Laurent Boutonnat est un producteur, auteur-compositeur et réalisateur français, né le 14 juin 1961 à Paris.
Son père, Pierre-Louis Boutonnat, né à Saint-Louis au Sénégal le 4 février 1935, a été tour à tour dirigeant d'entreprises, puis d'organisations comme la Croix-Rouge et le WWF. Il a été décoré de la Légion d'honneur, de l'ordre national du Mérite et figure dans le Who's Who.
Le 16 juin 1960, il a épousé Marielle Brunhes, fille de Julien Brunhes, qui a été présidente de l'association Europe-Passion, conseillère au ministère des Affaires sociales au « programme d'éducation à la vie », et secrétaire générale du Conseil supérieur de l'information sexuelle, de la régulation des naissances et de l’éducation familiale. Elle a publié quelques articles, dont « Adolescence, corps et sexualité » dans la revue Humœurs, des gens et des mœurs en juillet 1994 (revue des années 1994-1996, bâtie autour du combat pour le Pacs), ou encore dans le journal trimestriel Chrétiens & Sida en octobre 1992 : « Et la tendresse bordel ! ».
Laurent Boutonnat suit une éducation religieuse chez les jésuites. Passionné dès son enfance par la musique et le cinéma, il apprend à jouer très tôt du piano et réalise ses premiers courts-métrages à l'âge de dix ans.
Il est le frère de Dominique Boutonnat, devenu producteur de cinéma puis, en 2019, président du Centre national du cinéma et de l'image animée et a également trois sœurs[réf. nécessaire] dont Stéphanie Boutonnat travaillant pour Radio France et depuis 2020 au sein de l'équipe de programmation de la matinale de l'émission Le Sept neuf.
A l'automne 2013, alors qu'il est en couple avec Ilona Orel, ancienne mannequin russe, il devient père d'une fille nommé Angelina.
Il réalise son premier long métrage, La Ballade de la féconductrice, à la fin des années 1970. Ce film fantastique comportant des scènes d’une extrême violence, ne sera diffusé que deux semaines dans une salle parisienne. Interdit aux moins de 18 ans — son auteur n’en a alors que dix-sept — il est néanmoins projeté au marché du film de Cannes.
Débuts musicaux avec Mylène Farmer (1984-1986)
À 20 ans, il compose avec Jérôme Dahan la musique de Maman a tort et cherche une chanteuse pour l’interpréter. Il pense d’abord à Lio, mais le projet n’aboutit pas. Ensuite, il repère une jeune fille d’une quinzaine d’années mais y aurait finalement renoncé pour des raisons juridiques. Lors d’un casting, il tombe sous le charme d’une comédienne en herbe, séduit immédiatement par son « air psychotique ». « C’était elle. On ne l’avait pas encore entendue chanter mais je savais que c’était elle ». Mylène Farmer sort alors son premier 45 tours en mars 1984. La chanson bénéficie d’un vidéo-clip tourné pour la modique somme de 5 000 FRF. Depuis lors, le tandem Farmer-Boutonnat est inséparable.
Suite au succès de ce premier single, Laurent Boutonnat écrit et compose la majorité des chansons du premier album de la chanteuse, Cendres de lune, paru en 1986. Le second extrait, Plus grandir, participe à la construction de l'image de la chanteuse grâce aux vidéo-clips, que Laurent Boutonnat réalise désormais en 35 mm, sous forme de courts-métrages, avec générique et avant-première.
Consécration avec Mylène Farmer, succès et vidéo-clips (1987-1993)
La consécration n’intervient réellement qu’en 1986 avec le troisième extrait de Cendres de lune, Libertine et son vidéo-clip inspiré de Barry Lyndon, succès confirmé par le single suivant, Tristana dont le clip est nommé aux Victoires de la musique. Laurent Boutonnat crée la société Toutankhamon SA.
Au printemps 1988, sort l’album Ainsi soit je..., entièrement composé par Boutonnat qui laisse désormais l’écriture à Mylène Farmer. L'album est un triomphe (1 800 000 ventes). Laurent Boutonnat tourne les clips de Sans contrefaçon (avec Zouc), Ainsi soit je..., Pourvu qu’elles soient douces (Libertine II), qui sera le plus long vidéo-clip scénarisé français : dix-sept minutes. Suivent Sans logique et À quoi je sers, qui entérinent le personnage de la chanteuse. Laurent Boutonnat met également en scène la première tournée de Farmer en 1989, et réalise le film En concert, toujours en 35 mm, qui sort l'année suivante.
En 1991, il compose les musiques de L'Autre..., le troisième album de Mylène Farmer, et réalise les clips de Désenchantée, Regrets, Je t'aime mélancolie et Beyond My Control. Désenchantée connaît un énorme succès, et permettra à l'album de dépasser les deux millions de disques vendus. Elle a également été la chanson française la plus diffusée dans le monde en 2004 selon la SACEM.
Le vidéo-clip de Beyond My Control (1992), censuré pour son contenu trop explicite, est le dernier réalisé par Laurent Boutonnat pour Mylène Farmer jusqu'en 2001.
En 1994, il réalise son rêve en tournant Giorgino, avec Mylène Farmer dans le rôle principal. L'atmosphère très sombre et la durée du film (3 heures) n'attirent pas les spectateurs, qui lui préfèrent Forrest Gump, Pulp Fiction ou encore Léon. Blessé par l'échec de son film, le réalisateur en rachète les droits et en empêchera toute diffusion. Il finira cependant par céder à la pression d'un public fidèle à son univers (des pétitions pour la sortie du film circulaient sur Internet) et, fortifié par le succès de Jacquou le Croquant, décidera d'éditer Giorgino en DVD, treize ans après sa sortie en salles. Le film bénéficie depuis le 27 novembre 2024 d’un blu-ray en version restaurée 4K
Retour musical et nouvelles collaborations artistiques (1995-2005)
Début 1995, il produit et compose l'album Anamorphosée de Mylène Farmer, au son plus rock. Il travaille également à la conception de la tournée qui suit, qu'il immortalise dans Live à Bercy (1996).