait venir dans le monde ». Ayant ainsi parlé, elle s'en alla. Puis elle appela secrètement Marie, sa sœur, et lui dit : « le maître est ici, et il te demande ». Dès que Marie eut entendu, elle se leva promptement, et alla vers lui. Car Jésus n'était pas encore entré dans le village, mais il était dans le lieu où Marthe l'avait rencontré. Les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et qui la consolaient, l'ayant vue se lever promptement et sortir, la suivirent, disant : « elle va au sépulcre, pour y pleurer ». Lorsque Marie fut arrivée là où était Jésus, et qu'elle le vit, elle tomba à ses pieds, et lui dit : « Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort ». Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut tout ému. Et il dit : « où l'avez-vous mis ? Seigneur, lui répondirent-ils, viens et vois ». Jésus pleura. Sur quoi les Juifs dirent : « Voyez comme il l'aimait ». Et quelques-uns d'entre eux dirent : « lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, ne pouvait-il pas faire aussi que cet homme ne mourût point ? » Jésus frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre. C'était une grotte, et une pierre était placée devant. Jésus dit : « ôtez la pierre ». Marthe, la sœur du mort, lui dit : « Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là ». Jésus lui dit : « ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » Ils ôtèrent donc la pierre. Et Jésus leva les yeux en haut, et dit : « Père, je te rends grâces de ce que tu m'as exaucé. Pour moi, je savais que tu m'exauces toujours ; mais j'ai parlé à cause de la foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé ». Ayant dit cela, il cria d'une voix forte : « Lazare, sors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandes, et le visage enveloppé d'un linge. Jésus leur dit : « déliez-le, et laissez-le aller ». »

L'exégèse historico-critique moderne s'attache à établir de quelle façon la narration johannique de la résurrection de Lazare et de l’onction des pieds de Jésus par Marie de Béthanie (Jean 11:1-12 ; 11,17) a pu être composée et quelles sont ses relations avec les Évangiles synoptiques (Marc, Matthieu et Luc), qui lui sont antérieurs. L’auteur de Jean semble avoir emprunté plusieurs éléments à différentes histoires – sans rapport à l’origine – pour les combiner en un seul récit. Il s’agit notamment de l’onction de la tête de Jésus par la femme anonyme à Béthanie (Marc 14, Matthieu 26), de l’onction et de l’essuyage des pieds de Jésus en Galilée par la pécheresse (Luc 7) ; ces deux premiers peuvent avoir une origine commune, le récit de Luc étant probablement dérivé de Marc. Il s'agit également de la visite de Jésus à Marthe et Marie dans le village galiléen sans nom (Luc 10), de la parabole du riche et de Lazare (Luc 16 ), et peut-être d’autres qui évoquent des résurrection miraculeuses : celles de la fille de Jaïre et du fils de la veuve de Naïn. En parallèle, d’autres éléments ont été enlevés ou remplacés. Par exemple, Simon le Lépreux/Simon le Pharisien a été remplacé par Lazare dans le rôle de l'hôte de la fête donnée en l’honneur de Jésus, et la ville de Béthanie en Judée a été choisie pour cadre, tandis que l'essentiel du récit de Jean correspond à des traditions que les synoptiques ont situées en Galilée. En particulier, les deux premiers versets de Jean 11 suggèrent l'effort d’un rédacteur ultérieur pour souligner un lien entre ces histoires alors qu'il ne se trouve pas dans les manuscrits anciens des évangiles canoniques.

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