Ce Jour-là

Laurent Joffrin

Journaliste français

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Laurent Mouchard, dit Laurent Joffrin, est un journaliste, patron de presse et homme politique français, né le 30 juin 1952 à Vincennes.

Il collabore notamment à l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur, dont il a été directeur de la rédaction de mars 2011 à mars 2014, puis directeur de la rédaction et de la publication du quotidien Libération de juillet 2014 à juillet 2020.

Classé au centre gauche, il se lance ensuite en politique en 2020 en créant le mouvement « Les Engagé.e.s ».

Laurent André Marie Paul Mouchard est le fils de Jean-Pierre Mouchard — éditeur de beaux livres, directeur et propriétaire des éditions François Beauval et des éditions Crémille & Famot, devenu homme d'affaires puis gestionnaire de fortune — et de Chantal Michelet, parente d'Edmond Michelet, morte par suicide trois ans après la naissance de son fils. Jean-Pierre Mouchard, proche de Jean-Marie Le Pen, a longtemps contribué au financement du Front national.

L'épouse de Laurent Joffrin, Sylvie Delassus, fille d'un vétérinaire de Villedieu-les-Poêles, est éditrice chez Stock depuis 2013 (précédemment chez Robert Laffont). Ils sont les parents de la journaliste Pauline Delassus.

Il est élève à Paris au collège Stanislas.

Diplômé de l’Institut d'études politiques de Paris (1974, section Eco.Fin.) et licencié en sciences économiques, il milite aux Jeunesses socialistes, alors sous le contrôle du CERES. Membre du courant de Jean-Pierre Chevènement, il siège à la direction des MJS dans l'équipe de Jean-Marie Pernot. Il constitue le club Socialisme et Université avec des étudiants du CERES comme Denis Olivennes et ses amis du groupe ES du Panthéon (Patrick Weil, Éric Dupin, etc.).

Membre du comité de rédaction de son organe, Le Crayon entre les dents (janvier 1976 - novembre 1978), il publie alors des articles sous le pseudonyme de Laurent André (ses deux prénoms) ou de Paul Helleme (pour les initiales LM). C'est sous ce dernier qu'il écrit en novembre 1976 un article sur la presse et la politique (« La droite, la presse, le PS ») qui paraît aussi dans Presse Actualité (le journal du milieu journalistique) et comprend une analyse critique du Nouvel Observateur et de ses relations ambivalentes avec le PS. Cet article soulève l'indignation de Philippe Viannay, à la fois administrateur du Nouvel Observateur et vice-président du Centre de formation des journalistes (CFJ).

Diplômé du CFJ en 1977, il entre à l'Agence France-Presse, et choisit son nom de plume en référence à l'homme politique Jules Joffrin (1846-1890), député de la Seine.

Il quitte pour participer à la création d'un nouveau quotidien, Forum international.

En 1981, il intègre la rédaction de Libération. À l'origine du service économique avec Pierre Briançon, il incarne l'aile « moderniste » du journal. Il a ensuite dirigé le service Société avant de devenir éditorialiste et responsable de la page Rebonds, avec Serge Daney, Gérard Dupuy et Alexandre Adler.

En 1984, alors jeune journaliste économique à Libération, il participe à un documentaire fiction économique intitulé Vive la crise ! diffusé sur Antenne 2 et présenté par Yves Montand, émission inspirée par Alain Minc et coproduite par la jeune fondation Saint-Simon dont Joffrin est alors également membre. Dans le numéro spécial du journal qui, daté du 2 février 1984, accompagne l'émission et qu'il dirige avec Jean-Claude Guillebaud, Laurent Joffrin signe un éditorial titré « La pédagogie de la gaffe » et qui débute en expliquant : « Il y a un néo-réalisme français. En dix ans de crise, on a essayé de par le monde toutes les médications possibles. Aucune n'a réussi. Très longtemps pourtant les Français ont refusé de voir la crise en face ». L'expérience lui vaut des critiques en interne car « les trois-quarts de l’émission apparaissait tout de même comme une apologie du capitalisme ». En outre, l’un de ses articles est consacré à Philippe de Villiers, qu'il présente comme entrepreneur modèle et un exemple de la modernité, un portrait que Joffrin qualifie lui-même rétrospectivement de « désastre journalistique absolu ».

En 1988, c'est à Laurent Joffrin, journaliste de tendance sociale-démocrate, que Claude Perdriel fait appel pour succéder à Franz-Olivier Giesbert à la tête de la rédaction du Nouvel Observateur. En 1994, il participe au programme Young Leaders organisé par la French-American Foundation-France.

Il fait plusieurs passages de Libération au Nouvel Observateur : en 1996, il revient à Libération comme directeur de la rédaction, jusqu'en 1999 quand il est appelé par Claude Perdriel pour reprendre la direction du Nouvel Observateur. Le 20 novembre 2006, il est nommé directeur de publication de Libération dans le cadre du plan de relance du journal proposé par ses actionnaires, dont Édouard de Rothschild, actionnaire de référence. Le journal est recapitalisé, avec l'entrée au capital de Carlo Caracciolo, fondateur de La Repubblica et son déficit est réduit. À partir de 2009, il codirige le journal avec Nathalie Collin. Le journal retrouve l'équilibre puis les profits en 2009, et 2010. Le 1er mars 2011, il quitte Libération et prend pour la troisième fois la tête de la rédaction du Nouvel Observateur, en plus de cette fonction, il codirige Le Nouvel Observateur à nouveau avec Nathalie Collin qui le rejoint courant 2011, ils succèdent à Denis Olivennes, parti à Europe 1.

À la suite du désengagement partiel de Claude Perdriel et de l'entrée au capital du Nouvel Observateur de trois nouveaux actionnaires majoritaires, Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse en décembre 2013, il publie un éditorial faisant le point sur la situation. Étant confronté à une baisse des ventes du Nouvel Observateur, « parfois critiqué en interne » et en désaccord avec les nouveaux actionnaires du titre — selon Le Point —, il démissionne du journal en mars 2014 tout en restant éditorialiste. Sa démission ainsi que celle de Nathalie Collin est actée par un communiqué officiel du journal.

Journalisme en presse écrite et à la television (2014-présent)

Le 12 juin 2014, Laurent Joffrin revient à nouveau à Libé, cette fois en tant que directeur de la rédaction. Il y restera encore six ans, jusqu'en juillet 2020, avant de quitter le journal pour se lancer en politique. À son départ, la Société des journalistes et des personnels de Libération fait savoir qu'elle ne souhaite pas que Laurent Joffrin soit membre du conseil d’administration du futur fonds qui chapeautera le journal.

Laurent Joffrin est non seulement actif dans la presse et l'édition, mais il est également présent régulièrement dans des médias tels que la radio ou la télévision. Il participe en 1984 à la réalisation de l'émission Vive la Crise !, produite par Pascale Breugnot, écrite par Jean-Claude Guillebaud et présentée par Yves Montand. Il a débattu à France Inter avec Philippe Tesson au sein de Feux croisés, rendez-vous hebdomadaire animé par le journaliste Bertrand Vannier le samedi à 8h15 en 1995-1996, puis producteur, responsable de l'émission culturelle Diagonales. Il anime Les détectives de l'Histoire sur France 5, une émission d'enquête sur des faits marquants de l'histoire récente. À la radio, le rédacteur en chef de Libération intervient régulièrement sur l'actualité politique, notamment sur l'antenne de France Info où il débat à 8 h 50 le lundi et le jeudi avec Sylvie Pierre-Brossolette du Point qui a pris la suite de Nicolas Beytout du Figaro depuis la campagne électorale de 2007. Il est invité de l'émission quotidienne C dans l'air sur la chaîne publique France 5 et dans la matinale quotidienne de Pascal Praud L'heure des pros sur Cnews, où ils se contredisent régulièrement.

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