Laurence Parisot, née le 31 août 1959 à Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône), est une dirigeante d'entreprise française.
Présidente-directrice générale de l'institut de sondage IFOP, entre 1990 et 2007, dont elle restera vice-présidente et actionnaire majoritaire jusqu'en 2016, elle devient en 2005 présidente du Mouvement des entreprises de France (Medef), principale organisation patronale française. Après un premier mandat de cinq ans, elle est réélue à ce poste en juillet 2010 et quitte ses fonctions à la fin de ce second mandat, en 2013. Elle est vice-présidente de La Fondation droit animal, éthique et sciences de 2020 à 2025 et succède à Louis Schweitzer à la présidence de la Fondation en juin 2025.
Laurence Parisot naît dans une famille aisée. Son grand-père, Jacques Parisot, est fondateur de société et diplômé de l'école Boulle. Son père a dirigé, à la suite de son propre père, ce qui devient en 2002 le groupe Parisot, entreprise de meubles, société non cotée en Bourse, implantée à Saint-Loup-sur-Semouse et à Corbenay (Haute-Saône), à Mattaincourt (Vosges), ainsi qu'en Roumanie. Ses parents figuraient parmi les deux cents familles les plus riches de France.
Laurence Parisot suit ses études à l'Institut d'études politiques de Paris, dont elle est diplômée (section Politique économique et sociale) en 1981. Elle obtient l’année suivante un DEA d'études politiques ainsi qu'une maîtrise de droit public à l’université de Nancy II.
Collaboratrice d’Alain Lancelot, président du CEVIPOF (Centre d'études de la vie politique française) de 1983 à 1985, elle entre en 1985 à l'institut de sondages Louis-Harris. L'année suivante, elle en devient directrice générale.
En 1990, elle prend la direction de l'institut de sondages IFOP, dont elle détiendra également 75 % du capital. En 2007, elle laisse la direction pour la vice-présidence, qu'elle conservera jusqu'en novembre 2016, date à laquelle elle se désengagera définitivement de l'institut et revendra ses parts à la famille Dentressangle.
Jusqu'en 2006, Laurence Parisot a également dirigé la société d'ameublement Optimum qu'elle a cédée au fonds de pension luxembourgeois GMS.
Elle est membre du club Le Siècle ainsi que du groupe Bilderberg. Selon plusieurs sites appartenant au courant altermondialiste, Laurence Parisot aurait été invitée aux réunions du groupe Bilderberg, à Istanbul, les 31 mai – 3 juin 2007, à Washington, le 8 juin 2008 et en Grèce en 2009.
En 2002, elle entre au conseil exécutif du MEDEF.
Premier mandat de présidente (2005-2010)
À la fin de la présidence d'Ernest-Antoine Seillière, Laurence Parisot est donnée favorite pour sa succession : elle reçoit le soutien de plusieurs fédérations professionnelles du Medef comme la banque, les assurances, la santé et le bâtiment, ainsi que celui d'Ernest-Antoine Seillière.
Opposée à Yvon Jacob, Hugues-Arnaud Mayer et Francis Mer, elle est élue le 5 juillet 2005 dès le premier tour de scrutin à la majorité absolue avec 271 voix, lors de l'assemblée générale extraordinaire du MEDEF, devançant ainsi Jacob (150 voix) et Mayer (85 voix)
Après quelques déclarations iconoclastes (« La liberté de penser s'arrête là où commence le code du travail » ou « La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? »), elle a voulu apaiser le débat en déclarant vouloir prouver que « libéral ne veut pas dire antisocial ». Elle a également déclaré qu'elle voulait que sa présidence soit sous le signe de la lutte contre le chômage et placer « l'entreprise au cœur de la société française » pour en faire « le moteur de l'ascension sociale ».
Depuis son accession à la tête du mouvement patronal, Laurence Parisot s'est ainsi prononcée pour une « modernisation » du code du travail et l'abandon de la durée légale du temps de travail. Elle est également régulièrement intervenue sur la question de la fiscalité des entreprises et sur la réforme du système de retraites, soutenant la mise en place de la retraite par capitalisation. Aspirant à moderniser l’image du MEDEF, elle mène la campagne affirmant une volonté de favoriser la diversité en entreprise et de renforcer les liens entre patronat et société civile.
Second mandat de présidente (2010-2013)
Seule candidate à sa succession, Laurence Parisot est réélue par l'Assemblée générale du Medef pour un mandat de trois ans, avec 93,85 % des voix. Lors de son intronisation, la présidente du Medef met l'accent sur la « compétitivité équitable » et souligne la nécessité de réduire les déficits et développer l'entreprenariat en France.
À l’hiver 2012-2013, elle participe aux négociations avec les syndicats de salariés, qui aboutissent à un accord début 2013, portant notamment sur davantage de flexibilité du travail pour les chefs d’entreprise et une couverture sociale étendue pour les salariés.
En janvier 2013, elle se porte candidate à un troisième mandat, bien que les statuts du Medef ne le permettent pas : elle demande pour cela la saisine du comité statutaire du syndicat patronal pour étudier une réforme de ces statuts visant à harmoniser la durée des mandats à la tête de l'organisation, deux mandats étant actuellement possibles (le premier de cinq ans, le second de trois) ; elle souhaite ainsi établir deux mandats de cinq ans, ce qui prolongerait alors, si cela devait se faire, le sien jusqu’en 2015.