Lavr Gueorguievitch Kornilov (en russe : Лавр Георгиевич Корнилов), né le 18 août 1870 (30 août dans le calendrier grégorien) à Oust-Kamenogorsk (Kazakhstan) et mort le 13 avril 1918 à Ekaterinodar (Russie), est un général russe d'origine cosaque.
Promu général en 1916, il devient commandant en chef de l'armée russe en juillet 1917, alors que la Russie devenue une république (révolution de Février) est dirigée par le socialiste révolutionnaire Alexandre Kerenski. Considérant que le pays et l'armée sont en marche vers le chaos, Kornilov lance le 27 août 1917 un corps de cavalerie pour prendre le contrôle de Petrograd. Mais Kerenski réussit à redresser la situation avec l'appui du soviet de Petrograd (bolchevique) et Kornilov est arrêté.
Lorsque les bolcheviks s'emparent du pouvoir lors de la révolution d'Octobre, Kornilov s'évade et rejoint le général AlekseIev à Novotcherkassk (près de Rostov), où ils créent l'Armée des volontaires, une des premières armées blanches. Kornilov meurt en avril 1918 durant la première campagne du Kouban, menée contre l'Armée rouge de Trotski.
Origines familiales et formation
Kornilov est un cosaque originaire du Kazakhstan ; son père étant officier de carrière dans l’armée impériale russe, il poursuit donc ses études au corps des cadets d'Omsk.
Carrière initiale : explorations en Asie centrale (1890-1904)
Entre 1890 et 1904, il mène plusieurs missions d’exploration au Turkestan oriental, en Afghanistan et en Perse. Il apprend alors plusieurs langues d’Asie centrale.
Durant la guerre russo-japonaise (1904-1905)
En juin 1904, le lieutenant-colonel Kornilov est nommé à l’état-major général de Saint-Pétersbourg mais obtient rapidement sa mutation dans l’armée d’active. De septembre 1904 à décembre 1905 il sert en tant qu’officier (par la suite chef) d’état-major de la 1re brigade de fusiliers. Son baptême du feu a lieu lors de la bataille de Sandepu. En février 1905 il couvre avec sa brigade la retraite des troupes russes de Moukden.
Encerclé par les Japonais dans le village de Vazye, Kornilov parvint par une attaque à la baïonnette à percer les lignes ennemies et à rejoindre en ordre, avec blessés et étendards, l’armée russe.
Il reçoit pour ses actions l’ordre de Saint-Georges, une arme de Saint-Georges, ainsi que le grade de colonel.
Il sert ensuite en Chine de 1907 à 1911.
Durant la Première Guerre mondiale
Au commencement de la Première Guerre mondiale, il est général-major dans la 8e armée en Galicie sous les ordres d'Alexeï Broussilov.
Dans ses mémoires, Broussilov le décrit comme fougueux et indiscipliné, notamment en novembre 1914, où une action intempestive de Kornilov conduit à la perte de 2 000 prisonniers et d'un matériel important face à une division de honveds austro-hongroise, soit le démantèlement d'une grosse partie de sa division. Il n'évite des sanctions importantes que sur intervention de son chef direct, le général Tsourikov, qui plaide sa cause auprès de Broussilov.
Rattaché à la IIIe armée, sa division est encerclée par les Austro-Hongrois qui le font prisonnier en avril 1915.
S'évadant en juillet 1916, il est promu général d’infanterie, rejoint la 8e armée et participe à l'offensive Broussilov.
Après la révolution de février 1917